L’embargo sur le pétrole déstabilise le transport aérien et le tourisme à Cuba

L'embargo des Etats-Unis sur Cuba pèse non seulement sur le quotidien des Cubains mais aussi sur le transport aérien et l'activité touristique dans l'île. Air France annonce ainsi faire une escale pour se ravitailler en carburant.
L'aéroport de La Havane sans ravitaillement de carburant depuis le 9 février (Photo: By Happypepe - Own work, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=7113037)

Les autorités cubaines ont lancé une alerte ce lundi 9 février. Il n’y a plus de kérosène sur l’aéroport international de La Havane à Cuba. Une situation qui devrait au moins durer un mois. Et qui obligent les acteurs de l’aérien à agir pour trouver des solutions alternatives. 

La crise énergétique, présente depuis 2025 avec le retour de Donald Trump au pouvoir aux Etats-Unis, s’aggrave de façon dramatique à Cuba. De fait, la récente intervention des Américains au Venezuela a eu pour conséquence de couper Cuba de sa principale source d’approvisionnement énergétique. L’administration Trump a immédiatement interdit l’exportation de pétrole vers l’île caribéenne. Mais aussi menacé de sanctions et de hausse des droits de douane tout pays contournant l’embargo. 

Du coup, Cuba a du adopter des restrictions drastiques pour l’utilisation du carburant. Seuls des secteurs clés continueront d’être approvisionnés. Certes le tourisme et le transport aérien sont considérés comme des pans importants de l’économie en étant des sources de devise. Mais pour l’aérien, il existe néanmoins des alternatives.

Pour les vols long-courrier, c’est de faire escale dans une autre île des Caraïbes. Air France l’effectue désormais aux Bahamas. Iberia et Air Europa remplissent leur soute de kérosène en République Dominicaine à Saint-Domingue; quant à Turkish Airlines, elle a finalement sélectionné Cancun au Mexique. Car si les transporteurs européens peuvent effectuer un aller vers Cuba sans escale, elles doivent automatiquement se ravitailler sur le vol de retour. Avec des retards en conséquence.

Les voyageurs transitant en revanche par le Mexique ne sont pas concernés, les distances de vol permettant sans difficulté de faire un aller-retour avec suffisamment de carburant en soute. Les compagnies canadiennes ont néanmoins décidé de suspendre leurs vols vers l’île au moins jusqu’à la fin avril. 

Les hôtels également touchés

Côté tourisme, les autorités ont commencé à regrouper les visiteurs dans des hôtels afin de réduire la consommation d’énergie. Quelques resorts hors de la Havane ont du fermer leurs portes, en relogeant les clients. Les complexes touristiques doivent en effet faire face non seulement à l’absence de carburants mais aussi à des défis liés à la logistique des transports, à la stabilité de l’approvisionnement électrique et aux contraintes de la chaîne d’approvisionnement.

Le site du Ministère des affaires étrangères conseille aux voyageurs, compte tenu de la situation énergétique dans l’île, de se rapprocher de leur agence de voyages, tour opérateur ou de leur structure d’accueil afin de vérifier les disponibilités en ressources. Tout comme à consulter sa compagnie aérienne sur d’éventuels changements de vols. 

(Mise à jour 10/02/2026)