
Envoi de l’armée dans plusieurs villes américaines, shutdown s’étirant en longueur, outrance des propos contre l’Europe, travel ban sur 39 pays, hausse des coûts de l’ESTA et de l’entrée dans les parcs nationaux, sans oublier la volonté de passer au peigne fin vos réseaux sociaux si vous souhaitez mettre un pied sur le sol américain… La première année de la deuxième mandature de Donald Trump n’est pas de tout repos pour les professionnels du tourisme aux Etats-Unis. Selon le National Travel and Tourisme Office (NTTO), les arrivées internationales ont chuté de 8% sur les huit derniers mois comparé à 2019, un recul qui s’élève à 6% pour la France. Mais qu’en est-il pour le marché MICE ? Voyages d’affaires a interrogé Urban MICE, agence spécialisée du réceptif Go West Tours.

Les USA, une destination « wahou » qui nécessite un budget élevé
« Nous espérons une reprise après une année 2025 plutôt calme marquée par un attentisme des entreprises dès le retour de Trump aux affaires en janvier. Le yield très élevé des compagnies aériennes à la même époque nous a également fait manquer quelques opportunités en 2025. Les USA sont ensuite concurrencés par des destinations plus abordables. Heureusement, il existe un volume naturel d’activité du fait des salons et conventions, de la présence des sièges de groupes américains, d’universités ou de centre de recherche mais aussi d’entreprises françaises ayant des filiales ou succursales aux Etats-Unis », explique Florence Solal, la directrice des ventes de Go West Tours.

Difficile toutefois pour l’agence de se projeter, les réservations intervenant depuis le Covid de plus en plus tardivement, jusqu’à deux mois avant le départ pour des groupes d’une cinquantaine de personnes en moyenne. « Nous enregistrons toutefois de plus en plus de demandes pour des voyages de plus petite taille, de 15 à 20 participants. Cela mobilise moins de collaborateurs au sein d’une entreprise et permet de contenir le budget avec des prestations dont les prix ont globalement augmenté de 30% en 6 ans à cause de l’inflation et de la hausse du coût de la vie. Le fait d’être moins nombreux facilite également les transferts et évite, par exemple, les coûts de privatisation d’une salle de restaurant. Même si chaque projet est différent, il faut ainsi compter autour de 3 000 dollars par personne sur place pour 4 à 5 nuits selon la catégorie hôtelière retenue », estime Marina Zine, la responsable des ventes MICE.
New York arrive toujours en tête des dossiers réalisés devant San Francisco et Las Vegas. « Il y a toujours un effet wahou aux USA autour d’activités simples comme un food tour à pied, une montée à l’observatoire de l’Empire State Building ou du Summit One Vanderbilt, une traversée en vélo du Golden Gate Bridge, une sortie en voilier sur l’Hudson River ou dans la baie de San Francisco… A l’heure du télétravail, les entreprises préfèrent les expériences qui fédèrent l’ensemble des collaborateurs », ajoute-t-elle.

Un petit effet Coupe du monde de football espéré
La coupe du monde de football pourrait jouer sur l’activité 2026 d’Urban MICE et d’autres agences hexagonales. Des groupes comme des institutions financières ou des partenaires officiels vont en effet inviter leurs meilleurs clients à assister aux matchs tout en profitant de la découverte des villes hôtes. Avec des packages sur lesquels il faudra alors ajouter le coup des billets de stade, soit entre 2000 et 3000$ par personne. « Ce n’est pas cela qui fera notre année », constate avec lucidité Florence Solal qui compte plutôt sur les nouvelles routes aériennes comme l’ouverture par Air France du Paris-Las Vegas le 15 avril prochain.
« Des Etats ou ville américaines particulières font l’objet de demandes en lien avec des salons ou leur activité comme Las Vegas pour le Consumer Electronics Show (CES), Detroit avec l’automobile, Phoenix autour des puces électroniques [ligne desservie par Air France depuis mai 2024, ndlr], le Texas pour les nouvelles technologies… », ajoute-t-elle. Et d’insister au final sur le fait que les Etats-Unis restent « open for business » forts de prestations et d’un service de qualité, gage de voyageurs satisfaits à leur retour en France.


















