L’aéroport de Zurich sort du bois

L'aéroport de Zurich va se lancer dans des projets d'expansion et de rénovation. Le hub de Swiss va ainsi construire une spectaculaire nouvelle jetée en grande partie en bois, mettant en lumière le fait qu'un aéroport peut aussi se développer sur des critères durables.
Le futur Dock A sur l'aéroport de Zurich (Image générée par BUCHAREST STUDIO)

Approche durable et amélioration du confort des passagers. C’est ainsi qu’est conçue la future jetée A de l’aéroport de Zurich. Elle va remplacer à terme l’actuel « Dock A ». Ce dernier, construit il y a 35 ans en même temps que la tour de contrôle, arrive en fin de vie selon les autorités. La jetée A accueille toujours la plus grande partie du trafic passagers. En 2019, on y recensait plus de 100 mouvements d’avion par jour et 6,86 millions de passagers au départ. Ce qui correspondait à près de 44% de tous les mouvements de passagers à Zurich.

Comme il sera donc impossible de la démolir sans fortement perturber le trafic de l’aéroport, les autorités se sont décidées à construire une jetée parallèle, au nord de l’actuel Dock A. Avant donc de le faire disparaître.

Le bois, élément d’architecture principal du futur Dock A

Ce qui sera totalement révolutionnaire est la construction même de cette infrastructure. Le nouveau Dock A sera bâti en grande partie en bois durable – en provenance de forêts voisines. Le bois reste un matériau exceptionnel pour la construction d’une aérogare. En Europe, seul l’aéroport d’Oslo Gardermoen a fait un usage massif du bois dans le design de son aérogare et de ses jetées, dont une totalement recouverte de panels de chêne. En Asie, on trouve à ce jour comme unique exemple la nouvelle aérogare de Cebu-Mactan aux Philippines, inaugurée en 2019.

A Zurich, la structure du Dock A sera rythmée par des arceaux et colonnes en bois. Les passagers bénéficieront d’une jetée quasi transparente offrant des vues imprenables sur  l’aire de trafic. Toujours dans un souci de réduction des émissions de CO2 sur l’aéroport, la totalité de la surface du toit du nouveau dock et de la base du dock sera utilisée pour des panneaux photovoltaïques, couvrant environ deux tiers des besoins annuels en électricité du dock. La jetée accueillera du trafic Schengen et non-Schengen. Elle permettra un accès direct à 22 avions au contact – contre 17 actuellement.

Le futur Dock A intégrera également la nouvelle tour de contrôle, situé au dessus d’un Atrium, aux allures de centre commercial chic avec ses boutiques, restaurants et ses espaces de repos.

L’Atrium (Image générée par IMIGO)

Du confort plutôt que des capacités supplémentaires

En revanche, il semble bien que la nouvelle structure n’augmentera pas de manière significative la capacité totale de l’aérogare, estimée autour des 40 millions de passagers annuels. L’évolution du trafic depuis la pandémie de Covid laisse de fait une marge de manœuvre importante aux autorités.

Zurich a vu en effet son trafic décliner de façon spectaculaire entre 2019 et 2021. Il est passé de 31,5 millions de passagers avant la pandémie de Covid à 8,3 millions en 2020. Avant de remonter à 10,23 millions de passagers l’an dernier. Selon un porte-parole de l’autorité aéroportuaire, Zurich devrait accueillir cette année 20 millions de voyageurs et les chiffres de 2019 ne seraient pas atteints avant 2025.

Selon les prévisions de trafic, le nombre de passagers augmentera ensuite d’environ 2% par an, sous réserve de développements ou d’événements extraordinaires.

L’intérieur de la jetée ((Image générée par BIG)

Un signe qui montre que l’aéroport de Zurich, dont les capacités sont fortement contrôlées par les autorités cantonales et les communes environnantes, se positionne comme un « hub de niche » plutôt qu’un mega-hub majeur en Europe.

Il faudra cependant du temps à la future nouvelle jetée pour voir le jour. Les différentes phases de planification viennent de débuter. On peut compter sur des oppositions des communautés environnantes pour ralentir le projet. C’est pour cela que les autorités aéroportuaires tablent seulement sur 2030 pour la construction de cette infrastructure de 701 millions d’euros.