
Un trafic de près de 638 000 passagers en 2024, probablement moins en 2025, juste bon aux opérations d’un seul aéroport. Mais ce n’est pas le cas en Nouvelle-Calédonie… Depuis toujours, le transport aérien de ce territoire du Pacifique se répartit à Nouméa entre deux aéroports : Nouméa-La Tontouta accueille le trafic international ; Nouméa-Magenta sert au trafic domestique. Le premier génère quelque 360 000 voyageurs par an, le second autour de 280 000. Entre les deux, 50 km de distance qui ne facilitent pas les correspondances entre international et domestique. Le premier est de fait l’aéroport historique de l’île, accueillant les avions de la ligne vers Paris depuis 1949.
Le pragmatisme l’aurait-il enfin emporté ? Ce n’est pas vraiment la raison mais plutôt des questions budgétaires. Confronté à des difficultés financières, le gouvernement territorial cherche par tous les moyens à faire des économies. Et fermer un aéroport en fait partie.
Dans une communication officielle, le gouvernement explique que, « face au contexte budgétaire contraint de la Nouvelle-Calédonie et à la situation critique que connaît la compagnie domestique Air Calédonie depuis déjà plusieurs années, a été officialisé, en concertation avec les acteurs concernés, le projet de transfert des opérations d’Air Calédonie de l’aéroport de Magenta vers l’aéroport international de La Tontouta« .
Réveil tardif
Pour les autorités calédoniennes, l’opération est tout bénéfice. Il permet en effet de fédérer physiquement Air Calédonie et Aircalin au sein d’un même espace, favorisant ainsi une coordination optimisée et une mutualisation des ressources. Il devrait assurer la survie économique de la société Air Calédonie. Dont on pourrait penser qu’elle finira bien par fusionner avec AirCalin à plus long terme.
La région s’est aussi engagée à maintenir autant que possible les tarifs des liaisons domestiques. D’autant que les îles Loyauté sont à équidistance de La Tontouta et de Magenta. Pour le trafic de l’île des Pins, la subvention des billets sera mise au même niveau que celle des îles Loyauté pour compenser une probable augmentation.
Le regroupement permettra d’optimiser les infrastructures aéroportuaires, réduire les coûts d’exploitation et améliorer la qualité de services. Dès le 2 mars prochain, les passagers des vols internationaux bénéficieront directement des correspondances sur le domestique et inversement. Reste désormais à comprendre pourquoi personne n’a procédé à ce regroupement plus tôt.

















