Les capacités aériennes repartent à la baisse en Europe

Le dernier baromètre du spécialiste britannique des horaires et capacités aériennes OAG fait ce constat amer. La reprise du trafic aérien stagne, voire régresse dans certaines parties du monde. C'est ainsi le cas en Europe où l'offre en sièges à baissé entre 6% et 12% cette semaine. Le retour des fermetures des frontières et des quarantaines jettent irrémédiablement une ombre sur le développement de l'offre.

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Aéroport de Munich

-6,1% en Europe Occidentale, -12,3% pour l’Europe Centrale et Orientale : les chiffres qu’alignent le consultant OAG sont sans appel. Les capacités aériennes dans l’ensemble du monde sont en baisse, et le phénomène touche particulièrement l’Europe. Selon OAG, alors que les transporteurs aériens planifiaient un total de 59 millions de sièges pour la semaine du 31 août au 6 septembre, ce chiffre s’est établi en réalité à 58,4 millions. Plus d’un demi-million de sièges ont été retirés à la dernière minute.

En parallèle, l’Asie du Nord-Est (Chine, Corée, Japon) et l’Amérique du Nord font état d’une baisse de leurs capacités respectives de -2,6% et -3,5%. Les craintes d’une seconde vague de contamination en Asie du Nord-Est et les premiers cyclones en Amérique du Nord ont contribué à ces baisses. OAG estime qu’une reprise musclée de l’offre aérienne est largement compromise cet hiver. Le consultant britannique pense que cette offre se caractérisera par une grande volatilité de dernière minute. Un élément qui pèserait particulièrement sur la reprise des voyages d’affaires.

Le continent européen perd des couleurs

Mais c’est l’Europe aérienne qui est désormais la plus affectée et l’on peut imaginer que cette tendance négative devrait se poursuivre. La multiplication des fermetures de frontières (Danemark, Hongrie, Slovaquie) ou les nouvelles obligations de quarantaine (Allemagne, Belgique, Royaume-Uni) pèsent et pèseront largement sur la demande.

L’Europe occidentale a perdu plus de 1,2 million de sièges depuis le 3 août où les capacités avaient atteint un pic de 12,64 millions. L’Europe centrale et orientale en a perdu 425 000 depuis son pic du 17 août. La capacité en sièges cette semaine s’établissait à 11,4 millions en Europe occidentale et 2,8 millions en Europe centrale et orientale. Parmi les pays européens les plus touchés, on trouve sans surprise l’Espagne (-13%) et le Royaume-Uni (-7%). Il est probable que la Croatie, le Danemark et, avant tout, la Hongrie accuseront le coup dans les prochaines semaines.

Selon OAG, la fermeture des frontières en Europe affectent particulièrement les transporteurs low-cost. L’offre en sièges d’Easyjet est en recul de 21,3% et celle de Ryanair de 16,4% d’une semaine sur l’autre. Wizz Air vient de son côté d’annoncer le gel de toute augmentation de capacités. Le transporteur hongrois va rester sur une jauge de 60% de ses capacités par rapport à l’an dernier. Elle avait à l’origine prévu de repasser la barre des 80% d’ici la fin de l’année.

L’Amérique latine en vedette

Quelques régions défient pourtant ce déluge de nouvelles maussades. Le Sud-Est asiatique a connu une hausse de capacité d’une semaine à l’autre de 11,6%. Un résultat notamment dû à la reprise de lignes internationales sur la Malaisie et Singapour. En Inde, le gouvernement a finalement autorisé les compagnies aériennes locales à ajouter plus de vols, face à la saturation des lignes aériennes actuelles. Une décision qui se traduit par une hausse de capacité en sièges pour le sous-continent indien de 13,6%.

La réouverture par Emirates, Etihad et Qatar Airways de vols intercontinentaux se traduit aussi par un bon en sièges de 9,6% au Moyen-Orient. Mais la palme de la croissance est détenue par l’Amérique Latine. La réouverture de liaisons aériennes en Amérique Centrale permet de mettre sur le marché plus d’un million de sièges pour la première fois depuis plusieurs mois (+12,4%). Même évolution en Amérique du Sud où la hausse prévue des capacités de 52% permet à la région de retrouver plus d’un million de sièges cette semaine.

Les voix se multiplient au sein des compagnies aériennes et des hubs pour mettre au point des tests rapides à effectuer en aéroport. Un résultat négatif se traduirait alors par une quarantaine très brève, de 48 heures par exemple. Ce protocole, qui pourrait être adopté par tous les pays, permettrait alors de rétablir la confiance des voyageurs.