Des hubs d’envergure internationale aux plateformes plus modestes, la dynamique engagée au sein des aéroports français en matière de décarbonation mobilise largement les acteurs de la filière. Au point que les instances internationales saluent aujourd’hui le rôle exemplaire des aéroports français, comme ce fut le cas lors du quatrième congrès annuel des aéroports français & francophones. L’événement organisé par l’Union des aéroports français & francophones associés (UAF & FA) a donné l’occasion aux représentants de l’ACI Europe de souligner la place prépondérante conquise par les aéroports français. « L’ampleur de l’engagement des aéroports français dans la transformation en cours de notre industrie est énorme », se félicite Olivier Jankovec. Le Directeur Général de l’ACI Europe poursuit : « 63 aéroports (et ce n’est pas fini!) réduisent maintenant leurs émissions de CO2 et beaucoup travaillent avec leurs partenaires de l’écosystème aéroportuaire pour enclencher également les réductions de CO2 des autres acteurs de la plateforme. Je tiens à féliciter toutes les équipes aéroportuaires qui travaillent d’arrache-pied pour réduire leurs émissions tout en fournissant la connectivité indispensable aux villes et régions françaises ».
Ces efforts s’inscrivent dans le cadre de l’Airport Carbon Accreditation, la norme internationale relative à la gestion carbone des aéroports. Une norme qui regroupe pas moins de 86 pays, parmi lesquels la France regroupe – et de loin – le plus grand nombre d’aéroports engagés. « Les 63 aéroports français qui s’attaquent actuellement activement à leurs émissions de CO2 dans le cadre de l’Airport Carbon Accreditation représentent près de 30 % du nombre total d’aéroports accrédités en Europe (219) et 15 % à l’échelle mondiale (425) » soulignent les responsables du projet, qui ajoutent : « Ces chiffres en disent long sur la détermination de la communauté aéroportuaire française à traiter les externalités négatives des opérations aéroportuaires ».
Une communauté aéroportuaire qui s’entend au sens large, dans le sens où les petites plateformes ne sont pas laissées sur le bord de la piste. C’est d’ailleurs dans cette optique qu’avait été pensé le projet Engagement des Aéroports pour la Sobriété Energétique et l’Environnement (EASEE). Le programme, qui s’appuie notamment sur le mécanisme public incarné par le dispositif Certificats d’Economies d’Energie, visait à « permettre aux petits aéroports en France de surmonter les obstacles à leur engagement dans l’action climatique », en partant du constat que « la gestion carbone dans les aéroports nécessitait des ressources importantes, tant financières que humaines, ce qui limitait souvent la capacité des petits aéroports à s’engager en faveur de la décarbonation ».
Cette initiative, inédite à l’échelle mondiale, est présentée par le Directeur Général de l’ACI Europe comme « un exemple à suivre ». Elle semble effectivement avoir porté ses fruits. En effet, le plan EASEE a déjà aidé 36 aéroports en France à obtenir la certification Airport Carbon Accreditation, et 37 aéroports supplémentaires devraient être certifiés ou obtenir une certification supérieure dans les mois à venir. « Près de 80 aéroports français devraient, avant la fin de cette année, être accrédités dans le cadre de l’Airport Carbon Accreditation », prévoit même Thomas Juin, le Président de l’UAF. Les acteurs concernés pourront compter sur le leadership des deux plus grosses structures, qui ont déjà atteint les plus hauts niveaux de certification : le Groupe ADP (Paris-CDG et Paris Orly) au niveau 4 « Transformation » et Aéroports de la Côte d’Azur (Nice et Cannes) au niveau 4+ « Transition ». Pour autant, l’Union des Aéroports Français entend bien continuer d’accorder une attention toute particulière aux structures de taille intermédiaire. Et ce notamment en prévision des évolutions attendues dans le secteur aérien. « L’émergence des nouvelles mobilités aériennes, qu’elles soient électriques, hybrides ou hydrogène, devrait impacter le modèle économique des compagnies aériennes, d’abord sur la courte distance, et favoriser le renouveau du transport aérien régional » a ainsi souligné le président de l’UAF dans son discours de clôture. « Nous pensons que, dans la perspective de l’essor d’un transport aérien régional décarboné, le réseau aéroportuaire français dans toute sa diversité est une chance pour la France et ses territoires ».
Un programme EASEE 2 déjà en ligne de mire
Satisfait par les résultats du plan EASEE, « un formidable accélérateur pour entraîner l’ensemble de notre profession dans cette voie vertueuse de la sobriété et de l’efficacité énergétiques », Thomas Juin pense néanmoins à la prochaine étape. Celle-ci pourrait d’ailleurs intervenir dès l’année prochaine. « Il nous faut désormais nous attaquer à nos émissions de scope 3. C’est une entreprise ardue qui nécessitera des moyens importants. Sur ce point, nous espérons, si nos réflexions actuelles aboutissent, pouvoir déposer en 2023 un projet de programme EASEE 2, dans le cadre du prochain appel à projets CEE du ministère de la transition énergétique », prévoit le Président de l’UAF.