D’après une étude 2009 TNS Sofres/Voyages-sncf.com et Routard.com portant sur les Français et le tourisme responsable, aujourd’hui “60 % des Français connaissent la notion de tourisme responsable contre 27 % en 2007 et 59 % en 2008”. Les plus informés sont les Parisiens (73 %) et les 35- 49 ans (69 %). Parallèlement, depuis 2002, l’écoresponsabilité est entrée dans la vie des entreprises cotées en Bourse via la Responsabilité sociale et environnementale (RSE) qui prévoit l’obligation, dans leur rapport annuel, de publier les conséquences sociétales et environnementales de leurs activités. Toutefois, surtout depuis la crise, la question du développement durable concerne toutes les sociétés, cotées ou non, comme l’explique Thierry Malfatto, directeur associé de l’agence Event Connection, groupe ELO, Éric Loizeau Organisations. “En période économique difficile, les entreprises doivent encore plus motiver leurs collaborateurs et clients en organisant des opérations ayant un sens !”
C’est ainsi que, sollicité par Orangina Schweppes à l’occasion de sa convention annuelle avec la mission de profiter de ce moment pour favoriser l’émulation interne, ELO a monté au Maroc l’opération Les Carrés de la dignité. L’objectif était de faire passer le message : “Se prendre par la main pour évoluer et se développer”. L’entreprise a donc choisi d’aider un village berbère en participant à la conception et à l’installation d’un système d’irrigation. Une quarantaine de familles marocaines ont pu ainsi acquérir des parcelles agricoles et vivre des ressources générées par ce moyen.Avec pour conséquence de freiner l’exode rural. Coût dee opération : environ 30000 euros. Pendant cette convention annuelle organisée au Maroc, 450 collaborateurs d’Orangina Schweppes se sont rendus sur place une demi-journée pour constater les résultats de cette action. L’année suivante, ELO a proposé à son client de capitaliser sur son incentive via un site extranet où tous les salariés pouvaient suivre l’évolution du village. Parallèlement, un concours destiné à la force de vente a permis aux lauréats de retourner sur place. Mais entre les bonnes intentions et la concrétisation, il y a un monde, comme le souligne Thierry Malfatto. “Il s’agit d’un travail de longue haleine car il nous faut amener le client à s’interroger sur la question de la récompense. Faut-il absolument partir au bout du monde ou comprendre que de vraies richesses incentive sont aussi à deux pas de chez nous ? La prise de conscience est progressive, mais il existe actuellement du côté des entreprises une réelle réflexion sur l’impact environnemental d’une opération. Il y a deux ans à peine, cette attitude était tout à fait exceptionnelle.”
En fonction de chaque opération, les agences peuvent faire appel à des spécialistes. Ainsi, en partenariat avec Chamonix et la chaîne hôtelière Accor, ELO a monté un programme de sensibilisation au réchauffement climatique, incluant notamment des randonnées sur la mer de Glace en compagnie d’Éric Loizeau, navigateur-alpinisteaventurier de renom et fondateur d’ELO. Moments d’une grande intensité. De son côté, Ethik Event, l’agence spécialisée intervenant dans les événements éthiques d’ELO, organise des incentives dans le noir complet afin de faire découvrir aux groupes de nouvelles sensations et les sensibiliser à la différence. Des dîners sont donnés dans les restaurants Dans le Noir auxquels l’agence est affiliée. Les convives prennent leur repas dans une totale obscurité, guidés et servis par des non-voyants. De la même manière, des ateliers et challenges peuvent être organisés dans le noir. “Ces expériences sont très appréciées car elles impliquent les participants en effaçant toutes les différences, qu’elles soient hiérarchiques, sociales ou physiques…”, explique Fabrice Roszczka, directeur général. Les participants s’entraident et échangent sans tabou, mettant en exergue la communication ; ce qui renforce là encore la cohésion.
