
Ces dernières semaines ont vu les groupes hôteliers tour à tour présenter leurs avancées dans le cadre de leur transition écoresponsable. Marriott, dans son rapport Serve 360 – du nom de sa plateforme qui guide les efforts du groupe en matière de RSE -, a ainsi décliné les progrès accomplis par le groupe ces derniers mois. Par exemple, la barre franchie des 7000 chargeurs de véhicules électriques installés dans plus de 1800 établissements à travers le monde, la part dans ses achats de 56,13 % d’œufs de poule élevées en plein air ou le soutien à la libération d’environ 110 000 tortues de mer. Entre autres actions comme des collectes de fonds, du bénévolat ou l’emploi de réfugiés et la sensibilisation à la traite des êtres humains..
Le groupe américain s’est aussi réjoui de la vérification, en avril dernier, de ses objectifs de réduction des émissions à court et moyen terme définis par l’initiative Science Based Targets (SBTi). Dans ce cadre, Marriott a notamment lancé un programme d’action pour le climat dans tous ses établissements gérés et franchisés au niveau mondial, axé sur l’élaboration d’objectifs de réduction propres à chaque établissement.
Alors que les entreprises sont de plus en plus nombreuses à exiger des gages d’écoresponsabilité dans la définition de leur politique voyages, l’implication du premier groupe mondial dans une hôtellerie plus durable n’est évidemment pas un cas à part. IHG Hotels & Resorts vient tout juste de lancer son programme Low Carbon Pioneers, distinguant ses hôtels à faible émission de carbone, ne brûlant aucun combustible fossile sur place et s’appuient sur des énergies renouvelables.
Parmi ces « pionniers », le Kimpton BEM Budapest tout juste ouvert, l’Holiday Inn Express à l’aéroport de Madrid et le resort Iberostar Waves Cristina, en Espagne. Soit autant d’hôtels modèles, certifiés écoresponsables, qui seront amenés à tirer derrière eux le reste du réseau du groupe britannique en incitant d’autres établissements – et leurs propriétaires – à rejoindre le programme tout en partageant leurs bonnes pratiques et leur savoir-faire en matière de réduction des émissions de carbone.
De son côté, Accor a par exemple pu se féliciter d’avoir franchi en juin une étape symbolique avec son 1000e hôtel éco-certifié. Ce qui rapproche le groupe français de son objectif de voir 30% de ses hôtels certifiés en fin de l’année et 100 % de son réseau mondial labellisé d’ici 2026. En parallèle, à l’approche des Jeux paralympiques, le groupe français a déclaré que 380 hôtels en France avaient déjà ou allaient obtenir la labellisation « Tourisme et Handicap ».
En matière d’écoresponsabilité, sa marque historique Novotel a également conclu un partenariat avec le WWF pour la protection et la restauration des océans, entre achats plus durables des produits de la mer et soutien à de grands projets de conservation du WWF France à travers le monde. Tout cela s’ajoutant au bannissement du plastique à usage unique dans 80% de ses établissements. De quoi donner plus de corps à la nouvelle raison d’être du groupe dévoilée fin mai à l’occasion de son assemblée générale : « Artisans pionniers d’une hospitalité responsable, nous faisons dialoguer les cultures, avec passion et générosité ».
Avec des objectifs de réduction des émissions de carbone validés en 2019 par l’initiative Science-Based Targets (SBTi), le groupe poursuit sur sa voie vers une réduction de 46 % des émissions de CO2
d’ici 2030 sur les scopes 1 et 2 et de – 28 % sur le scope 3. Des objectifs sensiblement similaires à ceux présentés par Marriott en avril dernier comme ceux récemment annoncés par Minor Hotels Europe & Americas, maison mère des marques NH, Anantara, Avani et Tivoli.

Le groupe thaïlandais a en effet revu à la hausse ses ambitions en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour 2030, soit -46,2 % par rapport aux niveaux de 2019 pour les Scope 1 et 2 et -27,5 % pour ses émissions de Scope 3. Le tout décrivant une trajectoire, validée et approuvée par le SBTi, conduisant vers le zéro émission nette d’ici le milieu du siècle, le groupe s’engageant à réduire de 90 % ses émissions totales de gaz à effet de serre dans le cadre de son nouvel objectif pour 2050. D’ores et déjà, plus de la moitié des hôtels du groupe en Europe et aux Amériques sont certifiés en matière de durabilité, grâce notamment à une consommation d’électricité provenant de sources renouvelables à 66 %, un chiffre qui atteint 100 % en Europe du Sud.
Du côté du groupe Radisson, ce sont aujourd’hui 67 hôtels qui utilisent de l’électricité 100 % renouvelable, l’hôtelier mettant en avant certains chiffres comme 970 bornes de recharge installées dans ses hôtels ou la compensation de l’empreinte carbone des réunions organisées dans les établissements, soit 87 000 tonnes de carbone depuis 2019. Dans le cadre de son programme Responsible Business, l’empreinte carbone par mètre carré a par également été réduite de 35 % depuis 2019. De quoi là aussi se rapprocher d’une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 46 % d’ici 2030 et de progresser vers le Net Zero d’ici 2050. Des objectifs qui, comme les autres, ont été validés par l’initiative Science Based Targets.
Mais les leaders de l’hôtellerie ne sont pas les seuls impliqués dans leur transition durable. Dès ses débuts en 2014, l’enseigne économique Eklo s’est vue comme le chef de file d’une hôtellerie accessible et responsable. Un parti pris renouvelé aujourd’hui avec le dévoilement de sa feuille de route RSE « Eklo Cap 2030 ». Un programme complet qui s’appuie sur un certain nombre d’initiatives prises en 2023, à commencer par la réalisation de son premier bilan carbone.
Ce diagnostic, effectué via le « Diag Décarbon’Action », proposé par BPI France en partenariat avec l’ADEME, a permis de dégager des indicateurs clés comme des émissions de 18 kg de CO² par nuitée. Autres éléments chiffrés de ce bilan intégrant les scopes 1, 2 et 3 : les déplacements des clients constituent plus des deux tiers des émissions de gaz à effet de serre (71%), contre 13% pour les achats, 9% pour les immobilisations et 3% pour les énergies et fluides.
Cet audit RSE préalable a permis à Eklo d’affiner sa stratégie pour passer à la vitesse supérieure. Dans le cadre du plan Eklo Cap 2030, l’objectif affiché est de réduire ses émissions de 30% par nuitée d’ici à six ans. Pour avancer dans cette voie, la mise en place d’un comité RSE et d’ambassadeurs dans chaque hôtel, en plus d’un programme de labellisation Clé Verte pour l’ensemble de ses établissements.




















