Marseille : radieuse Méditerranée

Tout en jouant sur des clichés bien agréables – le pastis, la pétanque, la bouillabaisse –, Marseille réécrit son histoire, rénove sa zone portuaire, ouvre des hôtels et des musées qui, comme le Mucem, offrent une nouvelle grammaire à la ville. De quoi redonner aux touristes d’affaires l’envie de découvrir une cité attachante, ultra méditerranéenne.

Marseille

Reportage Olivier Darmon, photos Alain Parinet.

JOUR 1

Installation à l’hôtel et déjeuner à la brasserie Les Fenêtres. Visite du château d’If. Dîner bouillabaisse au Miramar.

L’Hôtel : InterContinental Marseille-Hôtel Dieu

Marseille-hôtel-intercontinental
Marseille hôtel Intercontinental

Sur le flanc du quartier du Panier, en terrasse sur le Vieux-Port, cet établissement symbolise la renaissance de la partie nord du port. L’InterContinental a aussi le privilège d’être installé dans l’Hôtel-Dieu, hôpital fondé au XIIe siècle, puis reconstruit au XVIIIe. Inauguré en 2013 au terme d’une élégante reconversion, l’édifice classé héberge 194 chambres, dont 22 suites, certaines disposant d’une terrasse aménagée dans les arcades rythmant le bâtiment. Que ce soit des chambres ou de la généreuse terrasse privatisable affectée à la brasserie Les Fenêtres, la vue embrasse le Vieux-Port et la “Bonne Mère”. Aux beaux jours, l’hôtel organise des soirées décalées faisant souffler un brin de folie sur ce cinq étoiles chic et décontracté. On y déguste le milk-shake de bouillabaisse avec paille de parmesan, plat signature du chef étoilé Lionel Levy. Spa Clarins, piscine… cet établissement sans équivalent dans la ville dispose aussi du centre de conférences le plus important du centre historique, comprenant 10 salles de réunions modulables prolongées de terrasses.
1, place Daviel. 13 002 Marseille • Tél. : 04 13 42 42 42 • Internet : marseille.intercontinental.com

Château d’if : hanté par Dantès

château d'If
château d’If

La traversée vers le château d’If ne dure que 20 minutes, mais quitter Marseille par la mer, ça s’immortalise. En deux clic-clacs, on fige l’essentiel : le cube anthracite du Mucem tutoyant la tour du Fanal, le palais du Pharo surmonté par la Bonne Mère. Et voici déjà les remparts et tours crénelés de la forteresse, célèbre depuis qu’Alexandre Dumas y a fait croupir le jeune Edmond Dantès, futur comte de Monte-Cristo. Surprise : cette prison d’État était en partie aménagée pour les détenus privilégiés qui, moyennement une pistole par jour, bénéficiaient au premier étage d’une cellule individuelle avec cheminée et fenêtre. Quant à la piétaille, souvent des opposants au régime, elle était entassée au rez-de-chaussée dans les cellules collectives ou jetée dans les culs de basse-fosse. Aujourd’hui, If – pourvu d’un restaurant privatisable pour des cocktails, repas et événements – offre ce privilège qui faisait enrager ses détenus : un isolement insulaire avec vue unique sur la ville.
Internet : www.chateau-if.fr

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Restaurant : sacrée bouillabaisse

restaurant Miramar
Le Miramar

Institution du Vieux-Port implantée non loin de l’embarcadère du légendaire “ferry boate”, le Miramar est un des hauts lieux de la bouillabaisse marseillaise et, par ailleurs, l’un des membres fondateurs de la Charte de la Bouillabaisse, document rédigé en 1980 pour préciser les ingrédients d’un plat de qualité. Bref, voilà un lieu sûr, d’autant que le chef Christian Buffa, formé chez Bocuse, est natif de la ville et issu d’une famille de poissonniers. La saveur des herbes méditerranéennes, la variété des chairs des six poissons utilisés et la note de pastis en fin de bouche : le régal est total. Le personnel aux petits soins découpe les poissons en salle avec maestria. Quant au chef qui vient s’enquérir de la satisfaction des clients, il donne une fois par mois un cours dans ses cuisines. De bouillabaisse, cela va de soi. Salle privatisable.
Le Miramar > 12, quai du Port. 13002 Marseille • Tél. : 04 91 91 10 40 • Internet : lemiramar.fr

JOUR 2

Journée “Made in Marseille”. Au programme : visites du Panier, du Mucem et de la Cité Radieuse. Pastis-pétanque pour terminer la journée.

