Interview : Mike McCormick, Directeur exécutif et COO de la GBTA

La Convention européenne du voyage d’affaires s’est achevée vendredi au Maritim Hotel de Berlin, au terme de trois jours d’échanges, de rencontres et de formation dédiés au business travel. L’occasion pour Mike McCormick, Directeur exécutif & COO de l’association internationale, de dresser un premier bilan de l’évènement, tout en livrant son analyse du rôle de la GBTA et de ses priorités sur le marché. Entretien.
Mike McCormick (à droite), avec Rajeev Singh (Concur), à Berlin

Vous attendiez-vous à une telle affluence à l’occasion de cette Convention européenne du voyage d’affaires ?

Mike McCormick – On ne peut rien considérer comme acquis dans ce business… Nous étions plutôt optimistes quant au succès de cet évènement, mais cela a nécessité énormément de travail de la part des équipes pour parvenir à ce résultat : un évènement réussi, avec une audience record. Il s’agit probablement de la plus grande conférence dédiée au business travel en Europe. Au-delà de l’affluence, le niveau des intervenants, la qualité des contenus ont été véritablement exceptionnels.

Le nombre de participants é été multiplié par deux depuis l’édition 2013… Comment expliquez-vous une telle évolution ?

M. M. – Le partenariat avec la VDR a été fantastique, cela a entraîné une forte mobilisation du marché allemand, notamment. Mais on ne peut pas isoler un facteur unique. C’est un tout : un programme très qualitatif, une solide base de membres au sein de chacune des deux organisations, un contexte de reprise du secteur, au sein duquel les gens sont demandeurs d’évènements comme celui-ci pour faire des affaires.  

Cette convention européenne peut-elle atteindre l’ampleur de sa grande sœur américaine, reconnue comme la grand-messe du business travel au niveau mondial ?

M. M. – Nous l’espérons tous, bien entendu ! Il y a beaucoup d’opportunités en Europe pour permettre à cet évènement de grandir. Il a d’ailleurs bien progressé depuis sa première édition. La convention américaine a maintenant une longue histoire. Elle existe depuis 25 ans… Mais je ne vois pas pourquoi nous ne pourrions avoir ce type d’évènement de grande envergure ici en Europe, d’autant qu’il y a une véritable demande en ce sens.   

Pouvez-vous appliquer les mêmes méthodes des deux côtés de l’Atlantique ?

M. M. – Il faut toujours s’adapter aux marchés régionaux, mais il y a des fondamentaux qui fonctionnent partout. Le contenu est primordial, non seulement sur le plan des conférences mais aussi au regard des sessions de formation. Le temps de chaque invité est précieux. Il leur faut donc choisir de quelle façon l’investir et l’optimiser au mieux.

Peut-on désormais considérer que l’ancienne NBTA (National Business Travel Association) est désormais bien « Globale » ?

M. M. – Oui, sans aucun doute. Il suffit d’étudier l’origine de nos membres, qui sont désormais plus nombreux  en dehors du marché américain. La GBTA est donc aujourd’hui une véritable structure globale.

Quelles sont les principales problématiques sur lesquelles travaille aujourd’hui la GBTA ?

M. M. – Il s’agit finalement des mêmes problématiques depuis plusieurs années : la simplification des procédures pour le passager, afin de rendre son parcours plus fluide au sein de l’aéroport. Cela passe par des programmes gouvernementaux pour faciliter les déplacements professionnels d’un marché à l’autre. Les taxes qui pèsent sur le voyage sont encore élevées, nous nous assurons donc que les gouvernements ont également conscience des conséquences que cela implique. C’est un fardeau qui pèse sur l’industrie. Parallèlement, nous avons aussi besoin de transparence, c’est la raison pour laquelle nous avons rédigé cette « Charte de Berlin » présentée à l’occasion de cette conférence. Les fournisseurs, en l’occurrence les compagnies aériennes,  doivent reconnaître que le client, c’est l’entreprise ! Même si l’attention se focalise aujourd’hui sur le voyageur, c’est bel et bien son entreprise qui paie l’addition. Nous militons donc pour davantage de transparence vis-à-vis de ce qui est compris ou non dans le tarif indiqué, pour que l’information soit fournie au client. Il est crucial que la « data » circule, de la donnée pertinente. 

Quel regard portez-vous sur le marché européen, et tout particulièrement sur le marché français du voyage d’affaires ?

M. M. – Il est très positif de constater une croissance sensible des marchés européens, tout particulièrement en Allemagne, au Royaume-Uni et en France, qui sont les moteurs économiques de la région. C’est bon pour l’économie internationale, car tout est lié aujourd’hui.  La reprise économique est liée aux déplacements professionnels : les entreprises en quête de croissance ne peuvent pas se replier sur leur marché domestique. Ce qui est bon pour l’industrie du voyage d’affaires est donc bon pour le business 

La GBTA grandit aussi en France, où l’association fêtera bientôt ses deux ans d’existence…

M. M. – C’est également un point très positif de constater que les professionnels du marché français se réunissent sous l’égide de la GBTA.  Je suis très fier de ce que nous avons déjà accompli en France, et je ne peux que souhaiter que ce réseau français continue à se développer comme il le fait depuis bientôt deux ans.