IATA milite pour des tests covid immédiats

Pour retrouver une certaine forme de normalité dans le transport aérien, IATA plaide pour une solution rapide et accessible à tous avec des tests Covid de tous les passagers des lignes internationales avant leur départ.

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Alexandre de Juniac, à la tête de IATA.

Pour retrouver une certaine forme de normalité dans le transport aérien, Alexandre de Juniac, directeur général de l’Association internationale du transport aérien (IATA), a expliqué au cours d’un briefing media qu’il faudrait tester tous les passagers des lignes internationales au covid-19 avant leur départ.

IATA plaide ainsi pour une solution rapide et accessible à tous. Tester systématiquement les passagers en partance n’est pas une décision que IATA prend à la légère selon Alexandre de Juniac, le directeur général de l’Association Internationale du Transport Aérien. « Nous demandons que tous les voyageurs internationaux soient systématiquement testés avant leur départ. Une telle mesure devrait permettre aux gouvernements d’ouvrir les frontières en toute sécurité et sans quarantaine. Et cela donnera aux passagers la certitude qu’ils peuvent voyager sans avoir à s’inquiéter d’un quelconque changement de dernière minute des règles gouvernementales et voir leur voyage gâché, » explique le directeur général de IATA.

Des tests systématiques avec résultats rapides

« L’intégration de tests systématiques dans le processus de voyage présentera de nouveaux défis logistiques, car il aura un impact sur la façon dont les gens voyagent« , ajoute Alexandre de Juniac. Un élément essentiel sera la mise sur le marché de tests non seulement fiables, mais aussi rapides et précis. Ces tests devront de surcroît être faciles d’utilisation et d’un coût non prohibitif.

Actuellement, la plupart des pays effectuent des tests dits PCR. Si ces derniers offrent une fiabilité très grande, la lenteur des résultats reste un handicap. Elle est par exemple au minimum de 48 à 72 heures en France. Or, beaucoup de pays réclament des tests covid négatifs de moins de 48 heures. Une équation donc impossible à satisfaire pour de nombreux voyageurs d’affaires.

« Nous pensons que l’alternative à la quarantaine est un test systématique à 100% de tous les voyageurs avant le départ. » Alexandre de Juniac,
directeur général de IATA

La facilité et la rapidité de futurs nouveaux tests pourraient permettre à des personnes hors du corps médical de les utiliser efficacement. Autre problématique qu’il faudra résoudre selon Alexandre de Juniac, celle des gouvernements et autorités sanitaires qui doivent se mettent d’accord sur des normes communes pour que les tests administrés dans le pays de départ soient acceptés à l’arrivée.

Selon le directeur général de IATA, les quarantaines systématiques des passagers n’en finissent pas d’empoisonner la reprise de l’activité aérienne. « Depuis la réouverture prudente des frontières en juin, les résultats ont été lamentablement décevants. En juillet, les voyages internationaux n’ont atteint que 8 % de leur niveau de l’année précédente. Il y avait peu de signes d’une amélioration en août« , analyse Alexandre de Juniac. « La saison des voyages d’été n’a donc pas apporté de véritable rebond pour le redémarrage du secteur. Il est maintenant difficile d’envisager une augmentation majeure des voyages d’affaires dans le contexte d’une seconde vague d’infections« , ajoute-t-il encore.

83% des passagers renoncent à voyager avec une quarantaine obligatoire

La quarantaine apparaît comme l’élément le plus perturbant pour les voyageurs. Dans une récente étude sur onze marchés, 83 % des voyageurs ont déclaré qu’ils ne voyageraient pas s’il y avait un risque de mise en quarantaine sur leur destination d’arrivée. «  Nous pensons donc que l’alternative à la quarantaine est un test systématique à 100% de tous les voyageurs avant le départ. Il donnera l’assurance aux passagers que tous les voyageurs à bord de l’avion sont sains. Le même sondage révèle que c’est ce que les passagers accepteront. 84% sont d’accord pour que des tests soient exigés de tous les voyageurs. 88% d’entre eux ont ainsi déjà accepté de se soumettre à un test dans le cadre d’un voyage« , souligne le directeur général de IATA.

IATA a donc mis en place une stratégie autour de trois points essentiels :

  • coopération avec les aéroports et autres partenaires sur la manière d’inclure des tests systématiques dans le processus de voyage. IATA pense que l’industrie devra faire preuve de créativité dans la recherche de solutions. C’était déjà le cas lors de l’intégration de nouvelles normes de sécurité dans le passe. L’association va étudier les protocoles existants dans le cadre de « bulles » ou de « corridors » de voyages mis en place par certains gouvernements.
  • disponibilité : La vitesse à laquelle les capacités de test progressent grâce à la technologie. IATA indique que de nouvelles options devraient être déployées dans les prochaines semaines. Le soutien qu’apporte l’association à des tests rapides et fiables devrait aider à accélérer ce développement.
  • normes mondiales : Les essais n’auront de sens que si les résultats obtenus au départ sont acceptés à l’arrivée. C’est là que le leadership de l’OACI (Organisation de l’aviation civile internationale), des gouvernements, des autorités sanitaires, de l’OMS et de l’industrie sera essentiel pour la création d’une norme globale. « Nous proposons que les gouvernements fixent les normes de test par l’intermédiaire de l’OACI« , a précisé Alexandre de Juniac.

Le temps reste un facteur essentiel au succès des tests. Tout comme la mise en place de nouvelles pratiques pour tester les passagers. La perennité du transport aérien est de fait en jeu.