Le Panier : plus belle la villequartier du panier

quartier du panier, navettesLes habitants du quartier du Panier ne font plus guère sécher leur linge aux fenêtres. Réhabilité, ravalé, boboïsé, le berceau de la cité a perdu ses maisons “culottées” qui lui donnaient des allures napolitaines, mais il a conservé son charme villageois. Coupe-gorge autrefois, les venelles sont désormais généreusement fleuries par les riverains armés de tuteurs et sécateurs, caïds des plantes en pots escaladant les persiennes. Parsemé de fresques de street art, de boutiques de créateurs et d’artisans, le Panier a préservé quelques commerces pittoresques comme Les Délices de Saint-André, boulangerie-pâtisserie spécialiste de la navette, biscuit local parfumé à la fleur d’oranger. La boutique est restée dans son jus et Zozo, sa patronne volubile, déboule sur le pas de la porte pour discuter et faire goûter la production maison. Le quartier invite à flâner : visiter la Vieille Charité, hospice devenu musée archéologique et sa chapelle baroque, la plus belle de la ville, prendre un café ici, siroter une anisette là… avant de se laisser glisser vers le Mucem.
Internet : lepanierdemarseille.com

Mucem  : Marseille en Majuscules

  • Mucem et fort St-Jean
  • Mucem
  • Mucem

10h30 : une demi-heure avant l’ouverture, le public matinal attend sagement que le Mucem, le musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée, ouvre ses portes en cherchant un peu d’ombre autour du bâtiment de l’Intendance Sanitaire, qui fut au XVIIIe siècle le siège des instances statuant sur la mise en quarantaine des navires souhaitant accoster au port. Un peu plus loin, sur la promenade Louis Brauquier, les pêcheurs à la ligne sont aussi en place. D’ici, on rejoint l’entrée principale du musée en longeant les soubassements du fort Saint-Jean. “C’est beau, mais ce n’est pas le style d’ici”, glisse un visiteur à sa compagne. “Le projet parle au ciel, à la mer, au sel et au vent, il parle de Marseille”, aurait pu lui rétorquer Rudy Ricciotti, son architecte. Car, bien au-delà du musée ceint par sa célèbre résille de Ductal, le lieu crée un parcours unique entre le port et la ville. En partie basse : le clapotis de l’eau, la brise marine, le panorama de la rade, le ballet des ferries et des bateaux de croisière… En partie haute : les abords du Panier. Et entre ces deux niveaux, c’est le musée qui, se traversant librement, assure la circulation en jetant vers la cité deux passerelles minimalistes. Comme un trait de crayon. La première enjambe le bassin et rejoint le fort Saint-Jean (XVIIe). Quant à la seconde, elle franchit un boulevard et débouche sur le parvis de l’église Saint-Laurent (XII-XVIIe), la paroisse historique des pêcheurs. Davantage que ses 15 000m2 d’exposition, la réussite du Mucem tient dans ce trait d’union entre le port et le Panier. Il est conçu telle une promenade buissonnière à travers un ensemble de jardins méditerranéens plantés de garrigue. Un espace enchanteur pour découvrir Marseille avec un grand M, de la gare maritime au palais du Pharo.
7, Promenade Robert Laffont. 13002 Marseille • Tel. : 04 84 35 13 13 • Email : reservation@mucem.org • Internet : www.mucem.org

Institution : le savon de Marseille,  le vrai !

Proposer aux groupes comme aux individuels de fabriquer son propre savon de Marseille est au programme du MuSaMa, le musée du savon de Marseille qui sera inauguré cet automne. Il proposera une exposition permanente, des accrochages temporaires ainsi qu’un espace priva­tisable. Mêlant science et culture, son objectif est de divulguer la riche histoire du “vrai” savon de Marseille, produit massivement plagié, l’appellation “Savon de Marseille” n’étant pas protégée. 95 % des savons vendus dans le monde avec la mention “Savon de Marseille” sont d’ailleurs fabriqués en Turquie ou en Chine. À bon entendeur !
MuSaMa > 1 Rue Henri Fiocca, 13001 Marseille. • Email : contact@musama.fr • Internet : www.musama.fr

Les Docks : l’émergence d’un nouveau waterfront

les docks de MarseilleLa façade nord des docks de Marseille réhabilités est parée d’une superstructure métallique, dont la découpe laser rassemble 42 extraits d’écrits sur la ville. Jolie idée pour un bâtiment qui entreposait des marchandises en provenance du monde entier et constituait le cœur du quartier de la Joliette, autrefois à l’épicentre de l’activité du port. Abritant 60 000 m2 de bureaux, métamorphosé en centre de vie urbain rythmé d’agréables places publiques, bordé de restaurants, cet édifice du XIXe siècle de 365 m de long est un des marqueurs du programme Euroméditerranée, gigantesque opération de rénovation urbaine. Lancé en 1995, le projet s’étend sur 480 hectares et vise la requalification d’un front de mer laissé en friche avec le déclin du trafic portuaire. Le ballet des engins et des grues est frénétique dans cette partie nord de la ville d’où surgira le nouveau quartier d’affaires.
Internet : euromediterranee.fr

