Croissance stabilisée pour l’hôtellerie d’affaires européenne

A travers leur baromètre, CDS et MKG dressent le bilan d'une croissance stabilisée en 2024 pour l'hôtellerie d'affaires dans les métropoles européennes et françaises.
Paris, la ville européenne où l'hôtellerie d'affaires est globalement la plus chère en Europe. (c) Paris je t’aime
Paris, la ville européenne où l'hôtellerie d'affaires est globalement la plus chère en Europe. (c) Paris je t’aime

Les hôtels d’affaires des grandes métropoles européennes ont connu une progression modérée des prix comme de la fréquentation en 2024. C’est ce qui ressort du baromètre de l’hôtellerie d’affaires, conçu par le cabinet d’études MKG en partenariat avec le spécialiste de la réservation hôtelière CDS Groupe. Alors que pour l’année 2023, ce même baromètre montrait de grands écarts, entre phase de reprise post pandémie et effets de l’inflation.

Ainsi, en 2023, la fourchette des évolutions en ce qui concerne la fréquentation allait de près de -5 points à Istanbul à +15% à Prague, tandis que la hausse du prix moyen – petit-déjeuner inclus, le tarif habituel lors des déplacements professionnels – oscillait entre 1% à peine dans deux grandes villes allemandes, Francfort et Munich, et 54% à Istanbul. Le tout en passant plus généralement par des progressions de l’ordre de +10% comme à Paris, Madrid et Amsterdam.

Cette année donc, le panorama est plus uniforme, marquant un retour à une activité normalisée. La croissance de la fréquentation gravite autour des 2 pts et la hausse des prix moyens est comprise entre +2% – à Paris notamment – et +5% dans la plupart des destinations européennes. Quelques exceptions viennent confirmer cette règle avec Istanbul à +24%, tandis qu’à Amsterdam et Londres, le prix moyen recule de-2%, et plus encore à Genève (-6%).

Au rang des villes où les voyageurs d’affaires trouveront les hôtels les plus chers, Paris arrive largement en tête, en particulier pour les établissements cinq étoiles dont le prix moyen s’élève à 679 euros, devançant celui enregistré à Londres (536€) et, plus derrière, à lstanbul (407€). Sans que l’on puisse attribuer cela à l’effet JO, puisque la croissance tarifaire des cinq étoiles parisiens n’est que de 2% sur l’ensemble de l’année.

Mais la capitale française est aussi la première pour les tarifs de l’hôtellerie milieu de gamme avec un prix moyen de 170 €, de peu devant Amsterdam et Londres, et la deuxième en ce qui concerne les hôtels d’affaires quatre étoiles. Sur ce segment, avec un tarif moyen à 272 €, Paris n’est devancée que par Istanbul (286 €), mais se place devant Londres (252 €).

Même constat pour l’hôtellerie d’aéroport où les prix pratiqués à proximité de Paris CDG s’élèvent à 157€ en moyenne, contre 150€ à Bruxelles National, 148 € à Amsterdam Schiphol et 144 € à Orly, en quatrième position. A noter que l’hôtellerie à Londres Heathrow se distingue par des tarifs relativement bas, comparé aux autres aéroports européens de même qu’aux hôtels du centre de la capitale britannique, aux tarifs parmi les plus élevés du continent avec ceux de Paris.

En parallèle des grandes destinations européennes, le baromètre CDS-MKG étudie aussi l’activité des hôtels d’affaires dans les villes françaises. Avec une année 2024 marquée par une fréquentation sensiblement similaire à 2023 dans la plupart des métropoles régionales pour une progression comprise de l’occupation entre 0 et 1 pt. Lille et Nice se démarquent avec une croissance de respectivement 2 pts et 3 pts de fréquentation, Rouen subissant de son côté l’absence de l’effet « Armada » – le rassemblement des plus grands voiliers du monde – avec 4 pts d’occupation en moins.

Si les hôtels d’affaires de Lille et Nice ont profité de cette attractivité supérieure pour augmenter de concert leur prix moyen de 3%, en revanche, dans des villes comme Bordeaux, Lyon et Montpellier, en revanche le maintien d’une occupation identique à l’année précédente s’est traduit par des efforts tarifaires, de l’ordre de -3%.