Interview : Guillaume Decard, Président de Var Tourisme

En marge de la conférence de presse organisée à Paris début avril, Guillaume Decard, Président de Var Tourisme et Vice-Président du Conseil Départemental du Var revient sur les atouts MICE de la destination Var.
Guillaume Decard, Président de Var Tourisme et Vice-Président du Conseil Départemental du Var
Guillaume Decard, Président de Var Tourisme et Vice-Président du Conseil Départemental du Var

Avec quel message êtes-vous venu à Paris ? Que voudriez-vous que les participants retiennent du Var en matière de tourisme d’affaires ?

Guillaume Decard – On est sur une offre supplémentaire, le tourisme d’affaires, par rapport à ce que nous pouvons proposer dans le Var : l’agrotourisme, les activités de pleine nature, le tourisme de plein air… Donc c’est un tourisme d’affaires que l’on doit valoriser, mettre en avant. L’objectif, c’est aussi de faire découvrir des pépites que nous avons sur le département, qui sont en mesure d’accueillir aujourd’hui le tourisme d’affaires. Car on le sait, le tourisme d’affaires a été un peu remodelé depuis la crise sanitaire. Les attentes sont maintenant beaucoup plus authentiques, avec des envies de proximité aussi, que l’on n’avait pas auparavant.

Des études montrent que les voyageurs MICE sont prêts à aller plus loin, et que cela profite notamment à Nice. Est-ce que c’est aussi le cas pour le Var ?

Guillaume Decard – C’est le cas, parce que ça permet de faire une rupture, une vraie coupure. Et qui n’est pas content de partir en séminaire hors de sa région, en particulier dans une destination comme le Var ? Le soleil est au rendez-vous, la mer est là, les paysages sont remarquables. Je ne vais pas dire que c’est des vacances, mais ça fait quand même une coupure où l’on peut se ressourcer, se retrouver, tout en travaillant. Le Var a ces atouts.

Avez-vous l’ambition de rivaliser avec les Alpes-Maritimes ou les Bouches-du-Rhône ?

Guillaume Decard – Non, nous n’avons pas les capacités ni les structures pour le faire. Mais nous sommes complémentaires. Les deux gros pôles restent la métropole Toulon Provence Méditerranée et Estérel Côte d’Azur avec Saint-Raphaël. Il n’y a pas aujourd’hui de gros porteurs dans le Var, et il n’y a pas, dans les années à venir, de projets de lieux pour accueillir de grands séminaires. Je pense que cette complémentarité, nous devons la garder. Même si c’est une niche, il faut qu’elle soit moderne, que les offres et les structures restent à la hauteur des personnes que nous accueillons.

Cela vous positionne de fait plutôt sur du haut de gamme…

Guillaume Decard – Étant donné que les domaines viticoles accueillent beaucoup de séminaires et qu’aujourd’hui on voit l’évolution de la qualité d’accueil, c’est vrai que faire un séminaire dans le Var, c’est un budget. Et la stratégie, c’est de rester sur ce positionnement. Pour vous donner un exemple, on fait 81 millions de nuitées par an dans le Var, dont 10 millions qui émanent du MICE.

Est-ce que vous arrivez à lisser cette activité sur l’année ?

Guillaume Decard – C’est tout l’enjeu aujourd’hui : travailler sur un tourisme à l’année, un « Var des quatre saisons ». Travailler l’attractivité, inciter les professionnels à avoir des taux d’ouverture plus importants, des nombres de jours d’ouverture plus larges. Des campings font des efforts, des professionnels des activités de pleine nature aussi. Et puis, l’objectif, c’est aussi de faire revenir les participants à titre personnel. S’ils se sentent bien, qu’ils trouvent des activités, qu’ils découvrent la destination pendant leur séminaire, on espère les faire revenir avec leur famille.

Ne manque-t-il pas une tête d’affiche, comme Toulon par exemple, pour ancrer l’offre MICE ?

Guillaume Decard – Pour avoir une tête d’affiche, il faut un projet sur six ou sept ans. Et ce n’est pas notre responsabilité : cela repose sur la volonté du territoire. Nous ne refusons personne. Plus on est nombreux, mieux on se porte !

Quelle est la valeur économique réelle du MICE pour le Var ?

Guillaume Decard – Un visiteur dans le cadre du tourisme d’affaires consomme en moyenne 84 à 94 euros par jour, contre 66 euros pour un touriste classique. Et on injecte à peu près 920 millions d’euros dans l’économie du département grâce au tourisme d’affaires.

Y a-t-il une vraie stratégie de développement MICE, avec par exemple un convention bureau dédié ?

Guillaume Decard – Nous avons créé en octobre dernier le Club Le Var à Paris, pour générer du business et entretenir un réseau entre Paris et le Var. Beaucoup de Varois ont des attaches à Paris. L’objectif, c’est de créer une passerelle et de dire : venez, descendez dans le Var.

Les sept nouveaux établissements 4 et 5 étoiles présentés début avril envoient un signal fort à la clientèle MICE…

Guillaume Decard – Cela montre surtout que le Var est en bonne santé. C’est le cas, puisqu’il reste le département le plus attractif de la région, y compris en termes de population. Et on voit que l’offre d’établissements est en augmentation, et surtout en termes qualitatifs. On est en train de rattraper un retard sur le segment quatre et cinq étoiles. Il y aura des problématiques à venir sur le trois étoiles, mais le haut de gamme, lui, prend une vraie vitesse de croisière dans le Var.