Premier vol long-courrier d’Air France avec du carburant aérien durable

Air France-KLM a réalisé le premier vol long-courrier avec du carburant aérien durable. Une initiative menée conjointement avec Total, Groupe ADP et Airbus, qui démontre que le transport aérien français travaille sur des solutions plus compatibles avec la protection de l'environnement. 
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Le premier vol long-courrier de France avec un carburant aérien durable ou SAF (« Sustainable Aviation Fuel« ) a été effectué le 18 mai. Il s’agissait du vol Air France 342 partant de l’aéroport de Paris-Charles de Gaulle à destination de Montréal. Dans ses réservoirs, on y trouvait ainsi un carburant aérien durable produit dans ses usines françaises par Total.

Le vol concrétise ainsi l’ambition commune des acteurs français du transport aérien de décarboner leur activité et de développer une filière française de production de carburants aériens durables. C’est un prérequis indispensable à la généralisation de leur utilisation dans les aéroports français.

L’avantage de ces biocarburants tient à une utilisation universelle. En effet, ils peuvent être utilisés sans qu’aucune modification ne soit apportée ni aux infrastructures logistiques de stockage et de distribution, ni aux avions, ni aux moteurs. Leur utilisation progressive à l’échelle mondiale doit permettre de diminuer de façon significative les émissions de CO2 du transport aérien, en lien avec les Objectifs de Développement Durable des Nations Unies.

20 tonnes de CO2 évitées grâce au biocarburant

Le biocarburant utilisé pour ce vol est issu de déchets et de résidus provenant de l’économie circulaire. Il a été produit par Total à partir d’huiles de cuisson usagées, sans avoir recours à aucune huile vierge d’origine végétale.

Ce premier SAF « Made in France » a été certifié ISCC-EU par l’International Sustainability & Carbon Certification, un organisme indépendant qui en garantit la durabilité. Son incorporation à hauteur de 16% sur ce vol a permis d’éviter l’émission de 20 tonnes de CO2.

En soutenant ainsi la première étape d’une filière française de carburant aérien durable, Air France-KLM, Total, Groupe ADP et Airbus montrent la voie pour faire de la France un pays moteur de la transition énergétique et environnementale. La législation française prévoit aujourd’hui l’incorporation de 1% de biocarburant sur tous les vols au départ de France à partir de 2022. Ce pourcentage passera à 2 % en 2025 et à 5 % en 2030. Pour respecter cet objectif, Total produira des biocarburants aériens durables dès 2024.

Outre l’utilisation de carburant aérien durable, l’Airbus A350 consomme 25% de carburant en moins que les modèles plus anciens. La fourniture en carburant de l’avion a été effectuée au moyen du premier camion avitailleur 100% électrique, développé en France avec l’expertise de Total. Tout comme l’étaient aussi les engins de piste utilisés par Air France.

A terme, des avions volant avec 100% de biocarburant 

Air France-KLM est l’un des pionniers de l’expérimentation des carburants aériens durables. KLM a effectué dès 2009 le premier vol avec du SAF. Le Groupe a depuis multiplié les programmes. Entre 2014 et 2016, Air France a mené 78 vols avec 10% de SAF. Cette expérimentation a permis de démontrer que l’utilisation de carburant durable n’a aucune incidence sur la fiabilité des opérations des compagnies aériennes. Le Groupe Air France-KLM entend renforcer son leadership, notamment en s’associant aux recherches sur les avions du futur.

Parallèlement à cette opération, Airbus mène plusieurs séries de tests afin de certifier en vol les avions de ligne avec 100% de biocarburant aérien durable dans les prochaines décennies. Des stations d’avitaillement dédiées au SAF ont également été installées. Le groupe Airbus a pour objectif de décarboner l’ensemble de son activité industrielle.

À l’occasion de ce premier vol, Benjamin Smith, Directeur Général d’Air France-KLM a déclaré : « Les carburants aériens durables constituent, avec le renouvellement de notre flotte, le principal levier pour réduire de moitié nos émissions de CO2 par passager/km d’ici à 2030. Ils sont donc au cœur de notre démarche, aux côtés de l’éco-pilotage et de la neutralité carbone de nos opérations au sol. La France a ainsi l’opportunité de se positionner en tant que leader dans la production et l’utilisation de carburants durables. Faire émerger une filière française économiquement viable est une priorité stratégique pour le pays et pour le groupe. »

Augustin de Romanet, Président-Directeur général du Groupe ADP, souligne : « Ce premier vol au départ de l’aéroport Paris-Charles de Gaulle est un symbole de notre ambition de décarboner le transport aérien. La feuille de route du transport aérien européen vise le zéro émission nette en 2050, et nous sommes désireux, en tant qu’exploitant d’aéroports, d’accompagner cette transition énergétique et de nous y engager.»