
Le rejet du budget et la chute du gouvernement Barnier avaient gelé l’application de l’augmentation de la taxe de solidarité sur les billets d’avion (TSBA). Le gouvernement Bayrou s’est depuis attelé à la remettre en selle.
Ainsi, la Commission Mixte Paritaire, composée de sept députés et sept sénateurs, a finalement confirmé le retour de l’augmentation de la taxe. Entre la version lourde du gouvernement Barnier et celle allégée des sénateurs, la CMP a trouvé un compromis.
Si le budget du gouvernement français n’est pas censuré, l’augmentation de la taxe aérienne de solidarité interviendrait début mars. La TSBA passerait ainsi à 7,30 euros contre 2,63 euros actuellement pour les vols en France et en Europe. Avec néanmoins des exceptions pour les vols vers la Corse, l’Outre-Mer ou pour les vols d’aménagement du territoire.
Effet dévastateur attendu
À l’annonce des résultats de la CMP concernant la TSBA, Thomas Juin, Président de l’Union des Aéroports Français, a déclaré : « Cette décision est économiquement irresponsable. Elle menace la vitalité de nos aéroports régionaux et la connectivité de nos régions ainsi que de nos collectivités ultramarines. Le gouvernement français n’a pas compris que le transport aérien est un vecteur de croissance économique essentiel pour le pays. A la différence de nombreux autres pays européens, il fait le choix de nous sanctionner par une taxation déraisonnable qui va fragiliser le secteur aérien français, l’industrie touristique et dégrader l’accessibilité de nos territoires ».
De son côté, Air France a aussi fustigé la mesure. “C’est irresponsable”, souligne Ben Smith, le patron d’Air France KLM, très critique sur cette hausse qui devrait pousser les passagers à prendre l’avion ailleurs qu’en France.
Car non seulement, la TSBA augmente mais elle le sera en parallèle avec celle du Tarif de sécurité et de sûreté (T2S). Selon les acteurs de l’aérien français, la hausse aura un impact désastreux. Notamment sur le développement économique et social des régions françaises. Les territoires les plus enclavés souffriront le plus de cette hausse fiscale. La FNAM (Fédération Nationale de l’Aviation et de ses Métiers) et l’UAF estiment possible le départ de nombreuses compagnies low-cost vers des plateformes étrangères. Si le budget est voté, cette taxe entrera en vigueur dès le 1er mars…

















