
Les dirigeants du groupe Air France – KLM ont présenté jeudi les résultats annuels du groupe aérien, marqués par un retour aux bénéfices. Le résultat net (118 millions) profite d’un contexte relativement favorable, notamment en raison de la chute du prix du pétrole. Air France investira donc avec parcimonie, et proposera notamment le Wi-Fi sur son réseau long-courrier en 2017.
Certes, la chute de la facture carburant n’est pas étrangère aux résultats présentés jeudi par Alexandre de Juniac, Pdg du groupe Air France KLM. Oui, les taux de change ont pu contribuer – quoique partiellement – à tirer vers le haut certains des chiffres dévoilés devant la presse internationale. Il n’empêche : pour la première fois depuis de longues années, les dirigeants du groupe aérien avaient cette semaine dans leurs mains un bilan positif, marqué par un chiffre d’affaires de 26,1 milliards d’euros, en hausse de 4,6%, un résultat d’exploitation de 816 millions et – donc – un résultat net de 118 millions. La « discipline de capacité » décrite en préambule par Pierre-François Riolacci, docteur ès chiffres d’Air France KLM, porte ses fruits et ce malgré l’impact d’événements comme les attentats de Paris, estimé à 120 millions d’euros par le groupe aérien.
Cela ne suffit pas pour autant au bonheur des responsables d’Air France KLM, conscients à l’instar de M. Riolacci que cet environnement « plus favorable » demeure « très incertain », et que le groupe évolue dans un « marché sous pression ». « Notre position relative par rapport à nos concurrents n’a pas changé, elle, et justifie les efforts supplémentaires que nous demandons aux salariés pour combler le fossé qui nous sépare des autres compagnies », résume d’ailleurs Alexandre de Juniac qui insiste sur la nécessaire déduction des coûts. Celui qui séparait Air France de KLM semble lui largement réduit, et permet au groupe de «marcher sur ses deux jambes », selon M. Riolacci, dans la mesure où « les deux compagnies ont contribué de façon équivalente » à ce bon bilan 2015.

Fidèle à sa règle d’or, « ne pas investir un euro de plus que ce que nous générons en termes de cash flow », le groupe Air France KLM devrait néanmoins doter sa flotte long-courrier d’une connectivité Wi-Fi, en 2017. Une démarche un peu tardive, que les dirigeants du groupe expliquent à la fois par le manque de fiabilité du système expérimenté jusqu’ici, et par le manque d’appétence des voyageurs pour ce type de service. « La moitié de nos passagers nous ont demandé de ne pas installer le Wi-Fi en vol, ils appréciaient ce rare moment de déconnexion », explique ainsi Alexandre de Juniac, conscient néanmoins que « c’est le sens de l’Histoire » notamment auprès de la clientèle des voyageurs d’affaires et des jeunes passagers. Côté partenariats, rien de très nouveau : les dirigeants d’Air France KLM réaffirment leur volonté d’aller plus loin dans la collaboration avec Etihad, et estiment qu’une possible « rupture » avec Alitalia serait « une mauvaise idée » pour les deux parties. « Nous souhaitons maintenir les joint ventures d’Air France et de KLM avec Alitalia, mais si elle ne le souhaite pas, nous n’allons pas la forcer » résume simplement Alexandre de Juniac.

















