Lente réouverture de l’aéroport de Bruxelles

Un appareil de Brussels Airlines en vol

Comment s’organise désormais la desserte de l’aéroport de Bruxelles National à Zaventem ? Tandis que le trafic en train n’a toujours pas repris vers l’aéroport depuis la ville – seuls les taxis et voitures privées sont autorisés ainsi que des autocars affrétés -, les compagnies aériennes s’organisent pour faire face à la reprise progressive du trafic depuis le principal hub aérien de la Belgique.

L’aéroport de Bruxelles a en effet rouvert dimanche, accueillant une poignée de vols. Mais selon les informations de Brussels Airlines et de l’aéroport de Bruxelles National, le trafic va peu à peu se densifier même s’il faudra probablement six mois pour retrouver un niveau de capacité équivalent à celui qu’il était avant l’attentat. Bruxelles en 2015 avait accueilli 23,5 millions de passagers, les seuls mois de janvier et février ayant vu passer entre 1,2 et 1,5 million de passagers sur la plate-forme.

Les installations temporaires ne pourront pour l’instant que traiter 800 passagers par heure, un cinquième de la capacité normale de l’aéroport. De nombreux vols continueront donc d’atterrir sur des plates-formes annexes pendant quelques mois.

Brussels Airlines a repris ce lundi ces vols mais de façon limitée. Selon l’horaire provisoire de la compagnie, 27 vols sont assurés ce lundi sur l’Europe, dont les lignes vers Nice ainsi que des Thalys sur Paris. Sur son réseau intercontinental, la compagnie assure trois vols de Bruxelles vers New York, Banjul/Dakar et Douala/Yaoundé. Une vingtaine d’autres liaisons sont assurées essentiellement via Liège ou pour certaines via Anvers. D’autres vols long-courrier Afrique partent également de Francfort ou Zurich avec pré-acheminement. Dès mardi, Brussels Airlines proposera 72 vols sur l’Europe –notamment vers Lyon, Marseille, Nice, Paris et Toulouse ainsi que cinq liaisons intercontinentales (New York, Coventry/Dakar, Cotonou/Abidjan, Luanda/Kinshasa, Entebbe/Kigali et Freetown/Monrovia).

On annonce aussi que Lufthansa a repris l’un de ses vols direct sur Bruxelles ainsi qu’Air Canada. Les compagnies de Star Alliance seront vraisemblablement parmi les premières à reprendre leurs vols directement à Zaventem.

Pour les autres compagnies régulières, des alternatives sont proposées sur les proches aéroports qui entourent la capitale belge, peu de compagnies intercontinentales ayant en fait réaffecté leurs vols sur d’autres plaques-tournantes. « Hormis lors de la journée tragique du 22 mars, on n’enregistre pas d’augmentation réelle de capacités ou de vols réaffectés sur Roissy », confirme un porte-parole d’ADP. Même constatation à Amsterdam par l’autorité aéroportuaire qui n’observe pas de mouvements supplémentaires importants.

En revanche, l’aéroport de Liège accueille de nombreux vols intercontinentaux et européens. Liège –une importante plaque tournante du fret – possède en fait toutes les infrastructures pour accueillir des opérations aériennes à fort volume : l’aéroport a deux pistes dont une de 3 600 mètres –capable d’accueillir de gros porteurs – et une piste secondaire de 2 400 mètres, suffisante pour des avions moyen-courriers. Quant à l’aérogare, ouverte en 2005, elle permet l’accueil de 1,5 million de passagers annuels ou 500 par heure.

Du coup, Brussels Airlines a transféré une quinzaine de ses vols vers Liège. Mais pas seulement : Lufthansa et British Airways ont réorganisé leurs vols au départ de Liège ainsi que Thai Airways International qui propose ses quatre vols par semaine depuis la plate-forme wallonne. Jusqu’à la fin de la semaine, les compagnies suivantes opèrent leurs fréquences sur Bruxelles via :

Bruxelles reprise trafic 2016

D’autres transporteurs comme Emirates, Finnair, Qatar Airways, SAS Scandinavian Airlines ou United réacheminent leurs passagers vers d’autres villes prenant généralement en charge le coût du transfert vers Bruxelles. Les principaux aéroports alternatifs sont Amsterdam, Paris CDG, Düsseldorf ou Francfort.

Les transporteurs low cost ont également réaffecté leurs vols vers des aéroports alternatifs : à commencer par Lille qui accueille des vols de Easyjet et Vueling. « Cela représente 40 à 42 mouvements quotidiens par jour à peu près également répartis entre les deux compagnies. Nous avons mis en place une navette directe par bus depuis l’aéroport vers la gare de Bruxelles Midi dont nous prenons en charge les coûts par solidarité avec nos collègues de Belgique », indique Edouard Aulanier, responsable de la communication à Lille.

A Bruxelles Sud-Charleroi, second aéroport de Belgique avec un trafic de sept millions de passagers, deux avions supplémentaires de Ryanair-basés normalement à Bruxelles Zaventem- ont été transférés sur la plate-forme low cost. Ryanair exploitait déjà une base sur cet aéroport. Air Arabia et d’autres compagnies low cost ou charter ont également transféré leurs vols. Ce qui représente une cinquantaine de mouvements supplémentaires par jour.

Ce provisoire risque de durer au moins jusqu’en mai, le temps pour l’aéroport de Bruxelles de continuer à redévelopper des structures adéquates à un volume de trafic plus important.

Bruxelles, plaque tournante essentielle à la Belgique 

Bruxelles est l’un des premiers aéroports d’Europe par son trafic passagers, arrivant en 20ème position en 2015 avec ses 23,5 millions de passagers- en hausse de 7% par rapport à 2014. La plate-forme bruxelloise, hub du transporteur national Brussels Airlines- achemine 75% du trafic passagers de la Belgique.

Sur le plan économique, Bruxelles National est le second pôle de croissance économique en Belgique représentant 18% du PIB du pays, l’équivalent de 3,2 milliards d’euros injectés annuellement dans l’économie locale. L’aéroport est également un très important centre d’acheminement des marchandises avec 490 000 tonnes de fret par an. L’aéroport permet l’emploi direct et indirect de 60 000 personnes.

Selon l’horaire originel d’avril 2016 (source : flightmapsanalytics), Bruxelles National était relié à 155 villes dans le monde par 56 compagnies aériennes régulières.  La capacité totale en sièges offerte sur un mois (base avril 2016) s’élève à 1,353,321, Brussels Airlines avec 487,803 sièges représente 36% de la capacité totale en sièges. Elle est suivie par Ryanair, Jetairfly, Lufthansa et Easyjet.