
Le titre de transport unique national est enfin sur les rails ! Patrice Vergriete, le ministre délégué aux Transports, l’a annoncé le 23 mai dernier après avoir présidé il y a un mois le premier comité de pilotage de ce projet ambitieux, signant au passage un protocole d’accord avec le Groupement des autorités responsables des transports (GART) et les Régions de France. Destiné à proposer aux voyageurs une solution de transport « de bout-en-bout » avec un seul billet en France, ce billet unique sera testé à partir de la fin d’année grâce à la participation de trois régions : la Normandie, les Pays-de-la-Loire et Centre-Val-de-Loire. Et sur un axe test bien identifié entre Caen, Le Mans et Tours fort de l’engagement de ces trois métropoles.
« Ces territoires offrent un terrain propice pour tester différents parcours utilisateurs, valider des propositions techniques, améliorer et étendre progressivement le service auprès d’usagers effectuant des déplacements interrégionaux de porte-à-porte« , explique le ministère des Transports dans un communiqué. « Un seul titre de transport valable sur tous les réseaux, voilà un objectif utile pour faciliter l’accès aux transports en commun. Cette expérimentation doit permettre d’améliorer le niveau de service ferroviaire sur nos territoires« , a pour sa part souligné Christelle Morançais, présidente de la Région Pays de la Loire.
Le challenge sera de connecter entre eux les différents systèmes billettiques régionaux et locaux afin de simplifier et fluidifier le trajets des utilisateurs. Au niveau national, la France compte en effet 712 autorités organisatrices de mobilités (AOM) et pas loin de 200 systèmes billettiques ! L’objectif de l’Etat, des collectivités territoriales et des opérateurs est d’inciter les voyageurs à utiliser cette nouvelle offre de transport bas carbone comparé à la voiture individuelle. Le ticket unique figurait ainsi parmi les 149 propositions présentées en 2020 de la Convention citoyenne pour le climat destinée à lutter contre le réchauffement climatique.
Des ministres des transports très impliqués
Une analyse fine des parcours effectués et les retours d’expérience des clients doivent permettre d’aboutir à un déploiement national attendu par l’Etat en 2025. D’autres métropoles ou régions sont d’ailleurs engagées dans la même voie à l’image de Provence-Alpes-Côte d’Azur qui prévoit d’introduire le billet unique pour les TER et les transports en autocars dans un an également. Très impliqué, Patrice Vergriete est connu pour avoir été le premier maire de France, dès 2018, à rendre gratuit son réseau de transport public, dans la communauté urbaine de Dunkerque qui représente quelque 200 000 habitants. Une mesure qui a remporté un grand succès avec 75 000 utilisateurs quotidiens aujourd’hui et une hausse de la fréquentation des bus de 150% depuis son instauration.
La paternité de ce projet de billet unique revient toutefois à son prédécesseur Clément Beaune qui, début 2023, entendait s’inspirer de l’offre développée aux Pays-Bas comme il s’était appuyé sur le modèle allemand pour le Pass Rail. Réservé aux moins de 27 ans, la commercialisation de ce dernier doit justement débuter dans les prochains jours. Pour 49€ par mois cet été, il permettra aux jeunes de voyager pour la première fois en illimité sur le réseau ferré hexagonal à l’exception notable toutefois des TGV Inoui et Ouigo, et des trains du réseau d’Ile-de-France.




















