Développement – La Chine donne un coup de frein à la grande vitesse

La Chine suspend sa politique de développement de lignes à grande vitesse, pourtant l’un des symboles forts de sa croissance économique, à la suite d’une collision entre deux TGV survenue le 23 juillet dernier à Wenzhou, dans l’est du pays.

Conséquence de cette tragédie qui a fait 40 morts et des centaines de blessés, le ministère des chemins de fer a imposé sur les lignes existantes une limitation à 300km/h de la vitesse des rames, tandis que la compagnie China CNR a rappelé, pour des “problèmes techniques”, 54 TGV de la nouvelle ligne Pékin-Shanghai. Parcourant en 4h49 les 1 320km qui séparent la capitale chinoise et la capitale économique du pays, celle ci avait pourtant été inaugurée en grande pompe fin juin, soit avec un an d’avance. Des tarifs prohibitifs, des retards incessants et des pannes interminables ont toute fois rapidement soulevé les critiques dans la population et pesé sur la fréquentation.

Afin de rassurer les passagers sur la sécurité des 8 000 km du réseau actuel, le gouvernement de Pékin a ordonné une inspection de l’ensemble des dessertes. Jusqu’à la récente catastrophe, la Chine affichait de fortes ambitions, souhaitant disposer de 16 000 km de voies rapides à l’horizon 2020. En outre, le pays espérait faire de ce réseau une vitrine technologique et concurrencer à l’international des constructeurs comme le Français Alstom.