Aéroports et compagnies s’inquiètent des failles du système biométrique de l’espace Schengen

Le système biométrique automatisé d'entrée et sortie de l'espace Schengen ne cesse de montrer des failles, provoquant l'engorgement des aéroports et des temps d'attente inadmissibles pour les passagers.
Genève Cointrin est l'un des aéroports de l'espace Schengen ayant temporairement suspendu l'EES (Photo: Luc Citrinot)

Les files d’attente des passagers n’appartenant pas à l’espace Schengen s’allongent dans les aéroports européens avec des temps d’attente qui, régulièrement, atteignent les deux heures. Un cauchemar pour les voyageurs posant le pied dans l’espace Schengen et qui risque encore d’empirer avec les pics de vacances en été.

Aussi, l’ACI Europe (Airports Council International), la A4E (Airlines for Europe) et IATA (International Air Transport Association) viennent de tirer la sonnette d’alarme auprès des autorités de l’Union Européenne. Elles avertissent que le Système d’Entrée/Sortie Schengen (EES) provoque d’importants retards pour les passagers, nuisant non seulement au bon fonctionnement du transport aérien mais aussi à l’image de l’Europe. Sans action immédiate pour introduire davantage de flexibilité, de graves perturbations sont à prévoir pendant la haute saison estivale, avec des files d’attente pouvant atteindre quatre heures ou plus, préviennent les trois associations. 

Dans une lettre adressée à Magnus Brunner, Commissaire européen aux Affaires intérieures, les aéroports et les compagnies aériennes soulignent ces temps d’attente excessifs persistants lors des contrôles aux frontières des aéroports, dans la phase actuelle de déploiement de l’EES.

L’ACI Europe, A4E et IATA ont ainsi identifié trois principaux facteurs aggravant les retards : le sous-effectif chronique aux contrôles frontaliers, des problèmes technologiques non résolus – en particulier concernant l’automatisation des contrôles – et l’adoption limitée par les États Schengen de l’application de pré-enregistrement de Frontex, la police des frontières européennes 

Elles exhortent la Commission européenne à confirmer que les États membres de Schengen conserveront la possibilité de suspendre partiellement ou totalement l’EES jusqu’à fin octobre 2026. Selon le déploiement progressif prévu par le règlement 2025/1534, l’utilisation du système d’enregistrement EES deviendrait obligatoire à partir de juillet. Permettre de suspendre partiellement ou totalement les nouvelles mesures jusqu’à octobre fluidifierait les flux. 

Olivier Jankovec, Directeur général d’ACI EUROPE ; Ourania Georgoutsakou, Directrice générale de A4E ; et Thomas Reynaert, Vice-Président Senior des affaires extérieures d’IATA, ont déclaré qu’il existait un « décalage complet » entre la perception des institutions européennes selon laquelle l’EES fonctionne correctement et la réalité à laquelle sont confrontés les voyageurs non-européens, qui subissent de longs retards et les désagréments qui s’en suivent. Certains aéroports ont décidé de suspendre les formalités EES. C’est le cas, entre autres, de Genève et Lisbonne…