
Il fut l’un des éléments de la réussite du sommet des Océans qui s’est tenu à Nice en juin 2025. Posé au bout du Vieux Port, le centre de congrès OcéaNice a été spécifiquement édifié par le groupe lyonnais GL Events pour cette conférence des Nations Unies. Repris en gestion par l’Office du tourisme et des congrès de Nice dès septembre 2025, cet espace modulaire et écoresponsable se compose de deux bâtiments attenants, un hall d’exposition doublé d’un espace congrès et séminaires.
Le premier, de 3 500 m2 divisibles en trois peut accueillir 3 000 personnes en cocktail ou 2 000 en théâtre. Le second, de 1 200 m2 sur deux niveaux, se compose de 4 grandes salles que de prochains travaux permettront de compartimenter en 11 espaces pour réunir 50 à 240 personnes en séminaires… Le tout avec un mobilier provenant de Furniture for Good, une entreprise française spécialisée dans le mobilier recyclé. Au-dessus, un vaste toit-terrasse attend jusqu’à 800 invités pour des pauses, cocktails et soirées avec vue imprenable sur la baie des Anges, la colline du Château et le port Lympia en prime. Si besoin, des espaces complémentaires sont disponibles sur le quai devant et à proximité du centre de congrès.


de OceaNice (c) S. Jaladis
Parmi ses autres atouts, le centre de congrès OcéaNice profite de sa proximité avec les principaux hôtels de la ville, tous peu ou prou à une quinzaine de minutes, comme d’une liaison en tramway avec l’aéroport international en 25 minutes, le Terminal 2 de Nice Côte d’Azur ayant par ailleurs été agrandi afin de fluidifier les flux et de porter les capacités d’accueil à 18 millions de passagers par an.
« OcéaNice monte en puissance. C’est un outil incroyable, multimodal et hyperconnecté, dont l’agenda est complet en mars, avril et mai. Une cinquantaine d’évènements est déjà prévue cette année et nous avons engrangé des réservations pour 2027 et 2028 », se félicite Philippe Blond, le nouveau directeur d’OcéaNice. Et l’ancien directeur de la Sem Lille Grand Palais, qui a succombé au soleil de la Côte d’Azur, de préciser que « le complexe est polyvalent et très bien calibré pour les évènements MICE de 500 à 2000 participants ». Ainsi, outre le Sommet des Océans, le site a été loué à 35 reprises en 2025 avec notamment le congrès des urgentistes (1 200 personnes) et un lancement automobile, mais aussi pour accueillir le village du Marathon de Nice, ainsi que des salons et expositions et des soirées évènementielles…
Une remise à plat attendue par le nouveau maire Éric Ciotti
OcéaNice a la particularité d’être une structure temporaire devant être opérationnelle quelques années, Philippe Blond avançant la date de 2032. D’ici là, il abritera notamment le centre de presse lors des Jeux olympiques d’hiver Alpes 2030. Mais tiendra-t-il jusque-là ? Éric Ciotti, le nouveau maire UDR n’a jamais caché son opposition à cette réalisation : « une gabegie à 22M€ ». Le comparant à « un hangar Amazon » pendant toute la campagne électorale, il assurait il y a quelques jours sur BFM Nice Côte d’Azur que le permis de construire actuel s’éteint en 2027 et que l’Unesco demande sa démolition « car sa construction a été faite en contradiction avec la charte de classement de Nice au Patrimoine mondial ».

