Hôtellerie française : une année 2014 mitigée selon Deloitte

L'hôtellerie française a connu une année 2014 mitigée, selon les résultats présentés aujourd'hui par le cabinet Deloitte In Extenso. Le premier semestre, en particulier, a été difficile avec un recul généralisé de la fréquentation. En revanche, les hôtels milieu et haut de gamme ont retrouvé des niveaux de performance plus appréciables au deuxième semestre.
L'hôtel Hilton Paris Opéra, inauguré ce mois-ci (DR)

Légère progression du revenu par chambre pour les segments milieu de gamme (+0,1%), haut de gamme (+1,5%) et luxe (+0,2%), faiblesse de l’hôtellerie économique (-2,0%) et poursuite du recul super économique (-3,5%) : tel est le portrait global de l’année 2014 tiré par le cabinet Deloitte. L’hôtellerie parisienne, tout en enregistrant toujours une fréquentation largement supérieure à 70%, n’a pas eu un rôle aussi moteur que d’autres années. Le luxe en particulier décroche (-4% du CA) en raison de l’arrivée sur le marché de nouveaux établissements, mais aussi d’une clientèle russe moins présente. En revanche, les autres catégories enregistrent une légère progression. 

Si l’hôtellerie de la Côte d’Azur, plus tournée vers la clientèle étrangère, affiche une certaine stabilité de ses résultats, la province, davantage dépendante de l’activité économique domestique, a été plus à la peine. Ainsi le prix moyen affiche un recul dans toutes les catégories, compensé sur le haut de gamme par une croissance de la fréquentation.

Les grandes agglomérations françaises enregistrent un repli global du revenu par chambre, assez sensible à Marseille – qui n’a pas connu l’effet capitale européenne de la culture 2013 – mais aussi à Lyon. En revanche, Strasbourg et dans une moindre mesure Bordeaux et Lille font partie des villes les plus dynamiques. Deloitte constate également une baisse plus marquée pour les établissements en périphérie des villes, la clientèle se reportant plus volontiers vers les hôtels de centre-ville qui ont proposé des tarifs plus attractifs.   

Côté résidences, le marché est marqué par une hausse généralisée de la fréquentation, mais aussi par une baisse globale des prix moyens. Cette tendance s’explique, selon Deloitte, par un recentrage du secteur sur son cœur de métier, les moyens et longs séjours, plus que sur la clientèle de passage. Dès lors, si la fréquentation est plus régulière et plus élevée, les prix moyens reculent en raison des tarifs dégressifs proposés. 

Qu’attendre pour 2015 ? “Si la croissance économique ne devrait pas être très élevée, ça va s’améliorer. Par ailleurs, la faiblesse de l’euro est un élément favorable, notamment pour attirer les clientèles anglo-saxonnes, portées par des économies dynamiques”, a expliqué Olivier Petit, associé Hôtellerie chez In Extenso. Au final, Deloitte s’attend à une croissance du revenu par chambre de 1 à 3% pour le luxe, de 2 à 4% sur le haut de gamme et de 1,5 à 3% pour le milieu de gamme. En revanche, les segments économiques devraient continuer à voir leurs résultats reculer.