Tourisme d’affaires : Lyon se dote d’un schéma de développement responsable

Déjà reconnue pour ses engagements durables, Lyon entend aller plus loin avec un schéma de développement du tourisme responsable, notamment dans le secteur du MICE.
Lyon Ludovic Maisant
La Métropole de Lyon lance son schéma de développement du tourisme responsable © Ludovic Maisant

Le titre de première ville de France – et septième à l’échelle mondiale – glané par Lyon à l’occasion du GDS Index 2021 (Global Destination Sustainability Index) aurait pu marquer l’aboutissement des efforts engagés par la destination sur le long chemin du développement durable. Il n’en est rien. Au contraire, les responsables lyonnais accélèrent avec le lancement d’un tout premier schéma de développement du tourisme responsable. Présenté jeudi à Paris, ce dispositif est le fruit d’un an de travail, réunissant l’ensemble des acteurs de la filière, pour finalement être voté à l’unanimité en pleine crise sanitaire. Ce plan quinquennal doit permettre à la métropole de franchir un nouveau cap « vert » en matière de tourisme au sens large. La dimension MICE est donc également concernée, d’autant que le tourisme d’affaires constitue la majorité des nuitées hôtelières à Lyon (65% d’après les chiffres de 2019). Et que la nouvelle reconnaissance dont jouit la métropole lyonnaise contribue à son attractivité auprès des organisateurs d’événements, comme en témoigne Hélène Dromain : « L’index GDS est utilisé par des organisateurs d’événements pour faire leur choix, et cela peut donc contribuer à amener de nouveaux congrès vers notre destination », assurait jeudi la Vice-Présidente de la Métropole de Lyon déléguée à la coopération européenne et internationale et au tourisme.

On ne donne pas de leçons, on accompagne les organisateurs en leur donnant les outils adaptés pour organiser des événements à Lyon de façon plus responsable

« Par essence, un événement est éphémère, il y a donc de vrais enjeux à travailler » souligne quant à elle Virginie Carton. La nouvelle Directrice générale de l’office de tourisme de la Métropole de Lyon poursuit : « Nous avons mis en place avec le Bureau des congrès une « To do list ». Il s’agit de montrer aux organisateurs qu’à chaque étape de l’organisation de leur événement, nous avons des solutions à leur proposer au niveau du transport, de l’hébergement, de la restauration. Et nous avons identifié tous les prestataires à Lyon qui peuvent apporter des solutions. On ne donne pas de leçons, on accompagne les organisateurs en leur donnant les outils adaptés pour organiser des événements à Lyon de façon plus responsable ».

Cité internationale Lyon
© Ludovic Maisant

En outre, le schéma de développement du tourisme responsable prévoit d’accompagner les acteurs du tourisme d’affaires – et plus généralement l’ensemble des acteurs éligibles – dans une démarche de certification environnementale. Concrètement, la Métropole de Lyon a prévu une enveloppe de 300 000 euros sur deux ans pour que la filière lyonnaise puisse valoriser ses efforts durables. « Pour les hôtels, les restaurants, les organisateurs de manifestations et les lieux d’accueil, nous avons mis en place une aide à l’éco-labellisation à travers laquelle nous prenons en charge 80% des frais de certification », indique Virginie Carton.

Alors que la crise sanitaire a rendu le marché du MICE plus concurrentiel que jamais – même si les responsables lyonnais pointent une résilience plus élevée que la moyenne, avec un taux d’occupation de 50% dans l’hôtellerie en 2021 – la métropole assure aborder l’avenir dans une optique de coopération plus que de compétition avec les autres destinations. Et ce avec toujours en ligne de mire une meilleure gestion du dossier environnemental. « Nous ne sommes pas en concurrence, il y a beaucoup de réunions de travail, de coopération en France et au-delà, car nous nous posons tous les mêmes questions. Notre enjeu, c’est que l’on avance tous ensemble », assure Virginie Carton. Un travail d’équipe qui pourrait bien prochainement se concrétiser par de nouveaux outils pour les organisateurs d’événements, qui peinent encore à mesurer l’impact environnemental de leurs opérations. « Nous travaillons avec Bordeaux, Marseille, Paris et bien d’autres destinations, notamment pour savoir comment mesurer la performance, et mettre en place de nouveaux indicateurs », promet la Directrice générale de l’office de tourisme de la Métropole de Lyon.