Londres : Uber poussé vers la sortie ?

L’avenir d’Uber à Londres est menacé. La licence de l’opérateur VTC vient d’être suspendue par Transport for London (TfL) pour des raisons de sécurité. Une décision non effective à l'heure actuelle, et dont Uber va faire appel.

Uber
L'activité du VTC Uber est menacée à Londres

Les nouveaux entrants du voyage ont tendance à agacer les destinations affaires, notamment en Europe… Alors que la Mairie de Paris – et les hôteliers – s’insurgent contre le nouveau contrat de sponsoring conclu entre Airbnb et le Comité international olympique (CIO), C’est au tour d’Uber de s’attirer les foudres des pouvoirs publics. A Londres, les autorités en charge des transports (TfL, Transport for London) ne comptent pas renouveler la licence d’exploitation accordée à la plateforme VTC. En cause : un manque de fiabilité dans l’identification des chauffeurs, qui se traduit par un manque de sécurité pour les usagers. Les autorités londoniennes expliquent : « une modification apportée aux systèmes d’Uber a permis à des chauffeurs non autorisés de télécharger leurs photos vers d’autres comptes Uber. Cela leur a permis de prendre en charge les passagers comme s’ils étaient le conducteur réservé, ce qui s’est produit lors d’au moins 14 000 voyages, mettant ainsi la sécurité et la sûreté des passagers en danger ». Des chauffeurs licenciés ou suspendus par Uber, voire sans permis de conduire, ont ainsi pu profiter de ces failles, remettant clairement en cause la fiabilité de la plateforme de réservation.

Pour l’heure, Uber circule toujours dans les rues de Londres, et va faire appel de la décision de TfL, dénoncée comme « extraordinaire et mauvaise ». « Au cours des deux dernières années, nous avons fondamentalement changé nos activités et nous établissons des normes en matière de sécurité. Il y a seulement deux mois, TfL nous considérait comme un opérateur compétent, et nous continuons à progresser. Au nom des 3,5 millions de conducteurs et des 45 000 titulaires de permis de conduire qui dépendent d’Uber à Londres, nous continuerons à fonctionner normalement et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour travailler avec eux ».

Les autorités confirment le caractère suspensif de l’appel, mais assurent qu’elles resteront vigilantes quant aux garanties à apporter : « Si [ses responsables] font appel, Uber peut continuer à fonctionner et nous surveillerons de près l’entreprise pour nous assurer que la direction a mis en place des contrôles solides pour s’assurer que la sécurité n’est pas compromise », indique Helen Chapman, directrice de la division en charge des licences et de la régulation au sein de TfL.

Uber est désormais habitué à ces péripéties réglementaires, qui remettent régulièrement en question sa légitimité et surtout sa légalité. En début d’année déjà, le fonctionnement de la plateforme VTC avait été remis en cause à Bruxelles, et plus récemment, au début du mois de novembre, le canton de Genève a pris des mesures pour bannir les véhicules Uber.