Brexit : quels effets dans le ciel franco-britannique ?

2017 a été une année record pour le transport aérien entre la France et la Grande-Bretagne, avec l’ouverture de nouvelles lignes entre les deux pays. Est-ce le chant du cygne ou la Grande-Bretagne conserve-t-elle toujours son attrait pour les hommes d’affaires Français ?
Londres Heathrow
Le trafic aérien entre la France et la Grande-Bretagne a largement résisté à la perspective du Brexit en 2017

Le retrait programmé de la Grande-Bretagne de l’Union Européenne en mars 2019 – deux ans après avoir officiellement enclenché la procédure de sortie de l’UE – aurait pu se traduire par un ralentissement de la fréquentation sur les lignes aériennes entre la France et le Royaume-Uni. Il n’en a rien été, bien au contraire : selon les statistiques du bureau de l’aviation civile britannique, 2017 a été une année record pour le secteur aérien en Grande-Bretagne. Le trafic passagers international a progressé de 7,4% l’an dernier, soit 228,8 millions de passagers. Le seul segment Union Européenne a généré un trafic de 154,47 millions de passagers (+8% par rapport à 2016).

Entre la Grande-Bretagne et la France, le nombre total de passagers sur des lignes régulières a bondi de 7%, dépassant l’an dernier la barre des douze millions de passagers. Si l’on y ajoute le trafic passagers de Bâle-Mulhouse (comptabilisé sous le segment Suisse), on est même bien au-delà des 13 millions de passagers, le trafic à Bâle-Mulhouse (sept lignes sur la Grande-Bretagne) ayant généré 935 000 voyageurs en 2017, dont 737,000 à destination des aéroports de Londres.

En 2017, on comptait 170 lignes aériennes régulières entre une quarantaine de villes françaises et une vingtaine d’aéroports britanniques, soit plus de 1000 vols par semaine représentant en moyenne 148,000 sièges/semaine. Quasiment toutes les grandes métropoles françaises sont reliées au moins à Londres, à l’exception de Lille – mais Eurostar y pourvoie – et de Strasbourg qui n’est relié que par deux fréquences hebdomadaires assurée par la low cost Ryanair. Quant au trafic depuis et vers Londres, les lignes desservant Heathrow et Gatwick sont aussi fréquentées par des passagers en transfert sur des vols long-courrier. Selon les statistiques 2016 de l’office de tourisme de Grande Bretagne, les Français ont généré 4 millions de visites dont 850,000 pour des motifs d’affaires, soit un peu plus de 21% de part de marché.

Trafic passagers en 2016 et 2017 entre Paris et Londres

Le segment Paris-Londres reste sans surprise le premier marché aérien entre les deux pays. Il a représenté l’an dernier 2,24 millions de passagers, une progression cependant modeste de 2,1%, soutenu essentiellement par les lignes en correspondance. On constate un effondrement du trafic sur London City Airport (-66%), peut-être l’un des premiers effets Brexit avec la baisse du trafic affaires à destination de la City.

Trafic entre Paris et les aéroports régionaux britanniques en 2017

Depuis Paris, Manchester – considérée plutôt comme une destination affaires, notamment avec une forte activité MICE – est le second marché en nombre de voyageurs avec 629,000 passagers l’an dernier (+11%), suivi par Birmingham, une autre importante destination affaires en France, qui progresse de 10,2% avec 440,000 passagers au départ de CDG et d’Orly. Paris-Edimbourg (CDG et Orly) a enregistré 411,000 passagers (+10,2%). Destination touristique, Edimbourg est également fréquentée par une clientèle affaires, travaillant notamment avec le gouvernement régional écossais. En revanche, la ligne Paris-Aberdeen a perdu 14% de passagers sur un an, passant de nouveau sous la barre des 100 000 passagers annuels. Un recul lié au ralentissement de l’activité de forage en Mer du Nord.

Principales lignes aériennes en 2017 entre Londres et les régions françaises (inclus Bâle-Mulhouse)

Depuis Londres vers les régions françaises, Lyon, Toulouse, Bordeaux et Bâle/Mulhouse ont une forte activité affaires. Lyon a généré 550,000 voyageurs suivi par Toulouse avec tout juste 500,000 voyageurs aériens tandis que Bordeaux a enregistré 464,000 passagers vers les aéroports londoniens. De région à région enfin, si Nice continue d’attirer des clientèles loisirs des provinces anglaises, les lignes d’affaires les plus importantes partant de Bâle-Mulhouse vers Edimbourg et Manchester ainsi que de Lyon vers Manchester.