
Près d’un quart de siècle après le dernier vol commercial du Concorde, les États-Unis franchissent une étape majeure vers le retour du transport aérien supersonique. L’aviation civile américaine (FAA) a en effet annoncé une nouvelle réglementation destinée à autoriser, à terme, les vols supersoniques civils au-dessus du territoire continental américain. L’interdiction en vigueur dans les années 70 avait effectivement cantonné les vols de Concorde aux seules villes de New York et Washington, les deux cités se trouvant à proximité de l’Océan Atlantique.
Entre 1976 et 2003, Air France a relié principalement Paris-Charles de Gaulle à New York-JFK, avec un temps de vol d’environ 3 h 30. La compagnie a également desservi ponctuellement Washington. De son côté, British Airways a exploité durant la même période des lignes reliant Londres Heathrow à New York JFK et Washington.
Il y eu certes une ligne Concorde entre Dallas et Washington (avec correspondances vers Londres ou Paris) par la compagnie US Braniff. Mais cette dernière volait à vitesse subsonique au-dessus des Etats-Unis. L’expérience fit long feu puisqu’elle ne dura qu’une année.
Cependant, la vision plus favorable des Etats-Unis aujourd’hui tient au développement d’une nouvelle génération d’avions capables de relier les grandes métropoles en deux fois moins de temps, tout en limitant, voire en supprimant, le fameux « bang supersonique » qui avait conduit à l’interdiction des vols au-dessus du territoire américain.
De plus, les potentielles entreprises développant de nouveaux appareils sont américaines. A l’instar de Boom Supersonic qui développe l’Overture, un appareil de 64 à 80 places capable de voler à Mach 1,7. La société affirme avoir déjà reçu plus de 130 intentions de commandes de compagnies telles qu’American Airlines, United Airlines et Japan Airlines.
D’autres projets sont également étudiés par la NASA avec l’avion expérimental X-59, conçu pour démontrer la faisabilité d’un vol supersonique silencieux.
Le Secrétaire américain aux Transports Sean P. Duffy a présenté cette initiative comme une étape décisive pour l’innovation aéronautique américaine. Et bien entendu grâce à l’esprit visionnaire du président américain Donald Trump. « Restaurer les vols supersoniques au-dessus des terres ne concerne pas seulement la vitesse. Il s’agit de stimuler l’innovation américaine et d’ouvrir une nouvelle ère du transport aérien », a-t-il déclaré.
Une nouvelle réglementation sur le bruit
La proposition de la FAA établit un premier standard de certification basé sur le niveau sonore des futurs appareils supersoniques. Une seconde réglementation, attendue avant la fin de l’année, fixera les limites de bruit lors des phases de décollage et d’atterrissage.
L’autorité américaine estime que les progrès réalisés dans l’aérodynamique, les matériaux composites, la propulsion et la réduction des nuisances sonores permettront d’exploiter des avions supersoniques sans produire le bang supersonique qui avait suscité de nombreuses plaintes des populations.
La FAA prévoit de finaliser l’ensemble du cadre réglementaire d’ici la mi-2027, offrant ainsi aux constructeurs une visibilité suffisante pour lancer la certification de leurs futurs appareils.



















