Les frontières tanguent sous l’effet combiné de la 5ème vague Covid et du variant Omicron

Le nouveau variant Omicron fait souffler un vent de panique auprès des gouvernements. Couplé à la nouvelle déferlante de Covid-19 en Europe, les deux facteurs se traduisent par de nouvelles règles de voyage plus contraignantes, voire des fermetures de pays aux voyageurs étrangers.
(Photo: OMS)

De nombreux pays réimposent des règles plus strictes pour entrer sur leur territoire face à ce que les scientifiques appellent la 5ème vague de pandémie. Ou pour circonscrire un nouveau variant détecté en Afrique Australe et dénommé « Omicron ».

Royaume-Uni

« Nous n’allons pas empêcher les gens de voyager », déclarait lors d’une conférence de presse le 27 novembre le Premier Ministre britannique Boris Johnson. Si Britanniques et voyageurs étrangers peuvent donc se déplacer d’un pays à l’autre en théorie, les nouvelles règles entravent pourtant largement cette liberté de mouvement.

La conférence de presse de Boris Johnson exposait ainsi au public les mesures prises par le gouvernement face au nouveau variant Omicron, déjà détecté à travers l’Europe.

Si les voyageurs peuvent effectivement se déplacer entre le Royaume-Uni et le reste du monde, les nouvelles règles vont faire l’effet d’une douche froide. Dès mardi 30 novembre, tous les voyageurs en provenance de l’Union Européenne seront de nouveau soumis à un test PCR au second jour après leur arrivée au Royaume-Uni. Et devront s’isoler en conséquence jusqu’au résultat de ce test.

Cela se traduit par des coûts supplémentaires et une perte de temps conséquente. En particulier pour un voyageur d’affaires. Les mesures se basent sur un auto-test livré sur le lieu de séjour. Il en coûtera au minimum 45 £ pour la livraison de ce dernier. Mais le prix peut fluctuer jusqu’à plus de 100 £, selon l’urgence du besoin et le lieu de livraison.

Boris Johnson a concédé que les restrictions sur les voyages « semblaient dures ». Mais le Premier Ministre à insisté sur le fait que l’ensemble du dispositif était « ciblé et approprié » et qu’il était temporaire. Pour finalement ajouter que « c’est ainsi et pas autrement »!

Union Européenne

Au sein de l’Union Européenne, la 5ème vague sème le doute dans les pays membres sur la politique à suivre vis à vis des mouvements de voyageurs. La Commission Européenne a certes émis la recommandation de ne pas restreindre les voyages aux gens pleinement vaccinés. Mais il ne s’agit que d’une recommandation et la décision finale reste la prérogative de chaque pays. Dans le même temps, l’Agence Européenne de prévention des épidémies (ECDC) recommandait d’éviter les déplacements non-essentiels.

La Commission travaille cependant à une possible réduction de la validité du passeport sanitaire européen pour les personnes vaccinées. Cette validité se réduirait de 12 à 9 mois sauf en cas de rappel.

Face à la reprise de l’épidémie, certains pays de l’Union musclent désormais leurs conditions d’entrée.

Au Portugal, le Premier Ministre Antonio Costa a indiqué qu’au 1er décembre, tous les voyageurs devront présenter un test négatif de moins de 48 heures au Covid-19, et ce quel que soit leur statut vaccinal. Le gouvernement indique que les voyageurs devront également montrer leur pass sanitaire pour accéder à de nombreux lieux publics -restaurants, bars, musées, salles de gym etc…

En Allemagne, le nouveau gouvernement du chancelier Olaf Scholz devrait probablement suggérer l’utilisation plus systématique de la règle 2G+. 2G veut dire que seuls les personnes vaccinées ou guéries du Covid ont le droit d’entrée dans les lieux publics. 2G+ signifierait que ces mêmes personnes devraient également produire un test négatif antigénique pour accéder à certains lieux particulièrement fréquentés.

Hors d’Europe, le Maroc a suspendu depuis lundi tous les vols directs vers son territoire, pour deux semaines. Israël et le Japon interdisent depuis le 29 novembre l’entrée de tous les voyageurs étrangers. Jusqu’à nouvel ordre…