Interview : Thibaud Morand, Directeur Général Europe de LATAM

LATAM vient d'annoncer son retour le 5 juillet prochain à Paris après une suspension de ses vols de plus d'un an. L'occasion pour Thibaud Morand d'expliquer pourquoi la plus grande compagnie aérienne d'Amérique du Sud reprend ses opérations alors que les conditions de voyage restent toujours strictement encadrées.
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LATAM reprendra ses vols entre Paris CDG et Sao Paulo / Santiago du Chili le 5 juillet

LATAM est le premier transporteur d’Amérique du Sud avec un réseau de plus de 150 destinations et cinq bases – Brésil, Chili, Colombie, Equateur et Pérou. La compagnie propose des vols vers l’Europe depuis les trois hubs de Lima, Santiago du Chili et Sao Paulo. Elle propose ainsi des correspondances vers une centaine de destinations sur le sous-continent.

Comment se déroule la reprise des vols de LATAM sur l’Europe plus d’un an après le début de la pandémie ?

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Thibaud Morand, Directeur général Europe LATAM

Thibaud Morand – Avant la pandémie, LATAM desservait en Europe une demi-douzaine de destinations en Allemagne, Espagne, France, Italie, Portugal et Royaume-Uni. Nous avons repris progressivement notre trafic. A commencer par l’Espagne pour des raisons géopolitiques et historiques évidentes avec nos vols sur Madrid. Puis aussi en Allemagne, où la demande reste soutenue. Nous revenons maintenant à Paris. Pour l’instant nos vols sur Lisbonne et Londres restent suspendues en raison des restrictions sanitaires. Nous sommes cependant plutôt optimistes sur la reprise de notre réseau. Outre le Portugal et le Royaume-Uni, nous pourrions rajouter d’ici 2022 une autre destination en Europe. A priori Barcelone ou Milan. A l’horizon hiver 2021, nous voulons offrir au moins un vol quotidien depuis chacune de nos escales européennes.

Quels sont les motifs d’un retour à Paris alors que les conditions de voyage ne sont toujours pas réunies pour les Français souhaitant se rendre en Amérique du Sud ?

Thibaud Morand – On avait dans l’idée de revenir à Paris depuis longtemps mais nous avons du repousser à deux reprises ce retour. En fait, c’est la réouverture des frontières aux voyageurs vaccinés en France qui nous a motivé. Nous sommes certains que les Français bénéficieront prochainement d’allégements similaires dans les voyages. Ce qui veut dire que nous devons être déjà prêts afin de répondre immédiatement à la demande. Nous allons donc relancer le 5 juillet nos vols en Boeing 787-8 en configuration bi-classe. Nous proposerons trois fréquences hebdomadaires sur un axe Paris CDG-Sao Paulo-Santiago du Chili. Avec une montée progressive à cinq vols par semaine au cours de l’été et un vol quotidien à partir de novembre. En parallèle à Paris, nous relançons la liaison Madrid-Lima en juillet.

Le voyage d’affaires va probablement avoir des difficultés à retrouver ses niveaux de trafic d’avant-pandémie

Envisagez-vous une reprise du trafic affaires?

Thibaud Morand – Le voyage d’affaires va probablement avoir des difficultés à retrouver ses niveaux de trafic d’avant-pandémie. Mais on sent qu’il y a un besoin des entreprises à revoyager et je suis plus optimiste sur le moyen terme. Notre produit est en fait idéalement positionné pour faire face à la demande. La classe affaires a été reconfigurée début 2020 et elle offre sur Paris 30 sièges.

LATAM travaille-t-elle sur un produit Economy Premium ?

Thibaud Morand – Non, pas pour le moment, même si nous en avons étudié le principe. Nous avons préféré pour l’instant améliorer la classe affaires. Nous proposons également un produit « Economie + » à la fois sur nos lignes intercontinentales, régionales et domestiques. A l’intercontinental, il s’agit de quelques rangées à l’avant de l’appareil offrant plus d’espace pour les jambes.

LATAM est très impliquée dans la préservation de l’environnement et le développement durable du transport aérien. Quelle différence avec d’autres compagnies aériennes concernées par le même enjeu ?

Thibaud Morand – Depuis de nombreuses années LATAM souhaite être un modèle d’entreprise citoyenne dans le domaine de l’environnement mais aussi de la justice sociale. Nous travaillons par exemple à la production de bio-carburant même si nous savons qu’il s’agit d’un projet sur plusieurs décennies. Nous avons aussi pour objectif la neutralité carbone à l’horizon 2050. Et nous avons lancé la réduction de nos déchets plastiques. Le plastique à usage unique sera banni de nos avions d’ici 2023 et le plastique totalement éliminé en 2027. Mais surtout, nous savons que nous avons un rôle d’éducation et de promotion. Nous consacrons beaucoup de temps à expliquer nos actions aux passagers et cherchons à en faire des acteurs de la bio-diversité et de la protection de l’environnement. Ils peuvent par exemple participer à des projets que nous mettons en place. Impliquer nos passagers est peut être ce qui fait notre différence avec d’autres dans ce domaine.