
Bloquée en 2023 en raison d’oppositions politiques locales liées à son impact environnemental supposé, Canua Island, la barge évènementielle de luxe, a finalement pu prendre le large à Mandelieu-la-Napoule suite à l’obtention de son permis d’armement et de navigation, après décision de justice. Inauguré le 16 mai devant un parterre de 300 invités, ce trimaran a été imaginé par Marc Audineau, ancien skippeur ayant participé aux Jeux Olympiques de 2004 à Athènes, et Tony Philip, ancien champion de planche à voile qui totalise, lui, cinq participations aux JO.
Les deux partenaires se sont inspirés pour ce projet d’un navire en bois flottant à Bali, en Indonésie. Construite ici en acier et aluminium pour un montant de 16M€ et ayant bénéficié du soutien de la Banque Publique d’Investissement (BPI), Canua Island a obtenu ses autorisations du tribunal administratif -confirmées par le Conseil d’Etat -, car le projet respecte les réglementations maritimes et ses engagements environnementaux initiaux. Soit l’utilisation à 100% de matériaux recyclables, une alimentation en biocarburant, l’absence de rejets en mer, une gestion rigoureuse des déchets ainsi que la garantie de protection de la biodiversité à travers, notamment, l’absence de lumière sous-marine.
Un trimaran dédié aux évènements d’entreprise
La première saison de Canua Island est programmée jusqu’en octobre avec une exploitation dédiée cette année exclusivement aux évènements privés et d’entreprise. Devant être positionné au mouillage à 600 mètres des côtes de la cité du mimosa, le navire d’une superficie de 1 750 m² peut accueillir jusqu’à 350 personnes. Et cela, sur deux niveaux comptant un rooftop de 480 m², un restaurant, une suite privée, un espace lounge et une piscine d’eau douce alimentée grâce à un dessalinisateur.
Les concepteurs visent plusieurs marché, « des lancements de produits aux soirées de relations publiques exclusives, des événements d’entreprise aux célébrations d’anniversaires et de mariages« . Dans le cadre d’incentives, la plage flottante permet aux invités de réaliser des activités nautiques : kayak, paddle, snorkeling et, bien sûr, baignade en mer. Présentée comme « une île artificielle », Canua Island est prévue pour être exploitée six mois par an en méditerranée. Si la plateforme n’a pas été louée dans le cadre du Festival de Cannes qui vient de s’achever, plusieurs dizaines d’évènements y seraient déjà programmés durant la saison estivale.
L’ouverture au grand public en mode « chill » autour de la piscine n’est lui pas prévu avant l’été 2025 afin d’espérer que la polémique prenne enfin le large. Des associations environnementales et 22 élus de la Riviera, le président de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur Renaud Muselier en tête, s’opposent en effet toujours à la présence en mer de cet équipement qui reste, à l’inverse, soutenu par le maire de Mandelieu-la-Napoule, commune d’où partent les navettes maritimes pour acheminer le personnel et les hôtes. Pour rappel, lors du montage du projet, la région PACA a pourtant apporté tout son soutien à ses promoteurs, garantissant même sa dette pour un montant de 800 000 euros.

















