Tourisme à Lisbonne : resort business

Réunions, incentives, congrès : à moins de trois heures de Paris, mais aussi de neuf autres villes de France, Lisbonne est une capitale “resort” qui a beaucoup à offrir aux touristes d’affaires.

En leur temps, ses murs abritaient l’ancien palais royal et la maison des Indes, sur qui reposait tout le commerce avec l’Orient. Depuis 2011, le Patio de Gale s’est reconverti en un prestigieux espace événementiel.
En leur temps, ses murs abritaient l’ancien palais royal et la maison des Indes, sur qui reposait tout le commerce avec l’Orient. Depuis 2011, le Patio de Gale s’est reconverti en un prestigieux espace événementiel.

Forte de son nouveau prestige, Lisbonne est devenue, en quelques années, une destination touristique privilégiée des Français. En 2018, sur les cinq millions de visiteurs qu’elle a accueillis, presque un million venait de l’Hexagone. Un marché qui connaît depuis cinq ans une croissance annuelle de plus de 5 %, la capitale portugaise étant d’autant plus séduisante qu’elle est directement reliée à Paris bien sûr, mais aussi à neuf grandes villes de province. Ces chiffres ne sont pas seulement le fait des voyages d’agrément : Lisbonne est devenue une destination de tout premier ordre pour le tourisme d’affaires, résumé par les professionnels du secteur sous l’acronyme MICE (Meetings, Incentive, Congrès et événements). En 2017, 15 % des revenus du tourisme ont été générés par ce segment de clientèle. En 2018, l’International Congress and Convention Association (ICCA) classe même Lisbonne comme la sixième ville la plus attractive au monde en matière de conférences internationales, devant Londres.

Paula Oliveira, directrice exécutive du Tourisme de Lisbonne et du Visitors & Convention Bureau, explique que la diversité des expériences que l’on peut vivre à Lisbonne et dans sa région est extraordinaire : “Lisbonne est un vrai hub business et MICE. Les lieux de congrès pour des événements internationaux, mais aussi les hôtels et les options incentive ne cessent de s’accroître.” Et d’ajouter que la proximité d’une station balnéaire comme Cascais, d’un site classé à l’Unesco comme Sintra ou encore d’un parc naturel comme celui de l’Arrabida ajoute de la valeur à la destination. “Notre mission est de maintenir le caractère attractif de Lisbonne à travers des événements internationaux et des infrastructures très diverses, mais aussi de préserver le bon rapport qualité-prix des prestations”, souligne-t-elle.

Des tramways vintage bringuebalent dans les rues escarpées de Lisbonne. Un moyen de transport privatisable pour découvrir la ville, assorti d’une dégustation de Porto.
Des tramways vintage bringuebalent dans les rues escarpées de Lisbonne. Un moyen de transport privatisable pour découvrir la ville, assorti d’une dégustation de Porto.

Palais baroques et lieux design

Cet atout majeur est également mis en avant par Manuel Horta, spécialiste du marché français pour le réceptif Abreu : “On peut organiser à des prix très abordables des dîners ou des événements dans des jardins, dans d’anciens couvents ou des églises, sur le fleuve, dans des palais baroques ou des bâtiments contemporains, sur des plages, raconte-t-il. Seul point noir, les tarifs des hôtels ont sensiblement augmenté ces dernières années.

Cette agence fondée à Porto en 1840 entend démontrer que Lisbonne est une capitale “resort” avec une multitude de réjouissances possibles, allant de la promenade en tuk-tuk à travers la ville aux dîners dans des tramways privatisés, en passant par des cocktails sur des rooftops… Certains réceptifs peuvent même faire appel à des prestataires comme Boost qui organisent des visites en coccinelles Volkswagen, des team-buildings en Go cars ou des chasses au trésor en vélos électriques, toujours très utiles dans cette ville aux sept collines. “Pourtant, les Français optent le plus souvent pour les activités les plus simples, des visites culturelles et découvertes gastronomiques en premier lieu”, continue Manuel Horta.

Autre suggestion, passer d’un lieu à l’autre pour dîner : l’entrée dans un restaurant avec musique de fado, le plat dans un ancien couvent, le dessert dans un palais aménagé au goût du jour, et l’on combine ainsi culture et gastronomie. Sans parler des dîners sur le Tage. En bateau, certes, mais pourquoi pas au sein du nouveau terminal de croisières conçu par l’architecte portugais Carrilho da Graça. Sur le toit-terrasse de ce sublime bâtiment aux lignes pures, on organise des cocktails avec vue, ou bien des événements et conférences dans les salles du rez-de-chaussée.

Autre lieu prisé pour des dîners de gala ou des conférences, le très beau Pátio da Galé, près de la célèbre place du Commerce, un lieu chargé d’histoire puisqu’il s’agit des anciens entrepôts royaux où étaient déchargées les épices et les soieries venues des Indes. En plus de ces lieux polyvalents, des espaces plus larges accueillent les événements d’envergure, comme le Lisbon Congress Center, près de Belém, ou le Feira Internacional da Lisboa, dans le quartier du Parque das Nações, situé le long du Tage. Pourtant, la capitale portugaise s’imposant avec une telle assurance sur la scène du MICE, on parle d’ajouter des pavillons aux espaces de congrès. Rien de décidé, ni de signé pour le moment ; il ne s’agit que de bruits de couloirs…

SUCCESS STORY

Emmanuel Guisset, Co-fondateur et CEO de coliving OUTSITE – www.outsite.coEmmanuel-Guisset

Comment est venue l’idée de créer un espace de “coliving” ?

Emmanuel Guisset – J’ai commencé ma carrière dans la Silicon Valley, dans une société belge de Travel Tech. J’ai eu envie de combiner mon amour pour l’océan et le travail, de trouver un équilibre entre les deux. Alors, je me suis installé à San Francisco, où j’ai commencé à travailler de manière indépendante, en utilisant des espaces de coworking tout en continuant à faire du surf. Et c’est là qu’est venue l’idée de créer un lieu de travail, mais aussi de vie en communauté, à deux pas de la plage. J’ai donc fondé le premier Outsite à Santa Cruz, puis à San Diego et Lake Tahoe. Et enfin à Lisbonne en 2018.

Qui sont vos clients ?

E. G. – Ce sont avant tout des travailleurs nomades, qui séjournent ici et là. C’est devenu un phénomène aux États-Unis et le concept arrive peu à peu en Europe. D’ailleurs, nous sommes sur le point d’ouvrir à Biarritz et à Londres, et nous gardons un œil sur Barcelone. Nous accueillons aussi de jeunes voyageurs d’affaires qui ont envie d’autre chose que de l’hôtellerie classique ou du Airbnb et sont à la recherche d’authenticité, d’esprit de communauté. Et puis nous recevons des sociétés qui veulent organiser des “work retreats” de trois jours à deux semaines à qui nous proposons des espaces de coliving et de coworking.

Côté hébergement, qu’offrez-vous ?

E. G. – Le plus souvent de grandes maisons ou de petits hôtels que nous réhabilitons avec des designers locaux en y ajoutant des espaces communs. Les chambres sont privées, mais on partage la cuisine, la salle à manger et les espaces de travail. En soirée, nous organisons souvent des événements et des activités. Chaque lieu représente la ville par son architecture, son esprit.