OAG mesure les dégâts au sein du transport aérien

L’analyste de données aériennes OAG chiffre la baisse des capacités aériennes depuis la fin janvier, qui s’accélère au fur et à mesure que les Etats ferment leurs frontières et placent leur population en quarantaine forcée. Tour d’horizon des données recueillies au 16 mars.

Hong Kong airport DR
OAG a chiffré la chute du trafic aérien liée au Covid-19

La fin de la semaine dernière a été une fois de plus dominée par les annonces des compagnies aériennes qui ont procédé tour a tour à des réductions de capacité spectaculaires et annule leurs vols à tour de bras. C’est la constatation que fait OAG, qui collecte les données des vols des compagnies aériennes du monde entier et qui explique qu’elle est forcée désormais de mettre à jour les horaires de ces transporteurs quotidiennement. L’analyste indique que ses équipes travaillent sur un marché de plus en plus évolutif avec une augmentation sans précèdent des altérations des horaires et d’un volume de plus en plus élevé de données à vérifier et à synchroniser.

Au 16 mars, OAG a ainsi constaté que 4,5 millions de sièges avaient été éliminés en l’espace d’une seule semaine. Une semaine auparavant, la hausse avait été de deux millions de sièges, mais elle s’expliquait par une hausse de trois millions de sièges sur le réseau domestique chinois – témoignant ainsi d’une normalisation en cours de l’offre et de la demande – tandis qu’Amérique du Nord et Europe perdaient un million de sièges.  Comparée à la semaine du 20 janvier – date à laquelle OAG avait commencé à suivre les fluctuations de l’offre avec la fermeture de la Chine pour faire face au COVID-19, la capacité hebdomadaire cumulée est en berne d’environ 15 % du 20 janvier. Une semaine plus tôt, elle s’établissait encore à 11%. OAG s’attend à une plongée continue et encore plus forte la semaine prochaine, l’analyste de données estimant que ne devraient plus que subsister les lignes aériennes essentielles les plus essentielles, en raison de la quarantaine à grande échelle des populations. Cette semaine en effet, on a assisté de fait au confinement strict des populations de l’ensemble de l’Union Européenne, de l’Arabie Saoudite, de la Malaisie, de la Norvège, des Philippines, de la Suisse, de Taiwan ou encore de New York entre autres

En Europe, au 16 mars et comparée à la même semaine de l’année 2019, l’Italie avait enregistré une baisse des capacités aériennes en sièges de 73,9%, suivie de l’Allemagne avec 30,2%, le Royaume-Uni en berne de 19,3%, la France de 13,7% et les Pays-Bas en chute de 8,6%.

Pays les plus touchés par la baisse de capacités en sièges

L’Asie restait le continent le plus touché avec une chute des capacités de 80,8% à Hong Kong, de 56,1% en Corée, de 38,7% en Chine, de 35,5% à Singapour et de 19,1% au Japon. Par comparaison, la capacité en sièges aux Etats-Unis n’était en baisse que de 0,5% mais c’était avant la décision du gouvernement Trump de fermer ses frontières à l’Europe.

Selon OAG, la chute des capacités atteint désormais de nouveaux pays comme les Emirats Arabes Unis ou la Turquie. L’analyste estime que la situation va perdurer au moins jusqu’au mois de mai.

Si l’on regarde uniquement la baisse des capacités entre la semaine du 16 mars et celle du 9 mars, les plus fortes chutes en Europe ont été enregistrées en Allemagne (-18,2%), Suisse (-15,4%), France (-12,1%), Espagne (-11,4%) et en Turquie (-8,2%).