Trafic aérien en recul sur les aéroports français en avril

Le transport aérien a connu une stagnation de trafic en avril 2026 en France et même un recul en intégrant la fermeture partielle de l'aéroport de Bâle Mulhouse.
L'aéroport de Marseille Provence a connu une hausse de 0,6% en avril 2026 (Photo: Luc Citrinot)

Le transport aérien commercial de passagers en France a enregistré un léger recul en avril selon la DGAC. Le nombre de voyageurs aériens a ainsi connu une baisse de 3,2 % par rapport à la même période de 2025. Cette contraction s’explique en partie par les travaux de piste engagés sur l’aéroport de Bâle-Mulhouse, qui ont très fortement réduit le trafic de la plateforme (-46,1% en avril). Il aurait contribué à faire baisser de deux points le trafic total de passagers en France. 

Malgré ce ralentissement ponctuel, les performances cumulées sur les quatre premiers mois de l’année restent globalement stables, selon la DGAC. Le trafic affiche ainsi un niveau quasi équivalent à celui observé en 2025 (-0,3 %) et dépasse légèrement celui de 2019 (+0,6 %), confirmant la résilience du marché dans un contexte économique plus incertain.

Une bonne surprise est la très forte progression du trafic à Bordeaux, en hausse de 12,8% en avril. De fait, Bordeaux pourrait avoir enfin réenclenché la marche avant, rebondissant donc en conséquence. Pour mémoire, avril 2025 s’était soldé par une chute de plus de 21% du trafic passagers de la plateforme bordelaise…

Le réseau domestique demeure néanmoins sous pression. Le trafic intérieur recule encore de 2,8 % en avril, pénalisé principalement par les liaisons transversales en métropole, en baisse de 11,9 %. Depuis le début de l’année, le trafic intérieur accuse un retrait de 2,3 % par rapport à 2025 et reste nettement inférieur aux niveaux d’avant-crise (-23,2 % versus 2019).

À l’international, le ralentissement est plus marqué (-3,3 %), illustrant un retournement de tendance perceptible sur plusieurs marchés long-courriers. L’Asie demeure la région la plus affectée (-23,9 %), avec de fortes disparités selon les sous-zones : le Moyen-Orient chute de 54,7 %, tandis que le reste de l’Asie progresse de 6,4 %. L’Afrique fait figure d’exception en maintenant une croissance de 2,2 % sur le mois.

 

Paris Aéroport résiste 

Dans ce contexte contrasté, le groupe ADP affiche une relative solidité. Les aéroports de Paris-Charles de Gaulle et Paris-Orly ont accueilli ensemble 9,17 millions de passagers en avril 2026, soit un recul limité de 1,3 % sur un an, représentant encore 97,1 % du trafic de 2019.

Depuis janvier, Paris Aéroport totalise 32,7 millions de voyageurs, en hausse de 1,5 %, atteignant près de 99 % des volumes pré-pandémiques. Cette dynamique repose principalement sur la vigueur des marchés européens et des destinations loisirs.

Le segment Schengen confirme son rôle moteur avec une progression de 1,2 % en avril et de 2,8 % sur les quatre premiers mois de l’année, dépassant désormais de près de 5 % les niveaux de 2019. Les liaisons vers le Royaume-Uni et l’Union européenne hors Schengen restent également bien orientées.

L’Afrique demeure l’un des piliers du réseau international parisien avec une croissance de 3,1 % depuis le début de l’année et un trafic supérieur de près de 17 % à celui de 2019. L’Asie-Pacifique poursuit également son redressement avec une hausse de 8,9 % sur les quatre premiers mois, retrouvant pratiquement son niveau de l’avant-Covid; 

En revanche, les flux vers le Moyen-Orient reculent fortement (-41,1 % en avril), reflet des tensions géopolitiques et des ajustements capacitaires observés dans la région. L’Amérique latine reste également en retrait.

Orly dépasse les niveaux pré-Covid

Paris-Orly confirme sa dynamique avec 3,1 millions de passagers en avril (-3,6 %), mais surtout une fréquentation supérieure de 5,7 % à celle de 2019. Depuis janvier, la plateforme progresse de 4,3 % et continue de se mouvoir au-dessus de ses niveaux d’avant Covid. 

De son côté, Aéroport Paris-Charles de Gaulle accueille plus de 6 millions de voyageurs sur le mois et continue de se rapprocher progressivement de son niveau historique, avec un trafic représentant 95,8 % de celui de 2019 sur les quatre premiers mois.