Romée de Goriainoff (Experimental Group) :  » nous sommes “nés” lifestyle »

Des ouvertures à Rome, Paris et Val d'Isère, un nouvel hôtel à Biarritz : Romée de Goriainoff, parmi les fondateurs de l'Experimental Group, revient sur l'attractivité de ces lieux, lifestyle par essence, auprès de la clientèle affaires.
Romée de Goriainoff, l'un des fondateurs de l'Experimental Group. (c) @Noel Manalili)
Romée de Goriainoff, l'un des fondateurs de l'Experimental Group. (c) @Noel Manalili)

Après l’ouverture récente d’un hôtel à Biarritz (voir encadré), l’Experimental Group a annoncé de nouveaux développements. Où allez-vous renforcer votre offre dans les années à venir ?

Romée de Goriainoff – Nous allons en effet ouvrir trois nouveaux établissements prochainement, avec un premier hôtel à Rome via Ludovisi, fruit de la transformation d’un immeuble de bureaux proche de la place d’Espagne en hôtel de 78 chambres et suites. Nous proposerons aussi un troisième hôtel à Paris, s’ajoutant au Grand Pigalle et à l’Hôtel des Grands Boulevards. Pour une première incursion rive gauche, au croisement de la rue des Saints-Pères et du boulevard Saint-Germain, avec un ancien hôtel particulier métamorphosé en hôtel cinq étoiles, intégrant la création de 20 chambres et 23 suites, d’un restaurant et de deux bars, un spa et une piscine intérieure. Par ailleurs, nous préparons pour la saison 2024-2025 un nouvel hôtel dans les Alpes après celui de Verbier, en Suisse, l’Experimental Châlet Val d’Isère. Un hôtel de 110 chambres – l’ex Aigle des neiges – en train d’être repensé par Dorothée Meilichzon. A cet égard, nous continuons à créer des lieux sur les bases de ce qui a fait notre succès : des emplacements incroyables et une décoration signée par un designer de talent, Dorothée Meilichzon pour Val d’Isère, mais aussi Rodolphe Parente à Rome et, pour notre nouveau projet parisien, le Studio KO qui a entre autres réalisé le musée Saint-Laurent à Marrakech.

Vos hôtels urbains sont-ils attractifs auprès des voyageurs d’affaires ?

Romée de Goriainoff – A Paris comme à Londres, notre clientèle est composée à 70% de clients business. Donc, oui, il y a clairement un attrait de nos hôtels pour les voyageurs d’affaires. Car plus on voyage, plus on souhaite rester dans un hôtel qui offre une parenthèse loisir. Avec un super restaurant, un bar dans lequel on peut finir ou commencer un rendez-vous, un rooftop comme c’est le cas à l’Hôtel des Grands Boulevards. Nous visons une clientèle qui est à la croisée du business et du loisir : on est en voyages d’affaires, mais on souhaite se faire plaisir entre ses rendez-vous importants.

En ce qui concerne les destinations loisirs, vos établissements de Biarritz, Ibiza et Minorque, notamment, peuvent aussi accueillir une clientèle corporate lors d’événements. Le segment MICE est-il important pour les hôtels de votre groupe ?

Romée de Goriainoff – C’est devenu un enjeu majeur. Il ne se passe pas une semaine sans que l’on reçoive une demande pour une privatisation, un événement spécial, un séminaire, etc. Même les entreprises qui sont passées en 100% remote ont besoin de lieux de vie qui permettent à leurs salariés de se retrouver, d’échanger, de s’amuser, etc. Dès lors, nous pensons nos futurs hôtels en intégrant cette composante.

La plupart des groupes hôteliers mettent l’accent sur le lifestyle. Comment l’Experimental Group, dont c’est l’essence, se positionne-t-il face à cette concurrence ?

Romée de Goriainoff – Nous ne sommes pas un “produit » imaginé au fin fond d’un énorme groupe hôtelier pour suivre une étude de marché qui aurait dit “il faut faire du lifestyle”. Cet élément est dans notre ADN, c’est notre raison d’être. Les fondateurs de l’Experimental Group aiment passionnément l’univers de la restauration, de l’événementiel et du design, les cocktails, les bars, etc. Il ne faut pas oublier que nous venons de là avant d’avoir ouvert nos premiers hôtels. Nous sommes “nés” lifestyle, car nous avons toujours conçu et pensé nos hôtels comme des extensions d’une maison ou d’un lieu de vie, non pas comme un “dortoir” pour gens pressés. Nos restaurants attirent une clientèle locale, idem pour le bar. J’ai envie de dire que tout sonne vrai, car tout est vrai.

Le Regina, à Biarritz (c) Karel Balas