Dans le même esprit, en 2008, Ethik Event a organisé des olympiades pour une société de vente par correspondance, avec des activités mettant en scène un handicap : course en fauteuils roulants et soirée animée par un groupe musical composé de non-voyants… Les lots prévus pour ces olympiades ont été convertis en dons financiers remis ensuite à une association. Les retombées de cette opération ont été si importantes que le client a décidé de la reconduire cette année ; avec un programme mettant en exergue des produits recyclés.
Autre acteur actif depuis de nombreuses années en matière de développement durable, l’agence Ormès adhère aux principes du Pacte mondial de l’ONU et invite ses prestataires à garantir que leurs pratiques sont conformes aux prescriptions en cours, pays par pays. En interne, une green team a été créée en 2008. Il s’agit d’un groupe de collaborateurs volontaires d’Ormès, de tous niveaux et compétences, qui ont décidé de s’impliquer dans la démarche RSE de l’agence. L’équipe se réunit tous les deux mois afin de faire le point sur les chantiers en cours, mesurer les résultats et fixer de nouveaux challenges. Parallèlement, l’agence soutient divers projets à caractère humanitaire : création d’une fondation pour aider les orphelins du tsunami en Inde, appui à la campagne de traitement des becs-de-lièvre au Vietnam, reconstruction d’une école après le cyclone Nargis en Birmanie, rénovation d’un village africain… ou encore, en France, collaboration avec le monde du handicap à travers l’association Handi-Art. Actions auxquelles les clients peuvent s’associer ponctuellement.
Dans tous les cas, l’agence Ormès s’implique dans les projets qu’elle accompagne, s’engage à les mener à terme et à en rendre compte. “De la même manière, pour nous, un incentive doit contribuer à créer un échange entre les participants et les habitants du lieu où se déroule l’opération”, dit Vincent Schelgel, directeur marketing. Une démarche responsable symbolisée notamment par le choix de l’agence de ne faire, en 2009, aucun cadeau d’entreprise en fin d’année. En revanche, elle a décidé de verser le budget habituellement consacré à cette tradition à l’association Mécénat chirurgie cardiaque enfants du monde, qui permet à des enfants étrangers d’être opérés en France.
Pour l’agence Public System, l’engagement en matière de développement durable ne date pas d’hier, comme l’indique Christophe Larrenduche, directeur général de la filiale Sagarmatha. “Nous sommes l’une des premières agences de communication à avoir adopté une démarche de responsabilité sociale environnementale.” Depuis plusieurs années, l’agence soutient plusieurs associations dont, via l’Anaé, TFD, Tourism For Development. De même, en automne 2008, Sagarmatha a ouvert le département Namaska, spécialisé dans l’organisation d’événements à caractère solidaire et/ou durable. Parallèlement, en interne, toutes les émissions de carbone générées par les déplacements sont compensées via l’association CO2 Solidaire. Une pratique qu’elle propose également à ses clients. L’agence adhère aussi à Nos quartiers ont des talents, qui engage ses salariés à parrainer un jeune diplômé issu de la banlieue et à l’aider à trouver un emploi. Pour aller encore plus loin, elle a rejoint IMS Entreprendre pour la cité, un réseau favorisant l’engagement sociétal des entreprises développement durable réussie, nous devons réellement agir en experts… Et cela va bien au-delà de l’écoconception d’un événement”, souligne Christophe Larrenduche. Cette expertise a valu à l’agence l’organisation, pour 2010, du 50e anniversaire de l’Unapei, Union nationale des associations de parents de personnes handicapées mentales et de leurs amis. L’événement se tiendra à La Villette et prendra la forme d’un festival artistique. Chez Zitrocom Voyages, Delphine Masson, responsable du département voyages, propose aux entreprises de donner Enfin, l’agence a obtenu la certification Lucie, attribuée par Qualité France Association. Ce label permet aux consommateurs d’identifier les entreprises engagées pour le développement durable dans les domaines économique, social et écologique. Chaque année, les sociétés souhaitant obtenir ce certificat doivent prouver leurs efforts en la matière. “Afin de conseiller