
La perspective d’un futur accord de paix entre l’Iran et les Etats-Unis par la signature d’un protocole de discussions prévue en fin de semaine en Suisse semble ouvrir la voie à un arrêt des combats dans le Golfe et permettre l’ouverture du fameux détroit d’Ormuz.
Il n’en fallait pas plus pour faire plonger les prix du pétrole. Sur le marché, le baril de Brent brut se négociait ce 15 juin à midi juste au dessus de 83 dollars. Soit un recul de près de 5% par rapport à vendredi. Comparée au pic du 4 mai 2026- au moment où le Brent atteignait 114 dollars le baril, la baisse des cours atteint déjà 37%. Le prix du baril de Brent reste néanmoins supérieur de 38% à son cours du 1er janvier 2026, quand il se situait tout juste au dessus de 60$.
Si la dégringolade des prix du pétrole se confirme avec la stabilisation de la situation au Moyen-Orient et la réouverture du détroit, en revanche, il est peu probable qu’elle pèse positivement sur les prix des billets d’avion sur le court terme.
De fait, si les compagnies aériennes sont généralement très agiles pour augmenter le tarif des billets, elles le sont infiniment moins dans l’autre sens. D’abord parce qu’elles se trouvent à honorer des contrats d’achat anticipé de kérosène (le « hedging »). Lequel a plutôt été sur une fourchette haute ces derniers mois.
Baisse des tarifs aériens au troisième trimestre?
De plus, la demande aérienne reste forte malgré la crise. Mais elle fait face à une capacité en sièges en forte diminution chez de nombreux transporteurs traditionnels. Le consultant OAG relève que la capacité en sièges d’Air France est en baisse de 5,7% en mai 2026 comparé à mai 2025; de -7,8% sur Lufthansa; de -1% sur British Airways.
Le nombre de sièges à Bangkok Suvarnabhumi a ainsi baissé de 3,3% et Singapour de 1% en mai 2026 comparé à 2025. Avec le retard de livraisons de nouveaux avions, l’offre reste tendue par rapport à la demande.
Pour résumer, un effet baisse de prix généralisé ne se fera pas ressentir avec le troisième trimestre 2026. Si tout se passe bien entre Iran et Etats-Unis. C’est probablement le segment long-courrier Europe-Asie qui pourrait être le premier à en profiter. Les passagers devraient en effet bénéficier de la remontée en puissance des transporteurs du Golfe, dont l’horizon politique semble s’éclaircir. Ce qui devrait finalement peser sur les prix de l’aérien avec l’augmentation des capacités aériennes d’une Emirates, Etihad ou autre Qatar Airways…



















