Rencontre avec Béatrice Cuif-Mathieu, vice-présidente de l’Unimev

Béatrice Cuif-Mathieu, vice-président de l'Unimev et directrice générale de SPL Grand Nancy Congrès et Evénements, présente les tendances du marché actuelles et à venir.

Béatrice Cuif-Mathieu, Directrice générale de SPL Grand Nancy Congrès et Evénements et vice-présidente de l’Unimev.

Quelles sont les grandes tendances du marché ?

Béatrice Cuif-Mathieu – Avec l’évolution du comportement des consommateurs, le marché a dû s’adapter. Les formats sont de plus en plus courts et les participants attendent un maximum d’informations ainsi qu’une exigence expérientielle. Le qualitatif prend le dessus sur le quantitatif. Après le ROI, le retour sur investissement, nous sommes passés au ROE, le Return on Emotion. Ce qui nécessite davantage d’innovations technologiques, artistiques et esthétiques. Il faut stimuler les cinq sens. C’est pour développer ces nouveaux outils que nous travaillons avec des start-up et des structures comme le French Event Booster. Créée à l’initiative de Viparis, en partenariat avec LÉVÉNEMENT, Weyou et Novelty, French Event Booster est la plateforme d’innovation qui permettra d’intégrer des expériences inattendues pendant les événements.

Comment voyez-vous les centres de congrès en 2050 ?

B. C-M – À mon avis, la part du digital ne va pas cesser d’augmenter. Les rencontres physiques ne vont pas pour autant s’arrêter, mais il y aura davantage de digital pour faire vivre une expérience de plus en plus émotionnelle et participative aux congressistes. On parle déjà de ROE aujourd’hui, je n’imagine pas ce que cela sera dans 30 ans !

Et qui consisterait en quoi ?

B. C-M – On peut imaginer de nombreuses technologies pour transformer les centres de congrès : réalité virtuelle, signalétique dynamique personnalisée, analyse des émotions des participants en temps réel… Demain, les participants seront certainement plus actifs, mais de manière individuelle, avec par exemple pour les congrès médicaux, la possibilité pour chacun, avec un casque de réalité virtuelle, d’assister/participer à une opération inédite. Viendra ensuite l’échange avec les confrères sur l’expérience personnelle vécue.

Vous voulez dire que les nouvelles technologies prendraient le pas sur l’intervention humaine ?

B. C-M – Elles pourraient être utilisées en amont de l’événement : possibilité de projeter la mise en place d’une exposition, des salles, etc. En 3D ou en réalité augmentée. Utilisation de l’intelligence artificielle et des robots au service de la logistique : mise en place de l’événement en fonction des plans transmis à la machine. Le gain de place amené par l’utilisation d’outils tels que les e-posters permettent d’imaginer un nouvel usage de certains espaces qui pourraient devenir une alternative aux musées, aux lieux culturels et permettraient de créer un événement dans l’événement pour les congressistes. Enfin le digital va, je pense, permettre de toucher plus de personnes ne pouvant pas forcément se déplacer, mais qui souhaitent participer à l’événement. À la différence d’aujourd’hui, ils auront la possibilité d’interagir, de vivre une expérience identique à celle vécue par les personnes physiquement présentes, grâce à des technologies qui leur permettront de se “transposer” dans les centres de congrès.