Jeux Olympiques : quels impacts sur les événements B2B et la vie de bureau ?

Evénements B2B, télétravail : les Jeux Olympiques ne seront pas sans conséquences sur la vie professionnelle des Franciliens cet été.
Les Jeux Olympiques et Paralympiques se tiendront du 26 juillet au 11 août et du 28 août au 8 septembre.
Les Jeux Olympiques et Paralympiques se tiendront du 26 juillet au 11 août et du 28 août au 8 septembre.

Quels impacts les Jeux Olympiques auront-ils sur les événements B2B et la vie de bureau ? Récemment Coach Omnium, dans le cadre de son étude annuelle sur les tendances du MICE en France, estimait que plus du tiers des entreprises verraient leur activité MICE orientée à la baisse en raison de la tenue de cet événement mondial. Et cela au global en 2024 et tous secteurs confondus, les banques comme les cabinets de conseil ou les associations, les grandes entreprises comme les PME.

Si 41% des entreprises s’attendent à une activité stable en dépit de l’afflux de touristes à Paris au creux de l’été mais aussi à la rentrée de septembre avec la fin des Jeux Paralympiques, d’autres entreprises seront sur le pont pendant la période olympique. Médias, communication, tourisme, transports, agroalimentaire : un peu plus d’un dixième des entreprises interrogées (12%) devrait voir une hausse des réunions et événements. « Tous les lieux Sodexo adaptés aux MICE seront proposés en format JO pendant la période des Jeux pour accueillir les évènements des entreprises, sponsors, médias, partenaires, etc., mentionnait Eric Chauvet, directeur commercial et marketing de Sodexo Live. Cette initiative va permettre de générer une nouvelle activité ponctuelle sur l’été, période généralement peu propice aux MICE« .

Une fois la flamme éteinte, un retour à la quasi normale est attendue. Selon Coach Omnium, la destination Paris restera globalement attractive pour des réunions et événements en deuxième partie d’année pour plus de la majorité des entreprises interrogées (61%). Cependant, un nombre conséquent d’entre elles (28 %) tourneront encore le dos à la capitale, notamment par crainte de prix toujours élevés en ce qui concerne les transports et l’hôtellerie.

Une autre enquête, réalisée en mars par Interface Tourism Interface auprès des professionnels du tourisme, met en lumière l’impact des JO à la fois sur les événements B2B et l’organisation du travail. Si 35% des professionnels se trouvant en région parisienne ne voudront pas participer à des événements B2B s’ils sont organisés pendant les Jeux, à l’inverse un professionnel sur cinq prévoit d’y participer pendant cette période. Le reste se partage entre les 12% d’indécis et ceux qui statueront (33%) en fonction de l’intérêt de l’événement en question.

La perspective de transports bondés et de rues embouteillées, entre autres tracasseries telles QR Codes et contrôles, invite aussi de nombreux professionnels du tourisme à y réfléchir à deux fois à faire le trajet domicile-travail. Ainsi 21% d’entre eux envisagent de télétravailler pendant la période des Jeux. Sans pour autant avoir de cadre précis puisque, selon 63% des interrogés, leur entreprise n’a pas encore pris de dispositions quant au travail pendant cette période.

Ce qui rejoint un sondage plus large réalisé par Opinion Way pour Alight auprès de plus de mille salariés dans toute la France. Parmi ceux-ci, seuls 24% ont reçu des directives précises de leur société afin d’organiser différemment leur temps de travail pendant la période. Une majorité se dégage (52%) pour trouver logique que les entreprises imposent du télétravail ou des congés pendant cette période.

Quant aux salariés franciliens et ceux des villes accueillant des épreuves, près de la moitié (47%) prévoit de demander à leur entreprise d’être entièrement en télétravail pendant les Jeux Olympiques (du 26 juillet au 11 août) et Paralympiques (du 28 août au 8 septembre). Près de sept salariés franciliens sur dix (69%) disent même « redouter » cette période. Pour ceux qui ne calqueraient pas leurs congés sur la quinzaine sportive, plus de la moitié des salariés, en particulier dans les grandes entreprises, envisagent de télétravailler en région ou à l’étranger. Quant aux professionnels non franciliens, plus des trois quarts éviteront Paris et les villes concernées par les épreuves pendant la période. Sans oublier de plaindre leurs collègues à une très large majorité (80%).

Full télétravail, horaires décalés, congés payés calés sur les JO : l’Etat a déjà choisi en montrant l’exemple. Les agents de la fonction publique pourront en effet télétravailler dix jours de plus en 2024 en raison des Jeux olympiques. En espérant sans doute avoir un effet d’entraînement sur le secteur privé à travers un motto partout relayé : « Pour gagner du temps pendant les Jeux, l’important, c’est de télétravailler ! »

Et si ce message était entendu au delà de toutes espérances ? L’exemple des JO de Londres 2012 pourrait être éclairant. Ni le maire de l’époque Boris Johnson, ni le gouvernement britannique n’avaient ménager leurs efforts en amont de l’événement pour faire passer un message très clair : « Avoid London ». Avant même que le télétravail ne rentre dans les habitudes, les Londoniens étaient invités à rester devant leurs ordinateurs, à domicile. Avant que le Premier Ministre David Cameron ne fasse machine arrière lors d’une interview accordée à Sky News début août : « Londres est ouverte aux affaires. Revenez dans la capitale, venez faire vos courses, venez manger dans les restaurants et faisons en sorte que toute l’économie londonienne en profite« . Une supplique alors qu’en dehors du parc olympique, les restaurants, les magasins ou les théâtres sonnaient creux, sans embouteillages ni de transports surbondés. Mieux vaut prévenir, mieux vaut guérir.