Rome : un placement sûr pour Edition, une révolution pour Thompson

La marque luxe et lifestyle de Marriott Edition vient de faire son apparition à Rome, dans les murs d'une ancienne banque. Suivra l'an prochain un hôtel Thompson, du groupe Hyatt, dans un lieu plus surprenant : l'ancien siège du PC italien.
Lobby de l'hôtel Edition Rome.
Lobby de l'hôtel Edition Rome.

Rome continue de voir son hôtellerie de luxe s’étoffer. Après l’ouverture très attendue d’un hôtel Bulgari début juin, quelques mois après celle d’un Six Senses, la capitale italienne a récemment accueilli la marque Edition. Conjointement développée par Marriott et Ian Schrager, le pionnier de l’hôtellerie boutique, cette enseigne luxe et lifestyle s’est installée à quelques pas de la prestigieuse via Veneto, dans les murs d’une ancienne banque italienne. Un bâtiment construit dans les années 40 et dont le style rationaliste colle avec le sens du design épuré et contemporain incarné aujourd’hui par les hôtels Edition, dont l’aventure romaine est la seizième déclinaison dans le monde.

Lits en noyer conçus sur mesure, parquet à chevrons, œuvres d’art, vasque en marbre de Carrare dans les salles de bain : les 91 chambres, dont 17 suites, déclinent une esthétique chic et sophistiquée. Mais, comme toujours dans l’hôtellerie lifestyle, c’est en dehors que tout se passe avec une multitude de lieux attractifs. A commencer par la cour-jardin de l’hôtel qui accueille aux beaux jours un bar-restaurant, de même que les tables de l’Anima, le restaurant signature de l’hôtel où cheffe Paola Colucci revisite les plats traditionnels et familiaux italiens avec une touche de modernité.

Plus de 400 plantes, du jasmin dégringolant le long de la façade : cet univers végétal est complété, tout en haut de l’hôtel, par un autre espace extérieur, un rooftop avec vue sur le Panthéon et la basilique Sant’Andrea della Valle. Un grand bar, des plats méditerranéens, une piscine en travertin entourée de lits en teck massif : le lieu est propice au farniente chic après une chaude journée romaine. Mais le cœur battant réside aussi et surtout dans son lobby meublé de canapés et de tables basses, hébergé sous de hauts plafonds spectaculaires. Les clients locaux ou de passage trouveront également au rez-de-chaussée deux bars trendy : le Punch Room, sur la mode des speakeasys, et le Jade Bar, plus intime et axé sur mixologie.

Si, avec son caractère huppé, l’Edition Rome dialogue d’égal à égal avec le passé financier de son bâtiment, une autre marque lifestyle – Thompson Hotels, du groupe Hyatt- vient d’annoncer son arrivée prochaine à Rome. Avec un point de chute plus décalé par rapport à son positionnement haut de gamme : le siège historique du Parti communiste italien, construit dans les années 1930.

A Rome, le siège historique du PC italien, 4 via delle Botteghe Oscure. (c) Di Carlo Dani / commons.wikimedia

Situé via delle Botteghe Oscure, à proximité du Capitole et des Fori Imperiali, ce lieu chargé d’histoire est en train d’être transformé en hôtel de luxe de 70 chambres, doté de toutes les composantes de l’hôtellerie contemporaine avec quatre restaurants, dont un en rooftop et agrémenté d’une terrasse avec bar à cocktails, mais aussi d’un centre de remise en forme et, pour les clients affaires, de deux salles de réunion dédiées.

Affilié à la marque Thompson de Hyatt, l’hôtel sera le septième du groupe américain en Italie et le deuxième à Rome, rejoignant The Tribune Hotel, qui fait partie de l’enseigne JdV by Hyatt. Avec une ouverture prévue mi 2024, ce sera aussi le deuxième Thompson en Europe, après celui ouvert l’an dernier à Madrid et avant celui annoncé à Vienne en 2025.

Dans le cadre de la rénovation complète du bâtiment, plusieurs détails seront conservés, rappelant aux visiteurs la fonction originelle du lieu, notamment l’étoile à cinq branches incrustée dans le sol du hall d’entrée, conçu par le sculpteur Giò Pomodoro, ou encore un buste en marbre d’Antonio Gramsci. En voyant toute cette offre lifestyle dialoguer avec ces vestiges du passé, peut-être viendra-t-il aux clients de l’hôtel l’envie de paraphraser le fondateur du PCI : « Le vieux monde de l’hôtellerie se meurt, mais le nouveau n’a pas tardé à apparaître« .