-13% de capacités en France : la menace de Ryanair devient réalité

Ryanair supprime 750 000 sièges cet hiver sur 25 lignes et se retire définitivement des aéroports de Bergerac, Brive et Strasbourg. En cause : l'augmentation excessive des taxes sur le transport aérien justifie la compagnie low-cost.
Prévision de capacités par Ryanair en France à l'hiver 2025/2026 (Photo: aéroport de Beauvais-Luc Citrinot)

Le couperet est tombé. Après avoir menacé de réduire drastiquement son offre en France avec l’augmentation des taxes aériennes, la low-cost Ryanair est passée à l’action. La compagnie a annoncé une réduction de 13 % de sa capacité en France pour cet hiver, entraînant la suppression de 750 000 sièges, l’annulation de 25 lignes et l’arrêt de ses opérations aux aéroports de Bergerac, Brive et Strasbourg.

Cette décision fait suite à l’échec du gouvernement français à annuler l’augmentation excessive de la taxe aérienne. Appliquée depuis mars 2025, cette taxe a augmenté de 180 %. Cette annonce intervient après de nombreuses mises en garde des compagnies aériennes et des aéroports français. Ces derniers dénonçaient cette nouvelle taxe qui rendrait de nombreuses liaisons vers la France non rentables. Notamment, pour les aéroports régionaux et pendant la saison hivernale.

Après Bordeaux, trois autres bases fermées

Ryanair avait l’an passé déjà fermé sa base de Bordeaux, après l’augmentation des taxes aéroportuaires. 40 lignes avaient disparu qui se reflètent aujourd’hui dans l’évolution du trafic aérien à Mérignac. Le nombre de passagers a en effet baissé de 14% au premier semestre sur la plateforme…

Ryanair explique que la France est de moins en moins compétitive par rapport à d’autres pays de l’UE. Et de citer l’Irlande, l’Espagne ou la Pologne, qui n’imposent aucune taxe aérienne. Le transporteur rappelle aussi que la Suède, la Hongrie et certaines régions d’Italie ont récemment supprimé les taxes. Ce qui stimule le trafic, le tourisme, l’emploi et la reprise économique.

En réponse à cette taxe du gouvernement, Ryanair cessera donc ses opérations vers Bergerac, Brive et Strasbourg. Bergerac a déjà fait savoir par la bouche du Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Dordogne que l’aéroport pourrait fermer définitivement ses portes.

La compagnie réduira sa capacité vers plusieurs autres aéroports français dès novembre. Cette perte de connectivité, entièrement évitable, sera désastreuse pour la connectivité régionale française, l’emploi et le tourisme.

Sans action urgente, la France risque de se marginaliser au profit de marchés plus compétitifs à l’été 2026. Elle « laissera des aéroports régionaux à moitié vides, tandis que d’autres pays de l’UE continueront d’attirer les investissements des compagnies aériennes« , décrit la compagnie dans un communiqué.

Si le gouvernement décidait de supprimer complètement la taxe aérienne, Ryanair pourrait alors envisager une croissance ambitieuse en France. Soit un investissement de 2,5 milliards de dollars (25 nouveaux avions), un doublement du trafic à plus de 30 millions de passagers par an. Et la création de 750 emplois supplémentaires chez Ryanair dans les régions françaises.

Le Chief Commercial Officer de Ryanair, Jason McGuinness, a ainsi commenté la décision de la compagnie. « Il est inacceptable qu’un pays européen majeur comme la France accuse un tel retard par rapport au reste de l’UE, avec un trafic toujours inférieur aux niveaux d’avant Covid, à cause de taxes et de frais de sûreté excessifs imposés par le gouvernement ».

Et d’expliquer dans une menace à peine voilée. « À moins que le gouvernement ne change de cap et n’abolisse cette taxe aérienne injuste, la capacité et les investissements de Ryanair en France seront inévitablement redirigés vers des marchés européens plus compétitifs ».

Pour sa part, l’Union des Aéroports français déplore la position de Ryanair expliquant néanmoins qu’elle était prévisible.