nos clients et leur organiser une opération à connotatio une connotation “durable” à leurs incentives ou réunions professionnelles. “Quelques heures, une journée… les possibilités sont multiples pour faire d’une opération une aventure solidaire et responsable. Et cela, qu’elle se tienne en France ou à l’étranger.” Cette initiative peut se traduire dans le choix des moyens de déplacement, des hébergements, du type de restauration… ou encore dans une compensation de carbone, l’implication dans une action solidaire : rénovation d’une école, aménagement de terrains de sport, fourniture de livres à une bibliothèque, reboisement d’un périmètre en danger, conversion de points gagnés lors d’un challenge en dons financiers à une association…
De son côté, l’agence Cap Kay, fondée en 2007, s’est positionnée sur le terrain des événements écoresponsables et développe avec l’Ademe, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, un outil qui devrait permettre aux entreprises d’obtenir un vrai retour sur investissement de leur engagement économique, social et environnemental. “Nous organisons notamment des challenges collaboratifs, sans compétition, composés d’ateliers ludiques et sportifs dans lesquels l’objectif commun est de trouver des solutions pour sauver la planète… Au travers de nos actions, nous souhaitons démontrer que le développement durable est également une source d ‘éco-innovation et de créativité”, affirme Erwan Chichery, directeur. Ce dernier note depuis 2008 une augmentation des demandes des entreprises pour des opérations orientées développement durable. Tendance appelée à se renforcer avec l’engagement de la France, via les accords de Grenelle II, qui étendront la RSE aux sociétés de plus de 500 salariés.
Dans la même ligne que Cap Kaya, l’agence Fair Incentive s’est positionnée À condition qu’elle soit attractive et créative ! Ainsi, EOS a remporté, en 2008, le Grand Prix de l’événementiel stratégique, pour un weekend organisé en baie de Somme sur le thème du handicap : 150 avocats ont participé au nettoyage d’une plage… Au travers de cette action, les tempéraments se sont révélés et une cohésion a pu se forger. “Il ne faut surtout pas que les entreprises craignent de teinter leurs incentives de solidaire ou d’humanitaire ! Au contraire, en période de crise, elles seront plus crédibles en organisant une telle opération et atteindront leurs objectifs tout en véhiculant une image positive”, conclut Michel Bensadoun. Incentive 4 ) Si la vague verte est une déferlante, les clients planifiant un incentive ne sont pas tous des militants écolos. Les prestataires ici conviés à une opération propreté lors d’un éductour d’Ethik Event sont prescripteurs. 5 ) À pied, à cheval ou à trottinette… électrique : les moyens de déplacement s’adaptent au terrain, à la saison, mais surtout à la tendance : moteurs polluants et pétaradants, s’abstenir. d’emblée sur le développement durable lors de sa création, en 2005, par Nicolas Blanquet, qui relève “qu’en France, il existe un grand décalage entre le discours officiel des décideurs et la réalité ; contrairement à l’Allemagne où cette démarche fait partie de la culture !” Michel Bensadoun, directeur d’EOS, partage cet avis : “Pour ce qui concerne l’événementiel, le marché français est plus d’intention que de concrétisation.”
L’un des freins à son essor est lié à la méconnaissance de ce qu’implique le développement durable avec, en particulier, la crainte qu’une telle opération se révèle plus onéreuse qu’un événement classique. Une fois rassuré et informé, généralement le client accepte la proposition. À condition qu’elle soit attractive et créative ! Ainsi, EOS a remporté, en 2008, le Grand Prix de l’événementiel stratégique, pour un weekend organisé en baie de Somme sur le thème du handicap : 150 avocats ont participé au nettoyage d’une plage… Au travers de cette action, les tempéraments se sont révélés et une cohésion a pu se forger. “Il ne faut surtout pas que les entreprises craignent de teinter leurs incentives de solidaire ou d’humanitaire ! Au contraire, en période de crise, elles seront plus crédibles en organisant une telle opération et atteindront leurs objectifs tout en véhiculant une image positive”, conclut Michel Bensadoun.




















