Croissance solide pour les groupes hôteliers en 2024

La clientèle d'affaires et les groupes MICE ont pris leur part dans les excellentes performances présentées par les groupes hôteliers pour l'année 2024.
Que ce soit Accor, IHG, Hilton, Hyatt ou Marriott, tous ces leaders de l'hôtellerie ont connu une nouvelle année de croissance du revenu par chambre en 2024. (c) IHG
Que ce soit Accor, IHG, Hilton, Hyatt ou Marriott, tous ces leaders de l'hôtellerie ont connu une nouvelle année de croissance du revenu par chambre en 2024. (c) IHG

Une clientèle affaires revenue sensiblement aux niveaux de 2019, une accélération de la demande des groupes MICE, le tout s’ajoutant à une clientèle loisirs qui continue d’évoluer à des altitudes élevées : l’ensemble contribue à donner le sourire aux dirigeants des groupes hôteliers. Les résultats de l’année 2024, présentés en cascade ces derniers jours, montrent tous une croissance solide pour les leaders mondiaux. Marriott et Hyatt ont enregistré une progression du revenu par chambre (RevPAR) autour des + 4,5 % pour l’année écoulée. Pour IHG, cette hausse s’est élevée à +3,0% et à +2,7% pour Hilton.

Quant à Accor, les résultats du groupe français enregistrent une croissance encore supérieure, de +5,7%, au-dessus des prévisions annoncées tablant sur une progression du RevPAR entre +4% et +5%. Dans ce cadre, la division luxe et lifestyle affiche une hausse de 7,3%, contre +4,9% pour les hôtels premium, milieu de gamme et économiques. « L’hôtellerie a continué à montrer sa résilience en 2025, dans un contexte qui se normalise, a décrit Martine Gerow, directrice financière de Accor. Le revenu par chambre a été tiré à la fois par les segments loisirs et affaires. En ce qui concerne ce dernier et plus particulièrement les grands comptes, le RevPAR a atteint une croissance à deux chiffres, tirée par nos clients dans la tech et la finance« .

De son côté, le PDG du groupe français, Sébastien Bazin, tout en constatant une durée de séjour qui s’est allongée de 20 à 25% depuis la pandémie au regard des préoccupations environnementales, a souligné la difficulté de distinguer l’objectif principal des déplacements, entre loisirs ou affaires : « Le bleisure est aujourd’hui plus vrai qu’il ne l’a jamais été. Les gens ont tendance à voyager du jeudi soir au mardi matin, travaillant à distance les vendredis et lundis tout en profitant d’un long week-end.« 

A côté des méga événements sportifs, festifs ou culturels tels les Jeux Olympiques ou les concerts de Taylor Swift qui jouent un rôle de plus en plus important dans l’activité des groupes hôteliers, les voyages d’affaires individuels ont pris leur part l’an dernier. Chez Marriott, ces derniers ont connu une croissance de +3% du RevPAR à l’échelle mondiale en 2024. Soit une progression égale à celle de la clientèle loisirs. De la même manière, Hilton a aussi constaté au dernier trimestre une hausse de +3% du segment affaires, Christopher Nassetta, le PDG du groupe, l’expliquant là aussi par la poursuite de la reprise dans les grandes entreprises, « notamment chez les leaders de la tech et les grandes banques« .

Les grandes entreprises toujours à la traîne

Pour autant, si la clientèle d’affaires individuelle a sensiblement retrouvé son volume pré-pandémique, sa dynamique a évolué. A la différence des PME, qui ont redémarré plus vite, les grands groupes ont généré, au sein du groupe Marriott, un nombre de nuitées « sensiblement inférieur aux niveaux de 2019« , remarque Leeny Oberg, directrice financière du groupe Marriott, « même si certains secteurs comme la finance affichent déjà une reprise dépassant les niveaux pré-pandémiques« . Quant à l’ensemble des grandes entreprises, « la reprise progressive, constatée en 2024, devrait se poursuivre en 2025« , prévoit-elle.

Ce retour aux affaires encore incomplet se ressent dans l’activité des établissements, notamment du groupe Hilton. « Si la fréquentation de nos hôtels est globalement supérieure à 2019, nous constatons encore des disparités selon les jours avec un retard sur l’occupation du lundi au mercredi et un dépassement des niveaux pré-COVID du jeudi au dimanche« , souligne Christopher Nassetta.

Les chiffres d’IHG montrent également ce différentiel. En effet, si le RevPAR du segment Business s’est apprécié de +2% l’an dernier, ce résultat doit plus à la hausse de +3% du prix moyen qu’à la fréquentation des voyageurs d’affaires individuels, en baisse de 1 point par rapport à 2023 dans son réseau de 6600 hôtels. Mais ce résultat intègre aussi des disparités géographiques avec une baisse du segment affaires de -5% en Chine, une hausse limitée à 2% sur le continent américain, tandis que, dans le reste du monde, le revenu par chambre généré par les voyageurs d’affaires a connu une progression de +6%.

En parallèle, tous les grands groupes hôteliers s’accordent sur l’évolution très positive du MICE, participant à la croissance du segment Groupes. Avec 2 pts de fréquentation en plus et un prix moyen plus élevé de 4%, le RevPAR de ce segment a augmenté de 6% chez IHG et de 8% chez Marriott, ou encore de 3% chez Hilton. Le PDG de Hilton entrevoit l’avenir avec optimisme au regard des événements déjà prévus : « les fenêtres de réservation ont continué de s’allonger et la forte demande pour les conventions et les réunions d’entreprise a entraîné des prix plus élevés pour les périodes futures« .

L’année 2025 sur de bons rails

Car cet élan devrait se poursuivre cette année. Chez Marriott, « les revenus attendus par les groupes pour 2025 à fin 2024 étaient en augmentation de 6% pour 2025, et de 10% pour l’année suivante, sur la base d’une augmentation à la fois du nombre de nuitées et du prix moyen« , remarque son PDG, Anthony Capuano. Sa directrice financière, Leeny Oberg, voit même dans ce segment le probable leader de la hausse du RevPAR en 2025. Tablant sur une croissance tirée davantage par la hausse des prix moyens que par la fréquentation, elle envisage en parallèle une stabilité, voire une légère progression du segment loisirs, tandis que « le voyage d’affaires individuel confirmera sa robustesse dans cet environnement macroéconomique avec une hausse de quelques pour-cents« .

Pour l’année en cours, Marriott comme Hyatt s’attendent à une croissance globale du RevPAR comprise entre 2% et 4% au plan mondial, quand Hilton table de son côté sur une progression de +2% à +3%. De son côté, sans donner de chiffres précis pour l’année en cours, Accor confirme ses prévisions annoncées pour la période 2023-2027, à savoir une croissance comprise entre 3% et 4% chaque année.