Mais fera-t-il jouer les pelleteuses rapidement alors que la ville est gestionnaire de l’édifice et qu’elle ne possédait plus de palais des congrès depuis la destruction d’Acropolis en 2024 ? Le nouvel édile a affirmé qu’il n’avait pas le choix et « ne fera qu’appliquer la loi ». La missive de l’Unesco tombe à point nommé pour justifier sa disparition. Mais celle-ci ne devrait intervenir qu’après les JO d’hiver 2030. Ce qui laisse quelques belles années d’exploitation pour le tourisme d’affaires. D’autant qu’après, Éric Ciotti envisage l’édification au même endroit d’une salle « de prestige », inspirée de la Salle des Etoiles à Monaco, et qui serait pérenne cette fois-ci, sans dépasser la jetée du port.
Surtout, le nouveau maire de Nice souhaite la constitution d’une offre multipôles composée de plusieurs salles réparties dans la ville. Celle-ci peut compter sur l’actuel Palais des Expositions dont l’immense voûte de béton abrite 17 000 m2 d’espaces modulables à travers son grand hall de 11 000 m2, un auditorium de 250 places et 10 salles de réunion de 18 à 440 places. La Gare du Sud, qui vient d’être transformée en espace culturel et d’exposition, devrait aussi faire partie de ce réseau de salles mobilisables pour le MICE. Elle a ainsi été utilisée le 30 mars au soir en lieu de réception pour les 1 850 professionnels du tourisme, dont 814 prescripteurs venus du monde entier, en parallèle du salon Rendez-vous en France qui se tenait en journée au Palais des Expositions.
Le Parc des Expositions à l’Ouest de Nice toujours en course
Porté par la Métropole de Nice, le projet de Parc des Expositions et des Congrès sur l’ancien site du MIN Fleurs poursuit également son parcours d’obstacle. Situé à l’Ouest de la ville, au sein du quartier d’affaires de Nice Ecovallée, cette grande halle de 13 000 m2 sera accessible par le tramway et bénéficiera de sa proximité avec plusieurs hôtels (Radisson, Crowne Plaza, Sheraton, Novotel, Okko…) comme l’aéroport international Nice Côte d’Azur et la future gare SNCF Nice Aéroport. Le calendrier est serré, dicté là aussi par les JO Alpes 2030, puisque ce bâtiment sera réquisitionné pour l’événement. Le choix de l’aménageur et concessionnaire doit d’ailleurs être annoncé cette année au terme d’un appel d’offres, pour une livraison des travaux prévue fin 2029.

Lors de la conférence de presse de Rendez-Vous en France, Pierre Ippolito, le nouvel adjoint en charge du commerce et du développement économique, confirmait la réalisation de ce palais des expositions mais aussi d’un centre de congrès en plein cœur de Nice. L’offre événementielle multipôles annoncée par le maire ne serait-elle alors que temporaire, le temps que ce nouvel édifice ne sorte de terre ? A suivre…
Des dépenses de 250€ par jour pour un touriste d’affaires
Comme sous Christian Estrosi, le tourisme d’affaires reste en tout cas une priorité pour la nouvelle mandature, car il génère une importante activité touristique – et donc économique – en dehors de la haute saison. La dépense journalière d’un touriste d’affaires s’élève en effet à 250€ par jour, deux fois plus que pour le loisir. « Nous avons des clients jusqu’en Amérique du Nord grâce à des liaisons aériennes directes et à une agence de représentation installée à New York », nous précise Jean-Sébastien Martinez, le directeur général de l’Office du Tourisme et des Congrès de Nice Côte d’Azur. Et d’estimer que « le tourisme d’affaires possède encore des marges de progression. Nous souhaitons notamment relancer les congrès médicaux qui furent un marqueur fort du territoire ».
Au loisir et au MICE, Nice a ajouté ces dernières années le sport à son arc au travers du marathon (et semi-marathon), des manches de l’Ironman, du Paris-Nice cycliste, de l’e-sport Evo (un tournoi international de jeux vidéo), etc. Les grands évènements qui se déroulent à Cannes ou Monaco, comme le Festival du Cinéma ou le Grand Prix de F1, peuvent également déborder sur l’hôtellerie niçoise.
Réouverture début juin du Palais de la Méditerranée
Deuxième destination après Paris avec ses 15 millions de visiteurs annuels, Nice compte aujourd’hui 10 800 chambres d’hôtels et 13 700 pour toute la Métropole. « Nice a déjà gagné 700 000 nuitées hôtelières en hiver. La ville a réussi à atteindre les 75% de remplissage à l’année alors que ce taux dépassait à peine les 50% avec 8 000 chambres en 2008. Et le parc continue de croître et de monter en gamme », souligne Jean-Sébastien Martinez.

L’année 2026 sera ainsi marquée par la rénovation des 124 chambres du Mercure Promenade des Anglais et, surtout, par la réouverture le 4 juin prochain du Palais de la Méditerranée, du groupe Hyatt. Fort de sa montée en gamme, l’établissement 5* passera de l’enseigne Hyatt Regency à la marque de luxe The Unbound Collection. Sa réouverture permettra le retour sur le marché MICE de sa grande salle de 1 000 m2 pour 800 personnes.
De son côté, le Negresco, qui vise toujours son classement « Palace » en 2027, a lui rénové une trentaine de chambres supplémentaires. Et d’autres projets sont dans les cartons comme le Mercure Centre Notre-Dame qui rejoindra l’enseigne Marriott en 2027 au terme d’une nouvelle rénovation de ses 198 chambres. Racheté récemment par le groupe Extendam, ce 4* avait déjà fait l’objet d’un rafraichissement en 2023. La construction d’un boutique-hôtel 4* de 70 chambres est également prévue à deux pas de la place Garibaldi à la place d’une ancienne caserne d’ores et déjà mise à terre.

















