
De toutes les compagnies aériennes ayant subi la crise du Covid puis l’offensive de la Russie sur l’Ukraine, celle qui aura le plus payé les conséquences des deux évènements est certainement Finnair. Le Covid a décimé le trafic, notamment sur l’Asie – dernier continent à se rouvrir à l’international fin 2022/début 2023. Tandis que la fermeture de l’espace aérien russe aux compagnies occidentales a privé Finnair de son principal atout: des temps de vol plus réduits qu’ailleurs depuis Helsinki vers l’Asie.
La compagnie a ainsi perdu de l’argent durant trois ans : 523 millions d’euros en 2020, 464,3 millions en 2021 et 476,2 millions en 2022. C’est seulement l’an passé que Finnair a pu dégager un premier bénéfice net de 254,3 millions d’euros. Pour cette année, la direction de la compagnie estime qu’elle devrait faire un bénéfice compris entre 110 et 180 millions d’euros.
Renforcement en Amérique du Nord
Le réseau a été largement restructuré pour devenir moins dépendant de l’Asie. « On est toujours très présent sur l’Asie avec des vols sur Bangkok (14 fréquences cet hiver), Delhi, Hong Kong, Nagoya, Osaka, Phuket, Séoul, Shanghai, Singapour et Tokyo (Haneda et Narita) cet hiver. Finnair poursuit ainsi son expansion prudente en Asie. On a repris nos vols sur Nagoya ce printemps ainsi que nos vols sur Phuket cet hiver. Au printemps 2025, nous ajouterons des vols supplémentaires sur le Japon« , indique Javier Roig.
Finnair mise cependant de plus en plus sur l’Atlantique Nord. La compagnie dessert désormais six destinations (New York JFK, Chicago, Dallas, Los Angeles, Miami et Seattle). Dallas est la destination la plus récente et est à partir de cet hiver desservie quotidiennement. « Le vol nous donne accès à tout le réseau de notre partenaire American Airlines sur son hub« , souligne Javier Roig.
Plus de services à bord
Côté services, Finnair avait en partie réduit ses prestations de bord, histoire de préserver ses finances. La franchise bagages a été restreinte en classe affaires et les petits édredons ont disparu de la classe économique long-courrier. Des mesures qui ont alors généré des incompréhensions de la part des passagers, notamment en classe affaires.
« Cela s’est traduit par une dégradation de notre note NPS (Net Promoter Score) qui analyse la satisfaction de notre clientèle. Notre direction en a pris conscience et a commencé à revoir nos prestations. On a par exemple restauré les franchises bagages de la classe affaires. Finnair veut être réellement à l’écoute de la clientèle et offrir ce que le passager attend d’une compagnie traditionnelle« , reconnaît Javier Roig. Qui précise que d’autres réflexions sont en cours pour améliorer les services à bord dans toutes les classes durant les prochains mois.

















