Le low-cost continue à grignoter des parts de marché en Europe

Ryanair est devenue la plus importante compagnie aérienne européenne en nombre de passagers tandis que dans le top 15 des transporteurs européens figurent déjà six compagnies low-cost.
Norwegian
Norwegian devrait dépasser son rival SAS et devenir la 8e plus importante compagnie européenne

C’était une petite révolution prévisible, mais le transporteur low-cost Ryanair est finalement devenue en 2016 la première compagnie aérienne européenne avec 116,8 millions de passagers, dépassant le groupe Lufthansa (Lufthansa, Swiss, Austrian et Eurowings) avec ses 110 millions de passagers. Troisième transporteur à atteindre en 2016 les 100 millions de passagers, le groupe IAG composé de British Airways, Iberia, Vueling et, depuis l’an passé, de l’Irlandais Aer Lingus. L’ensemble de ces compagnies a accueilli 100,7 millions de passagers. Suivent le groupe Air France-KLM avec 93,4 millions de passagers et en cinquième position, la seconde compagnie low cost d’Europe, Easyjet avec quelques 74,8 millions de passagers.

La dynamique low-cost reste donc ininterrompue. Alors que les compagnies traditionnelles ont enregistré des hausses modestes ou modérées – le groupe Lufthansa enregistre une hausse de ses passagers de 1,8%, Turkish Airlines de 2,5% tandis qu’Air France-KLM et SAS ont fait mieux à +4% – , le low cost affiche des hausses records. Turkish Airlines et Air France ont beaucoup souffert des attentats terroristes qui ont de fait plombé la demande.

Si Ryanair a enregistré un bond de 15% de ses passagers, la compagnie irlandaise n’affiche pas la meilleure performance. Le nombre de passagers utilisant Volotea est en hausse de 40%, le Hongrois Wizz Air a vu son nombre de passagers bondir de 18%, Transavia de 22,5% et Norwegian de 14%.

Seule exception à la remarquable performance des low cost : Airberlin, plus transporteur hybride que véritable low-cost, a connu une contraction de 4% de son trafic passagers. La compagnie navigue de plan de restructuration en plan de restructuration, réduisant sa flotte et son réseau. 2017 devrait d’ailleurs se traduire par une forte chute de trafic après une énième restructuration qui voit 38 de ses appareils passer sous pavillon Eurowings (groupe Lufthansa) et la concentration de ses activités sur Berlin Tegel et Düsseldorf.

Air Berlin
Les résultats d’Air Berlin contrastent avec les autres compagnies low-cost européenne

Easyjet a enregistré une croissance plus modeste par rapport à la concurrence à bas tarifs. Le transporteur au logo orange et blanc affiche une hausse de ses passagers de 6%.

Chez les transporteurs traditionnels, on constate que c’est souvent la filiale low cost du groupe qui tire vers le haut les chiffres de fréquentation. Ainsi, Eurowings a transporté l’an passé 8,8% de passagers supplémentaires contre +0,1% pour Lufthansa ou +2,5% pour Swiss ; Transavia et ses 22,5% de croissance contraste avec la baisse de 1% du trafic d’Air France/Hop à 49,7 millions de passagers et fait mieux que KLM en hausse de 6,4% ; chez IAG, Vueling caracole à +9% de passagers, soit le double de la croissance de British Airways.

En 2017, d’autres low cost devraient gagner des places dans le classement des plus grandes compagnies aériennes : Norwegian devrait dépasser son rival SAS Scandinavian Airlines, devenant ainsi la plus grande compagnie d’Europe du Nord et la huitième plus importante compagnie européenne. Le Hongrois Wizz Air, désormais le premier transporteur sur l’Europe Centrale et Orientale avec plus de 22 millions de passagers, devrait dépasser la compagnie nationale italienne Alitalia qui, elle aussi, souffre d’incertitudes dans son évolution.

Le lancement de lignes long courrier à bas tarifs, avec deux appareils basés à Barcelone pour le Groupe IAG, devrait continuer à accélérer la pénétration du transport low-cost ou hybride en Europe. Tout comme le projet de compagnie hybride long courrier d’Air France. Des stratégies qui devraient se refléter dans la parts de marché du transport low cost/hybride en Europe, qui devrait finalement atteindre les 50%.