Grève les 3 et 4 juillet : la DGAC invite à la conciliation

La Direction générale de l’Aviation civile (DGAC) organise une réunion de conciliation le 25 juin face au préavis de grève du syndicat des contrôleurs aériens UNSA-ICNA pour les 3 et 4 juillet.
Siège de la Direction générale de l’Aviation civile (DGAC).
Siège de la Direction générale de l’Aviation civile (DGAC).

Eviter une mobilisation « aux conséquences lourdes pour les usagers et les acteurs du transport aérien, tant au niveau national qu’européen » : c’est l’objectif de la réunion de conciliation organisée ce mercredi 25 juin par la Direction générale de l’Aviation civile (DGAC) avec l’UNSA-ICNA. Deuxième syndicat, mais minoritaire parmi les contrôleurs aériens, l’UNSA-ICNA, bien implanté dans certains centres du sud de la France, a en effet déposé un préavis de grève pour les journées des 3 et 4 juillet. Soit des jours parmi les plus chargés de l’année, « en raison des nombreux départs en vacances sur cette période », la DGAC regrettant « profondément le choix de ces dates ».

A l’origine de ce mouvement social national qui pourrait être suivi, les raisons évoquées par le syndicat soulignent un mode de management autoritaire au sein de la Direction des services de la navigation aérienne, entretenant « un climat de pression constante et de défiance incompatible avec les exigences en matière de sérénité et de sécurité du métier de contrôleur aérien ». Autres griefs, la trop lente modernisation des outils à la disposition des contrôleurs aériens, des systèmes à bout de souffle ou encore un sous-effectif structurel. « Les pannes majeures à répétition — comme encore récemment à Orly — sont la conséquence de décisions unilatérales que l’UNSA a dénoncées », décrit dans un communiqué datant du 23 juin. L’UNSA-ICNA appelle ainsi « à un changement de cap » pour renforcer les effectifs et faire aboutir les projets de modernisation technique.

De son côté, face à ces revendications qui portent sur plusieurs points – le contrôle de présence des contrôleurs, les rémunérations et le recrutement –, la DGAC souligne que certaines des mesures en cours de mise en œuvre sont imposées « par la réglementation en vigueur » et d’autres suivent les recommandations du Bureau d’Enquêtes et d’Analyses à la suite d’un incident grave, « comme la mise en place d’un contrôle de présence des contrôleurs aériens ». Des mesures essentielles selon la DGAC « pour respecter la réglementation européenne et renforcer la sécurité du contrôle aérien ».

En outre, concernant la rémunération des contrôleurs, l’accord social signé entre l’administration et la majorité des syndicats en 2024 a permis des revalorisations salariales pour les contrôleurs aériens couvrant la revendication. Pour autant, la DGAC dit reconnaître les difficultés liées à la situation de sous-effectif chronique, « qui affectent la qualité du service rendu aux compagnies aériennes ». D’où selon elle, un plan de recrutement en cours qu’elle juge « ambitieux » et qui s’inscrit « dans une stratégie pluriannuelle ».

La confrontation de ces arguments permettra-t-elle d’éviter la pagaille dans les aéroports en ces jours de départs en vacances, mais aussi de déplacements professionnels avec cette grève prévue les jeudi et vendredi 3 et 4 juillet ? Cela reste encore à voir.