ANA : le vol Paris-Tokyo victime collatérale de la guerre en Ukraine

Le vol Paris CDG-Tokyo Haneda et la ligne Londres-Tokyo restent suspendus avec la guerre russe en Ukraine. Avec peu d'espoirs de reprise, la compagnie devant faire face à l'envolée des cours du pétrole, de l'interdiction de survol du territoire russe et d'un yen dont la valeur a baissé de 19% en un an par rapport au dollar.
Un Boeing 767 d'ANA (Photo : ANA)

La conjoncture reste maussade pour la compagnie aérienne ANA qui donne quelques perspectives sur son activité des prochains mois.

Dans une note publiée à l’occasion de la publication de ses résultats financiers sur l’année fiscale 2021 (1/04/21 à 31/03/22), le transporteur a continué de voir son résultat impacté par les restrictions liées au Covid, notamment sur son activité internationale.

Comparé à l’année fiscale 2019, le nombre de passagers transportés à l’international restait ainsi inférieur de 92% sur l’année fiscale 2021. Le taux moyen de remplissage des avions s’élevant à 27%. Les recettes tirées de l’activité internationale ont plongé, de 4,73 milliards de dollars sur l’année fiscale 2020 à 540,4 millions de dollars en 2022. Elles avaient cependant atteint un bas absolu de 344,6 millions de US$ en 2020 (taux de change de 129 Yens pour un dollar).

L’Europe d’ANA sans Paris et Londres

Sur ce chiffre, la part de l’Europe n’a cessé de reculer. Le continent ne représentait plus que 14,7% des recettes à l’international sur l’année fiscale 2022. Contre 19,6% avant la pandémie. Cette baisse s’explique notamment par la suppression de deux lignes phare de la compagnie en Europe depuis Tokyo Haneda (HND) vers Londres Heathrow et Paris-CDG.

Ces lignes n’ont pas été exploitées sur toute l’année fiscale 2021. Et elles resteront suspendues en raison de la fermeture de l’espace aérien russe. Des lignes qui restent de fait fortement déficitaires avec la flambée du cours du pétrole, de l’affaiblissement du yen et de la concurrence sur la ligne. Sur Paris, Air France comme JAL opèrent chacune sur Tokyo.

ANA continue cependant d’assurer les liaisons sur Bruxelles-Tokyo Narita et sur Francfort-Tokyo Haneda. Sur ces liaisons, le transporteur « emprunte d’autres itinéraires de vol pour contourner l’espace aérien russe », explique le rapport.

La compagnie anticipe pourtant un retour de la demande à l’international avec  l’assouplissement des restrictions d’entrée au Japon en mars qui contribue à la hausse de la demande. ANA estime que sur l’année fiscale 2022, elle devrait acheminé un trafic passagers à l’international équivalent à 45% de son année fiscale 2020. Soit une hausse de 320% du nombre de passagers et de 232% de ses recettes. Le transporteur privé espère aussi que d’autres mesures seront rapidement prises pour ouvrir le Japon au reste du monde.

De son côté, Japan Airlines a également réduit son offre en Europe en raison de la fermeture de l’espace aérien russe. Au lieu d’un vol quotidien prévu entre Paris CDG et Tokyo Haneda, JAL n’offre plus que 17 fréquences en mai. Et elle a déjà annoncé annuler 9 vols en juin depuis la capitale française.