Les mesures de quarantaine inquiètent IATA

Alors que la réouverture progressive des frontières pourrait s’accompagner d’une quarantaine de quatorze jours, IATA s’inquiète de l’impact d’une telle mesure, et prône d’autres solutions.

Iberia DR
IATA s'inquiète d'une multiplication des mesures de quarantaine, comme c'est l cas en Espagne depuis le 15 mai

Depuis le 15 mai, les autorités espagnoles imposent une quarantaine de 14 jours à tout nouvel arrivant sur le territoire. Une mesure compréhensible, étant donné le traumatisme causé par la pandémie sur la péninsule ibérique, mais qui inquiète certains acteurs du monde du voyage. « Ne rendez la lente reprise encore plus difficile par des mesures de quarantaine » : le titre du dernier rapport publié par l’association internationale du transport aérien (IATA) a le mérite d’être clair. L’association présidée par Alexandre de Juniac estime – c’est logique – que dans de telles conditions les voyageurs refuseraient de prendre un vol qui supposerait un tel isolement. IATA se base d’ailleurs sur des éléments chiffrés : d’après une enquête menée au mois d’avril, une large majorité de voyageurs (69%) n’envisageraient pas de voyager à nouveau si cela suppose une période de quarantaine de 14 jours. Et 86 % des sondés se disent « un peu » voire « très préoccupés » par la possibilité d’être placés en quarantaine lors de leurs voyages.

nous ne devons pas empirer ce pronostic en rendant les voyages impraticables par des mesures de quarantaine

« Même dans les meilleures circonstances, cette crise va faire perdre plusieurs emplois et priver l’économie de plusieurs années de croissance stimulée par l’aviation, rappelle Alexandre de Juniac. Pour sauvegarder la capacité de l’aviation d’accélérer la reprise économique, nous ne devons pas empirer ce pronostic en rendant les voyages impraticables par des mesures de quarantaine. Il faut une solution qui assure la sécurité des voyages tout en relevant deux défis. Il faut rétablir la confiance de passagers dans la sécurité des voyages sans imposer des tracasseries indues. Et il faut que les gouvernements soient persuadés qu’ils sont protégés contre l’importation du virus », ajoute le Pdg de IATA.

OACI CART
IATA mise notamment sur le travail du groupe de travail mis en place par l’OACI pour préparer l’après-crise

Pour concilier mobilité et sécurité, l’association internationale du transport aérien souffle donc d’autres solutions aux autorités concernées, à appliquer « jusqu’à ce que nous disposions d’un vaccin, de passeports immunitaires ou de tests de COVID-19 presque instantanés », précise Alexandre de Juniac. IATA préconise notamment de d’empêcher les personnes symptomatiques de voyager, en surveillant par exemple la température corporelle, comme l’a mis en place Air France depuis le début du déconfinement, le 11 mai. L’association prône également un système solide de déclaration de santé qui serait géré par les gouvernements, ainsi qu’un suivi rigoureux des interactions sociales du voyageur. En outre, IATA mise sur une harmonisation des procédures sous l’égide du Groupe de travail sur la reprise de l’aviation après la COVID-19 (« COVID-19 Aviation Recovery Task Force« , ou CART) mis en place par l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI).