
Nous ne reviendrons pas ici sur les événements qui ont secoué Paris et de grandes métropoles françaises le week-end dernier en marge des manifestations contre la vie chère. Ni ne dresserons la liste des rassemblements autorisés ou non attendus le samedi 24 octobre. Les médias d’actualité français et étrangers y consacrent déjà une large place. Pour autant, cette situation chaotique peut affecter les voyages d’affaires en France dans les jours et semaines à venir, avec une importante manifestation syndicale attendue le 5 novembre. Dès lors, que recommande un observateur attentif de la situation comme le leader mondial de la sûreté-sécurité International SOS ?
Lors d’une visioconférence, Béatrix Renaut, responsable sécurité, et Tamara Naidoo, analyste senior, ont fait un point sur la situation tout en faisant part des recommandations de leur groupe. Malgré le vent de violence qui a enflammé ses principales villes le week-end dernier, International SOS considère toujours la France comme un pays à faibles risques pour les déplacements des professionnels.
« Même si les images peuvent paraître assez spectaculaires vues de l’extérieur, les émeutes sont en réalité localisées et notre notation du risque pour la France n’a pas changé », a précisé Béatrix Renaut. « Aucune interdiction de voyage, de quelque nature que ce soit, n’est donc recommandée à ce stade, a souligné laresponsable sécurité d’ISOS. Les déplacements professionnels et les échanges universitaires prévus peuvent se poursuivre en appliquant les précautions de sécurité habituelles. »
Parmi lesquelles, des règles de base évidentes – se tenir à l’écart des rassemblements et partir dès les premiers signes de tension ou encore éviter les lieux de vie nocturne au cœur des perturbations –, mais aussi ne pas franchir de barrage érigé par les manifestants et prendre des photos, ou encore se tenir informé des consignes officielles de couvre-feux et du parcours des manifestations. International SOS se plait dans ce cadre à mettre en avant ses alertes de sécurité mises à jour en continu ou son application d’assistance, qui peut envoyer des notifications d’alertes tout en comportant un bouton pour joindre directement le centre d’assistance parisien.

Par-delà le contexte actuel, International SOS a sorti la boule de cristal pour envisager la suite des événements dans les semaines ou mois à venir, avec en perspective l’élection présidentielle de 2027. Avec deux scénarios : celui d’un moindre mal où l’activité contestataire s’atténuerait au fil de la lassitude des manifestants et du froid hivernal, l’absence d’une cause unique et fédératrice pesant sur la mobilisation. « Dans ce contexte, le scénario le plus probable n’est pas celui de troubles à l’échelle nationale, mais celui d’une fragmentation politique persistante, avec des manifestations localisées », décrit Tamara Naidoo. L’analyste d’ISOS parle ainsi de « différents syndicats, différents groupes sociaux manifesteront en même temps, et divers types de sites pourront être visés, des dépôts de carburant par exemple, en plus des établissements scolaires ».
Mais International SOS envisage aussi un autre scénario, plus anxiogène, avec des manifestations ou des mouvements sectoriels intenses qui créent un environnement perturbé et volatil et des perturbations, en particulier autour des sites gouvernementaux et des centres-villes. « Ce que nous craignons, remarque Tamara Naidoo, c’est qu’un incident déclencheur fasse ensuite dégénérer les manifestations : un décès ou une blessure grave lors d’une manifestation, une décision parlementaire ou de justice controversée ou encore la perception d’une restriction des libertés publiques ». Un élément qui pourrait prendre du corps…






















