Lufthansa affiche le meilleur chiffre d’affaires de son histoire en 2025

Le Lufthansa Group a transporté 135 millions de passagers en 2025 pour un chiffre d'affaires historique.
Carsten Spohr (Photo: Lufthansa)

Le Lufthansa Group a enregistré en 2025 la meilleure performance de son histoire en termes de chiffre d’affaires, tout en poursuivant sa transformation stratégique. Le groupe aérien allemand a vu ses revenus progresser de 5 % pour atteindre 39,6 milliards d’euros, contre 37,6 milliards en 2024.

Un résultat dont s’est d’ailleurs félicité Carsten Spohr, président du directoire de Lufthansa: « Il y a exactement 100 ans, la première Lufthansa était fondée. Les valeurs de qualité, de fiabilité et de connectivité continuent de faire notre succès aujourd’hui », déclarait-il en préambule à l’annonce des résultats.

Le bénéfice opérationnel ajusté (EBIT) a fortement augmenté pour atteindre 2 milliards d’euros, contre 1,6 milliard un an plus tôt, permettant à la marge opérationnelle de progresser à 4,9 %. Le résultat net est resté stable à 1,3 milliard d’euros, pénalisé par des effets fiscaux exceptionnels.

Tout semble avoir souri à la compagnie allemande l’an passé. Les compagnies passagers du groupe ont transporté 135 millions de passagers en 2025. Ce qui représente une hausse de 3 % sur un an. Le taux de remplissage a atteint un niveau record de 83,2 %.

Le chiffre d’affaires du segment passagers a progressé de 3 % pour atteindre 30,1 milliards d’euros, tandis que le bénéfice opérationnel combiné des compagnies s’est élevé à 1,1 milliard d’euros, en hausse de 4 %. ITA Airways, récemment intégrée au groupe, a contribué au résultat à hauteur de 90 millions d’euros.

Recettes unitaires en baisse

Lufthansa a aussi souligné que cette performance avait été obtenue dans un environnement complexe, marqué par des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, une demande temporairement plus faible au troisième trimestre – en particulier depuis et vers l’Atlantique Nord, et des retards persistants dans la livraison de nouveaux avions.

Ces facteurs ont de fait pesé sur les recettes unitaires moyennes. Elles ont reculé de 1,3 % à taux de change constant. Cependant, la croissance des revenus auxiliaires (services additionnels) a compensé en partie cette baisse. Ces revenus ont augmenté de 15 %, notamment grâce à l’offre premium Lufthansa Allegris.

Par ailleurs, la baisse du prix du kérosène et la faiblesse du dollar ont permis de réduire les coûts d’environ 500 millions d’euros.

La marque principale Lufthansa Airlines a également amélioré son résultat annuel d’environ 250 millions d’euros, retrouvant ainsi une marge opérationnelle positive de 0,9 %. Une amélioration due à la poursuite de son programme de transformation, Turnaround.

Ce programme s’est traduit par la poursuite de la modernisation de la flotte avec des avions moins gourmands en carburant et le développement des filiales Lufthansa City Airlines et Discover Airlines.

Turnaround devrait d’ailleurs gagner en vigueur en 2026 avec un effet positif attendu d’environ 1,5 milliard d’euros et une prévision de 2,5 milliards d’ici 2028.

Perspectives positives malgré les incertitudes géopolitiques

Pour 2026, malgré un contexte tendu, Lufthansa prévoit une nouvelle hausse du chiffre d’affaires et des résultats, soutenue par une augmentation d’environ 4 % des capacités passagers, la poursuite du renouvellement de la flotte et l’expansion de ses offres premium.

Les tensions au Moyen-Orient et leurs conséquences économiques mondiales accroissent toutefois l’incertitude à moyen et long terme. Les perturbations dans le détroit d’Ormuz provoquent une forte volatilité des marchés pétroliers. La compagnie constate d’ailleurs que depuis les débuts du conflit avec l’Iran, la demande est en forte hausse pour des vols long-courriers direct, notamment vers et depuis l’Asie et l’Afrique. Le groupe examine donc la possibilité d’augmenter certaines fréquences, par exemple vers Singapour, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud.

La modernisation de la flotte atteindra également en 2026 son pic : un nouvel avion sera ainsi livré presque chaque semaine cette année. D’ici fin 2026, environ 30 % de la flotte sera composée d’appareils de dernière génération.