
C’est devenu la norme pour franchir les frontières de nombreuses destinations affaires : les autorisations électroniques de voyage, « Electronic Travel Authorisation », ou « ETA », se généralisent pour les voyages d’affaires comme de loisirs. Si l’Europe peine à déployer son système ETIAS, les autorités britanniques ont déjà franchi le pas. A compter du 2 avril prochain, le sésame sera obligatoire pour tous les voyageurs français qui souhaitent se rendre au Royaume-Uni. Et la démarche est possible dès aujourd’hui, via une application dédiée ou sur le site du gouvernement. A cette occasion, Eurostar et VisitBritain font le point sur les nouvelles formalités.

Une augmentation tarifaire déjà en vue
Le système ETA a été lancé dès la fin 2023, et concernait déjà des pays majeurs comme les États-Unis ou l’Australie. Plus d’un millions d’autorisations électroniques (1 091 475 exactement) ont déjà été accordées depuis. Et c’est maintenant au tour de l’Europe de voir arriver le système ETA. Dans moins d’un mois, tous les citoyens non britanniques ou non irlandais – sauf rares exceptions – se verront donc demander cette autorisation électronique de voyage, et ce quel que soit leur âge. L’ETA est facturé 10 livres, pour le moment… « Comme pour tous nos frais, le coût d’une ETA est à l’étude, et nous avons l’intention d’augmenter le coût d’une ETA à £16 à l’avenir, sous réserve de l’approbation du Parlement » prévient VisitBritain. « Nous avons toujours été clairs dans nos communications sur le fait que nous gardons le coût d’une ETA à l’étude, et nous fournirons plus d’informations en temps voulu sur le moment où le coût augmentera« . La date de l’augmentation n’a d’ailleurs pas tardé à tomber : à compter du 9 avril, le tarif passe effectivement à 16 livres (information actualisée le 24 mars).
La durée d’attente moyenne est estimée à 3 jours pour obtenir le précieux sésame. Pour autant, les responsables d’Eurostar précisent : « Dans la mesure du possible, effectuez votre demande avant de réserver votre voyage au Royaume-Uni. La plupart des demandes sont traitées dans un délai de trois jours, mais le délai peut être allongé dans certains cas ». L’autorisation est valable pendant deux ans, ou jusqu’à l’expiration du passeport concerné. En effet, l’ETA est directement intégrée au passeport du demandeur. En outre, elle permet d’effectuer plusieurs déplacements au Royaume-Uni, pour une durée maximale de 6 mois par voyage. Lors de la demande, les voyageurs doivent notamment fournir leurs données biographiques et biométriques, et répondre à quelques questions sur « l’aptitude et la criminalité ».
Parcours client inchangé
La direction d’Eurostar se veut rassurante quant à l’impact du déploiement de l’ETA sur les voyageurs. La compagnie promet un « Parcours client inchangé », et prévoit qu’il n’y aura pas de temps d’attente supplémentaire en gare. Néanmoins, le transporteur a mis en ligne un outil « check-list » pour permettre aux voyageurs d’identifier rapidement quels documents de voyage, visas et documents d’identité leur sont nécessaires. Et Eurostar prévoit de « sensibiliser » les futurs passagers par mail entre un et cinq jours avant leur déplacement pour éviter les mauvaises surprises…
Pour la ministre de la Migration et de la Citoyenneté, Seema Malhotra, « la sécurisation de nos frontières est l’un des fondements du plan de changement du gouvernement britannique et, en numérisant le système d’immigration, nous ouvrons la voie à une frontière britannique sans contact, garantissant ainsi aux visiteurs une expérience de voyage sans faille à l’avenir« .



















