Israël : des risques réévalués à la baisse par International SOS

Après l'envoi d'une mission d'observation sur place, International SOS estime que tous les déplacements peuvent reprendre en Israël, hormis les zones frontalières avec le Liban, la Syrie et la bande de Gaza.
Panorama sur Tel Aviv et Jaffa (c) Ministère du Tourisme d'Israël
Panorama sur Tel Aviv et Jaffa (c) Ministère du Tourisme d'Israël

Bien sûr, la guerre qui secoue le Proche-Orient depuis octobre 2023 est encore loin d’une issue définitive. Si les libérations d’otages israéliens et de prisonniers palestiniens s’organisent au compte-gouttes, la trêve entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza reste fragile. Entamée le 19 janvier, sa première phase est censée s’achever le 1er mars, mais cette accalmie n’est pas à l’abri de soubresauts. Et les déclarations choc de Donald Trump sur l’avenir du territoire gazaoui ne sont pas de nature à apaiser les esprits.

Pour autant, le cessez-le-feu dans la bande de Gaza comme la réduction des tirs de roquettes à la frontière israélo-libanaise réduisent les risques pesant sur les voyageurs d’affaires amenés à se rendre en Israël. Dans ce cadre, cette évolution a conduit International SOS à envoyer une équipe sur place pour réévaluer les risques et, partant, revoir les conseils donnés aux entreprises. Organisée du 26 janvier au 1er février dernier, cette mission a visité plusieurs villes, Tel Aviv et Jérusalem, mais aussi Herzliya, Haïfa, Ashdod et Ashkelon, ou encore Ramallah, la capitale administrative de l’Autorité Palestinienne.

Mission d’observation

En conclusion de ces observations in situ, International SOS a abaissé le niveau d’évacuation préconisé jusque là. Alors que les consignes données étaient d’évacuer le personnel non essentiel en raison de la trajectoire incertaine du conflit mais aussi d’une offre aérienne très limitée, les préconisations sont redescendues à « Stand-By ». La reprise des vols d’Air France et de Transavia depuis la fin janvier entre Paris-CDG et Tel Aviv a pu influer dans ce changement, une montée en puissance étant prévue vers un retour progressif à la fréquence quotidienne habituelle.

De la même manière, en ce qui concerne le niveau de risque aux frontières israéliennes, son estimation a été revue à la baisse à la suite de ce voyage. Les zones situées entre Israël et le Liban, passées à risque élevé l’été dernier, sont redescendues à « risques modérés« . Néanmoins, même si les échanges de tirs entre Israël et le Hezbollah sont plus limités depuis la fin d’année dernière, International SOS recommande toujours à tous les voyageurs de reporter leur déplacement dans les zones situées à moins de sept kilomètres des frontières d’Israël avec le Liban, mais aussi avec Gaza et avec la Syrie.

En revanche, alors qu’International SOS invitait à surseoir à tous les déplacements non essentiels en Israël, de même qu’à encadrer ceux jugés essentiels par des mesures de sûreté adaptées, le spécialiste de la sûreté et de la sécurité estime aujourd’hui que tous les déplacements peuvent reprendre dans le reste du pays. « Avec des précautions de sûreté personnelles renforcées« , ajoute International SOS, qui précise par ailleurs que malgré une amélioration « soutenue« , l’environnement sécuritaire devrait rester « très fragile au cours des prochains mois« .

Le Quai d’Orsay toujours prudent

En raison de cette situation sécuritaire régionale précaire, le ministère des Affaires étrangères déconseille toujours aux ressortissants français de se rendre en Israël et dans les Territoires palestiniens, « sauf pour des raisons impératives« . Notamment en raison de risque d’attentats qui demeure très élevé comme des frappes de drones et de missiles en provenance du Yémen sur le territoire israélien.

Si les abords de la bande de Gaza, de la frontière avec le Liban comme du plateau du Golan restent logiquement « strictement déconseillés » par le Quai d’Orsay, la situation sécuritaire en Cisjordanie conduit aussi le ministère à déconseiller de s’y rendre et à inviter les Français présents à y « faire preuve de la plus grande prudence » en se tenant à l’écart de toute manifestation ou rassemblement. Une recommandation qui s’applique également pour Jérusalem, notamment dans la vieille ville et à l’est de la métropole.