Alger : le réveil d’une belle endormie

En bordure de la Méditerranée, la belle capitale blanche de 2,7 millions d’habitants a longtemps vécu partagée entre un passé immobilier colonial et un avenir de destination d’affaires émergente. Elle commence enfin à exploiter ses atouts.

Grand port, siège des institutions administratives, politiques et économiques du pays, Alger est située à 3h de vol, grand maximum, de toutes les grandes capitales européennes, faisant de cette superbe ville érigée érigée sur les contreforts des collines du Sahel une passerelle idéale entre l’Europe et l’Afrique.

Un centre-ville en mal de rénovation

Pourtant, la ville, dont la célèbre Casbah est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, n’a pas encore réussi à planifier une rénovation urbaine d’envergure pour son centre-ville, cœur du pouvoir politique et financier. Le quartier étouffe dans un espace réduit et une congestion permanente. Vétustes, ses beaux immeubles haussmanniens sont souvent coûteux à rénover, même si une réhabilitation récente a mis en valeur les façades et les quais de la ville.

Pour le monde des affaires, le centre d’Alger tend à devenir synonyme de circulation difficile, de parkings et de locaux mal adaptés. C’est ainsi que les sociétés qui avaient longtemps plébiscité le beau quartier ancien d’Hydra en raison de la présence du World Trade Center commencent à regarder plus loin, vers des espaces plus modernes, spacieux et accessibles.

Le quartier Bab Ezzouar, l’Alger du futur

Il faut s’éloigner en direction de la périphérie pour voir vraiment émerger cet Alger du futur. Le quartier Bab Ezzouar, à l’est de la capitale, en est le symbole. Situé à proximité de l’aéroport, il a vu pousser cette année de multiples développements immobiliers.

Plusieurs sièges de sociétés, dont ceux de la Baraka Bank et du groupe de BTP Cosider, se sont installés dans de nouvelles tours flambant neuve. La tour Trust Center, qui abritera un nouvel hôtel Marriott, est en cours de finalisation, tout comme l’Oriental Business Park. Cet ensemble prestigieux, composé d’un immeuble de bureaux de 15 000 m2, d’une résidence hôtelière de 30 000 m2 et d’un centre sportif, va accueillir prochainement la société chinoise de télécommunications Huawei. L’Oriental Business Park voisinera avec un centre commercial déjà très apprécié, un nouveau Novotel en construction à côté des hôtels Ibis et Mercure, ainsi que le siège de nombreux grands noms internationaux  comme KPMG ou encore BNP-Paribas qui a inauguré à Bab Ezzouar un nouveau siège de plus de 57 millions d’euros en 2016.

Le repli conjoncturel des sociétés opérant dans les services pétroliers a eu une contrepartie très positive pour les autres entreprises en faisant chuter les prix de l’immobilier de bureaux. Même si Alger demeure la ville la plus chère du Maghreb à 30 dollars le mètre carré par mois, soit 10 dollars de plus que Casablanca.

Résultat : le monde des start-up s’étend et semble se diviser entre deux destinations. D’un côté, un incubateur très actif à Alger, le Sylabs, situé dans le centre à proximité de l’Institut français et, de l’autre, une installation sous l’égide de l’Etat à Sidi Abdelleh, à une trentaine de kilomètres à l’ouest de la capitale. Le Cyber Park accueille sur 100 hectares une trentaine d’entreprises spécialisées dans le domaine des technologies, ainsi qu’un incubateur pour accompagner les porteurs de projets.

L’immense chantier des infrastructures

Reste que les infrastructures urbaines sont encore sous-dimensionnées au regard du développement économique récent de la ville qui compte, avec sa banlieue, plus de quatre millions d’habitants et lutte quotidiennement contre la congestion automobile. Une enveloppe d’1,3 milliard de dollars a été consacrée à la réalisation d’infrastructures routières entre 2010 et 2014, et pas moins de 30 projets routiers sont en cours de réalisation.

Les travaux sont axés sur la construction de voies express pour fluidifier le trafic du Grand Alger. Deux routes principales sont privilégiées : la rocade reliant les grandes banlieues ouest et est de la capitale et la voie express Est reliant le centre d’Alger à l’aéroport Houari Boumediene.

Une priorité, d’autant que les transports en commun ne sont pas encore au rendez-vous : près de 200 000 personnes les fréquentent chaque jour, mais Alger ne compte qu’une seule ligne de tramway de 23 kilomètres et une ligne de métro qui dessert 14 stations sur 13,5 km.

Deux nouveaux tronçons sont en cours de construction. Une extension doit notamment relier l’aéroport Houari Boumediene. Un budget conséquent a également été débloqué pour l’aménagement et l’extension de 10 infrastructures portuaires le long du littoral algérois. Toute la façade côtière d’Alger est en cours d’aménagement.