Apéro : pétanque et pastis, forcément

vallon des auffes, petanque“Le tournoi de pétanque est ici un incontournable des opérations incentive, raconte Séverine, chargée de projet d’Isy-Provence, prestataire d’événements depuis 2005. Nous sommes délibérément marseillo-marseillais et profitons de notre connaissance du terrain pour dénicher des lieux inédits, des cabanons, des villas et des terrains de pétanque secrets dont l’accès est réservé aux membres du club.” L’apéro-pétanque, programme convivial par excellence, est complété en fin de tournoi par des échanges boulistiques avec les vétérans du club autour d’une tapenade et d’un pastis.  Discuter ainsi avec les gens du coin évoque immanquablement les Marius et Fanny de Marcel Pagnol. “C’est une activité que nous proposons systématiquement, car même les clients dénonçant le cliché se laissent prendre au jeu. Lors du Forum Mondial de l’Eau qui s’est tenu ici en 2012, un aréopage de ministres et d’officiels ont pointé et tiré. Ils étaient ravis !”, souligne Séverine. Pour ceux qui voudraient parfaire leur initiation, une charmante boutique du Panier accueille volontiers les groupes : la Maison de la Boule, petit musée de la pétanque et showroom de La Boule Bleue, entreprise marseillaise créée en 1904 et plus ancien fabricant de la région. L’accueil est chaleureux et on y apprend beaucoup. Diamètre, poids, stries, matériau : la pétanque, c’est sérieux, raison pour laquelle une piste d’essai est aménagée dans la boutique. Cette année, une exposition temporaire est consacrée à Madagascar, dont l’équipe est championne du monde de pétanque 2016.
Le mythe d’une cité chauvine définitivement s’effondre !

Cité radieuse : une utopie en béton

cité radieuse
La Cité Radieuse, un peu “fada”, mais surtout très inventive.

Cette résidence, construite entre 1947 et 1952 et composée de 337 logements abritant quelque 1 600 habitants, constitue à plusieurs titres une révolution. Et, quoi qu’on pense de Le Corbusier, sa visite devrait être obligatoire ! Ne serait-ce que pour comprendre qu’un immeuble de grande capacité implanté dans un vaste jardin n’est pas nécessairement une sinistre barre empilant des cages à lapins. Avec une double orientation est-ouest, chaque appartement – en duplex – révèle une conception d’une exceptionnelle générosité, présentant des baies vitrées escamotables et disposant de deux loggias suffisamment grandes pour y prendre un repas. Attentif aux besoins des occupants, l’architecte a conçu le bâtiment avec deux rues commerçantes aux 3e et 4e étages, ainsi qu’une bibliothèque, des espaces d’exposition, une salle de cinéma, une maternelle et un toit-terrasse pour faire du sport, prendre le soleil, profiter de la vue et se rencontrer. Les plus “modernes” des immeubles d’aujourd’hui ne proposent pas la moitié de ces prestations ! Jadis baptisé “la maison du Fada”, cette utopie classée en 2016 au Patrimoine Mondial se visite dans ses espaces publics. L’office du tourisme, qui loue un des rares appartements restés en l’état, laissant à voir le mobilier d’origine conçu par Charlotte Perriand, y organise des visites privatisables à la demande des groupes.
Immeuble Le Corbusier > 280, bd Michelet. 13 008 Marseille • Internet : www.marseille-citeradieuse.org

JOUR 3

Matinée à Cassis et retour sur Paris.

Calanques : Cassis pour débrancher

Une balade méditerranéenne au gré des calanques jusqu’à Port Miou, la belle de Cassis.

Le chant des cigales, des maisons de pêcheurs aux façades colorées, un boulodrome stratégiquement implanté entre plage et terrasses de cafés, un quai où s’amarrent voiliers de plaisance, pointus anciens et quelques Riva vintage : il souffle indéniablement à Cassis un petit air de riviera, une atmosphère de grandes vacances. Pour confirmer, il suffit de louer un vélo et de parcourir le parc des Calanques ou la route des crêtes du Cap Canaille. Trolib s’est fait une spécialité des circuits en VTT électrique. Ce qui, pour les débutants, n’est pas un luxe, vu le relief tourmenté des pistes. Grimper dans la garrigue, dévaler entre les pins et les genévriers, humer le thym et le romarin, puis piquer une tête dans l’eau turquoise de la calanque de Port-Miou, ça ne se refuse pas.
Trolib > 20 av. du Maréchal Foch. 13260 Cassis • Tél. : 06 72 50 47 26 • Internet : trolib.com

Vins : le meilleur des blancs

Cassis, Viticulteur la ferme blanche

Couvrant 215 hectares et ne commercialisant qu’un million de bouteilles par an, ce petit vignoble constitué de 12 domaines compose une superbe route des vins miniature, serpentant entre mer et restanques. Plusieurs domaines ouvrent leurs portes pour faire découvrir leur production. Implantation des vignes, pourcentage retenu dans l’assemblage des cépages de l’appellation – principalement marsanne et clairette, mais aussi bourboulenc, sauvignon ou terret – et patte du vigneron révèlent les qualités du terroir argilo-calcaire réputé pour produire l’un des meilleurs blancs de Provence. à déguster, bien entendu, avec une cuisine méditerranéenne !
Internet : www.ot-cassis.com