Hyatt loue la Chine pour son traitement de la pandémie

Dans une conférence vidéo, le PDG de Hyatt, Mark Hoplamazian, a loué la façon dont la Chine avait traité la pandémie. Le strict confinement a permis la reprise des voyages d'affaires et le rebond de l'hôtellerie. Une méthode à suivre en Europe ?

Hyatt-Hoplamazian
Mark Hoplamazian, PDG de Hyatt (photo: D.R.)

C’est assez rare dans les temps actuels pour que cela soit souligné: un PDG d’entreprise américaine qui prend la Chine pour modèle. Mark Hoplamazian, PDG de Hyatt, a loué la façon dont le gouvernement chinois avait géré le contrôle de la pandémie de covid-19 au cours d’une conférence en ligne avec des investisseurs.

« La Chine est le parfait exemple qu’une reprise des voyages est possible même sans traitement pharmaceutique ou vaccin, à condition que des mesures appropriées et bien coordonnées soient prises afin de réduire de manière significative la propagation du virus », a déclaré le PDG de Hyatt en début de semaine.

Une analyse qui devrait réjouir l’industrie des voyages dont beaucoup d’experts estiment que seule la découverte d’un vaccin et sa diffusion à très grande échelle permettront la relance du secteur.

Modèle chinois

Hyatt se fie ainsi aux performances du groupe. Selon Mark Hoplamazian, le taux d’occupation moyen de toutes les marques Hyatt en Grande Chine (avec Hong Kong, Macao et Taïwan) a atteint 55% selon les premières données sur juillet. Si l’on se réfère à la seule Chine continentale, ce taux aurait même atteint 64%. Certaines régions du pays, notamment à l’est, l’ouest et au sud, ont retrouvé leur taux d’occupation de juillet 2019. Un redressement d’autant plus remarquable que le taux moyen d’occupation des hôtels du groupe était tombé à un bas historique de 7% en février.

La Chine se situe désormais en tête du classement mondial des performances hôtelières. La reprise des voyages d’affaires dans le pays est un autre signe encourageant. Selon les chiffres préliminaires de juillet, les déplacements affaires auraient ainsi représenté 25% de toutes les réservations. Hyatt a ainsi pu organiser dans ses hôtels chinois en juillet des lancements de produits pour BMW, Volvo et Gucci.

Pour les prochains mois, les réservations pour motif affaires recommencent à dépasser celles pour motif de loisirs.

« Nous pensons que le pire est derrière nous, et nous voyons des signes positifs se développer à travers le monde« , a déclaré Mark Hoplamazian.

Le PDG d’Hyatt pense que ce succès est du au très strict confinement mis en place par Pékin fin janvier avec la suspension des déplacements et la mise en quarantaine de tout le pays.

Une analyse qui trouve aussi son écho à l’Organisation Mondiale de la Santé. Cette dernière a admonesté les pays sur un déconfinement trop rapide, notamment avec l’autorisation de reprise des voyages. Pour l’OMS, les déplacements continuent en fait de représenter un risque très important de propagation du virus.

Les voyages d’affaires reprendront avec un vaccin

Dans sa vision du futur, le PDG de Hyatt semble plus prudent sur la reprise de la demande pour les voyages d’affaires dans le monde-et particulièrement aux Etats-Unis.

Les voyages professionnels risquent en effet de rester fortement tributaires de la découverte d’un vaccin. « Nous sommes convaincus que la paralysie du voyages d’affaires due à la pandémie connaîtra un redressement significatif à mesure que les cas de covid-19 seront maîtrisés dès que des traitements ou vaccins seront disponibles », expliquait Mark Hoplamazian durant cette vidéo-conférence.

Hyatt a annoncé une perte de 236 millions de dollars pour le deuxième trimestre. Cela représente une baisse de 376 % par rapport à la même période de 2019. Le revenu par chambre disponible a pour sa part chuté de près de 90 %. Une mauvaise performance qui n’empêche pas Hyatt de reprendre sa croissance. D’ici la fin 2020, l’entreprise aura augmenté son portefeuille de chambres de plus de 4 %. C’est pourtant un chiffre inférieur aux prévisions initiales de 7 % pour l’année.